Lutter contre le terrorisme ce n’est pas seulement arrêter des terroristes ; c’est aussi imaginer et prévenir les catastrophes que des groupes terroristes pourraient initier. C’est une des tâches essentielles du Haut comité français pour la défense civile. Dans cette optique, l’auteur montre à quel point les missiles sol-air portables représentent une menace pour le trafic aérien mondial. Heureusement, il souligne les sérieux espoirs de voir bientôt l’Europe financer un projet qui, tenant compte des spécificités de l’aviation civile, permettrait de faire face à ce risque… vraiment majeur.
Protection des avions de ligne contre les missiles légers
Protection of passenger aircraft against portable missiles
Fighting terrorism is not simply a question of arresting terrorists: it also involves the prediction and prevention of catastrophes that terrorist groups could instigate. This is one of the essential tasks of France’s high committee for civil defence. With this in mind, the author shows just how much of a threat portable ground-to-air missiles pose to worldwide air traffic. Happily, he points out the real hope that Europe will soon fund a project which, taking into account the specificities of civil aviation, would allow countries to face up to this major risk.
Arpenter les montagnes afghanes avec les moudjahidin du commandant Massoud permettait d’apprécier l’efficacité des missiles Stinger, ces missiles légers et simples d’emploi qui ont révolutionné la guerre menée par les Afghans contre les Soviétiques. À l’époque, ils avaient tout simplement interdit les vols à basse et moyenne altitude des avions et des hélicoptères de l’ex-Armée rouge.
Aujourd’hui, nous n’avons plus le même regard vis-à-vis de ces missiles. En effet, au sein du Haut comité français pour la défense civile, nous essayons d’analyser les risques les plus graves que courent les populations européennes et suggérons aux autorités les moyens d’y faire face. Maintenant que le terrorisme majeur est une réalité de plus en plus douloureuse, nous nous intéressons aux stocks de produits chimiques mortels, pour éviter un nouveau Bhôpal ; aux barrages, pour éviter un nouveau Malpasset ; aux centrales nucléaires non gardées par des hommes en armes… Et parmi toutes ces préoccupations nous avons, bien sûr, depuis quelques années, celle des missiles légers portables susceptibles d’être tirés « à l’épaule », non seulement contre des avions militaires mais aussi contre des avions de ligne.
Pendant longtemps nous n’avons guère eu de succès sur ce dernier sujet. Je me souviens d’un petit-déjeuner sur la sécurité aérienne, organisé au Sénat, où tous les représentants des administrations concernées ne cessaient de nous expliquer qu’il ne fallait surtout pas protéger les avions commerciaux car cela « ferait peur aux passagers ». Heureusement, depuis le 11 septembre 2001, les esprits évoluent rapidement et l’on peut se réjouir de voir les « choses » avancer, en particulier grâce à l’Europe, à quelques industriels, et à des institutions comme l’Académie de l’air et de l’espace. Il devient donc possible de faire le point sans se lamenter !
Il reste 89 % de l'article à lire
Plan de l'article







