Depuis quinze ans, le contexte géopolitique mondial est en constante mutation et l’ambition des Européens de se doter d’instruments communs en matière de sécurité et de défense n’a cessé de s’affirmer. Parallèlement, l’industrie européenne a connu un vaste mouvement de consolidation dans le domaine de l’aéronautique et de l’électronique. Force est toutefois de constater qu’un certain nombre d’obstacles subsistent aujourd’hui pour renforcer la Base industrielle et technologique de défense (BITD). C’est pourquoi l’ASD soutient le lancement de plusieurs initiatives en matière de R&T de défense en Europe : l’élaboration d’un plan stratégique de recherche, la multiplication des programmes en coopération, la constitution de pôles d’excellence technologique, et la création d’un incubateur technologique. Par ailleurs, la mise en place d’un réel marché européen de défense est fondamentale pour garantir la compétitivité de l’industrie européenne. L’émergence d’un marché de la sécurité constitue enfin une réelle opportunité compte tenu de la place de plus en plus prépondérante prise par les technologies duales.
Défense et sécurité : quels enjeux pour l'industrie européenne ?
Defence and security: what are the stakes for European industry?
For fifteen years the geopolitical context has been constantly evolving, and the Europeans’ determination jointly to procure the means to assure their security and defence has become increasingly apparent. At the same time, European industry has seen a broad move to consolidate in the field of aerospace and electronics. Numerous obstacles still stand in the way of the development of the Defence Technological and Industrial Base, however. That is why the AeroSpace and Defence Industries Association of Europe is backing several European defence R&T projects: a strategic research agenda, more cooperative projects, the creation of technological centres of excellence and a technology ‘incubator’. Moreover, the setting up of a true European defence market is necessary to guarantee European industry’s competitiveness. And the emergence of a security market is now a real possibility, given the increasingly important place occupied by technologies in both the security and defence domains.
Depuis quinze ans, l’environnement géopolitique mondial est radicalement différent et en constante mutation par rapport au système international qui a caractérisé toute la période de la guerre froide fondée sur l’équilibre de la terreur. Depuis la chute du mur de Berlin, les menaces, dont les attentats du 11 septembre 2001 ainsi que ceux perpétrés à Madrid et Londres sont l’illustration la plus emblématique, n’ont cessé d’évoluer, devenant de plus en plus asymétriques. La définition des besoins, et donc des capacités nécessaires pour faire face à ces nouvelles menaces, a en conséquence beaucoup changé.
L’UE monte en puissance
À la même époque, une Politique étrangère et de sécurité commune (Pesc) a été ébauchée avec l’adoption, dans un premier temps, du Traité de Maastricht en 1992 et la définition des missions que les Européens pourraient mener conjointement, connues sous le nom de « missions de Petersberg ». Tout au long de cette décennie, l’ambition des Européens de se doter d’instruments communs en matière de sécurité et de défense s’est affirmée : création du poste de haut représentant pour la Pesc par le Traité d’Amsterdam en 1997 ; lancement du processus Helsinki Headline Goal destiné au développement capacitaire en 1999. Au cours des trois dernières années, la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) a pris une nouvelle dimension avec, d’une part, la multiplication des missions menées par l’UE sur le continent européen même, dans les Balkans, et ailleurs dans le monde (11 missions en cours), et avec, d’autre part, la mise en place de l’Agence européenne de défense (AED).
Consolidations industrielles
Parallèlement à cette intégration politique plus poussée en matière de sécurité et de défense, l’industrie européenne a elle aussi connu d’importantes évolutions, et notamment un vaste mouvement de consolidation dans le domaine de l’aéronautique et de l’électronique à la fin des années 90, avec la création du groupe franco-allemand EADS, l’internationalisation des groupes Thales et Finmeccanica, et le renforcement de la dimension transatlantique de BAE Systems. Cette première consolidation, qui est aujourd’hui achevée, a été très bénéfique. Elle a en particulier permis la rationalisation de l’offre et l’amélioration de la compétitivité des Européens sur les marchés internationaux concernés. Aux yeux de l’industrie européenne de défense, il est capital de maintenir et même d’amplifier cette dynamique pour que l’ensemble de notre secteur d’activité, y compris ses composantes navale et terrestre, en bénéficie dans les années qui viennent.
Il reste 84 % de l'article à lire
Plan de l'article







