Cadres de réserve et défense nationale
Depuis huit ans, l’entraînement méthodique des cadres de réserve est arrêté. Depuis 1940, le lien puissant qui unissait ceux-ci à l’armée active s’est relâché. Certes, depuis deux ans, l’adoption de mesures de recrutement et, depuis quelques mois, l’organisation de périodes volontaires ont permis de renouer avec la tradition, mais cet effort partiel ne résout point un problème d’ensemble qui, à juste titre, préoccupe le commandement et les intéressés eux-mêmes. Nous voudrions en quelques lignes souligner toute l’ampleur de celui-ci, et montrer en quoi la mise au point d’une conception nouvelle du rôle des cadres de réserve devrait précéder la reprise normale d’une instruction et même une remise en ordre dans les grades, qui, par ailleurs, s’imposent.
Avant 1939, c’est essentiellement à la satisfaction des nécessités d’encadrement des Forces armées que répondaient les modalités de recrutement, d’entraînement et de gestion des cadres de réserve. La mobilisation massive, profonde, devait affecter aux armées près de 3 millions d’hommes sur les 5 millions dont disposait le ministre, et assurait, en 1939, à l’armée de terre par exemple, plus de 100 grandes unités en comptant parmi celles-ci les secteurs fortifiés. Sur les 140.000 officiers de réserve mobilisables, les deux tiers environ étaient destinés à des formations et services de l’avant. Le restant était réparti entre les différents organismes et dépôts du territoire, à l’exception d’une part relativement faible laissée à la disposition des grandes administrations et de la production par le jeu d’affectations spéciales. Dès lors, la majeure partie des cadres de réserve devait être maintenue en état de prendre des responsabilités de commandement semblables à celles des cadres actifs de même grade. Le recrutement, la formation, l’entraînement devaient tenir un compte étroit de ce fait.
Certes, les dispositions prises à cet effet n’étaient pas sans faiblesses. Elles répondaient malgré tout à l’essentiel du but poursuivi, compte tenu des servitudes multiples et des difficultés matérielles, qui rendaient complexe le système combiné des périodes et des écoles de perfectionnement. Quoi qu’il en soit, le corps des officiers de réserve, en particulier, se présentait en un équilibre satisfaisant ; il se renouvelait progressivement et conservait avec l’armée active des liens étroits et confiants. Après huit ans d’interruption d’une méthodique gestion, ce corps essentiel de la vie nationale s’offre aujourd’hui à nos yeux sous un aspect très différent.
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