Dans ces développements, on entend persuader, en regardant plus en détail les liaisons mondialisation et zone grise, qu’il y a une dialectique qui relie ces deux phénomènes. En effet, la mondialisation libérale paraît bien être un facteur d’élimination des zones grises alors qu’elle est, simultanément, facteur de pérennisation, sinon d’accentuation, des zones grises.
Mondialisation et zone grise
Globalisation and grey areas
With the development of globalisation, and examining in greater detail the linkage between globalisation and grey areas, there is a theory which holds that there exists a dialectic linking these two phenomena. Effectively, free-market globalisation would seem to be a factor in the elimination of grey areas, whilst at the same time acting to perpetuate, even to stimulate them.
On sait que, depuis les années 1980-1985, et plus encore depuis les changements géostratégiques de 1989-1991, il n’est bruit que de mondialisation (1).
Ce terme, ce concept, de « mondialisation » apparaît dans la littérature anglo-saxonne, consacrée aux firmes multinationales, dans les années 80 ; pour être plus précis, dans les écoles de management américaines, sous la notion de globalisation. Elle a été utilisée pour la première fois dans l’article désormais célèbre de Théodore Levitt, professeur à la Harvard Business School, dans la revue de cet établissement, en 1983, sous le titre : The globalisation of markets (La globalisation des marchés). « Les firmes — déclare-t-il — doivent apprendre à travailler comme si le monde était un grand marché unique ». Cette notion de « globalisation » va, dès lors, avoir un grand succès ; s’élargir sur le plan financier : « globalisation financière ». Elle va être reprise et traduite en français sous le concept de « mondialisation » dans les années 1990-1995, et s’imposer largement depuis cette époque au point d’accaparer désormais toute la scène.
Que faut-il entendre par cette notion de « globalisation » ? Les révolutions de l’informatique, des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), la « nouvelle révolution des transports », ont contracté l’espace et le temps, aboli les distances au point que — nous persuade-t-on — « le monde est devenu mondial », selon l’affirmation, lancée sous forme de boutade, dès 1993, par les Guignols de l’Info ; au point que — assure-t-on — nous sommes bien d’emblée avec un marché et un espace productif uniques sur le plan mondial : nous sommes désormais dans un « petit village planétaire », où circulent librement les flux de toute sorte (marchandises, capitaux, hommes…). La manifestation essentielle de la mondialisation réside bien, en effet, dans l’explosion, la densification et la diversification croissante de ces flux. Liée aux idées d’ouverture, d’échange, de marché, cette mondialisation libérale, après les changements géostratégiques de 1989-1991, va intégrer peu à peu (problème de la « transition »), au système capitaliste de type occidental, les économies de l’ex-bloc soviétique, puis les puissances émergentes de l’Asie : l’Inde et la Chine.
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