Les Affaires indigènes au Maroc
Depuis cent vingt ans, en Algérie, soixante-dix en Tunisie, quarante ans au Maroc, la France a réalisé en Afrique du Nord une de ses plus belles créations. À cette œuvre si vaste et si belle, d’un haut idéalisme et d’un réalisme prudent : création continue, qui a eu ses pages de gloire et ses heures de tristesse, de découragement et d’échec, soldats, marins, aviateurs, colons, explorateurs, fonctionnaires, commerçants et savants ont apporté, chacun pour leur part, une contribution souvent méconnue, mais toujours féconde.
On dit que les Français ne sont pas colonisateurs, il serait plus véridique de dire que la majorité ne l’est pas, mais qu’une minorité l’est pour tous les autres. À cette minorité appartiennent notamment les officiers des actuels Services spéciaux du Maroc, plus connus sous le nom d’Officiers des Affaires Indigènes, communs à l’Algérie, à la Tunisie et au Maroc. Successeurs des Officiers des Bureaux Arabes d’Algérie appelés plus tard, selon les circonstances, Officiers d’Affaires Indigènes ou Officiers du Service des renseignements, ils comptent parmi les meilleurs artisans d’une œuvre où le génie civilisateur de la France s’appuie encore, en grande partie, sur l’organisation militaire.
En aucune matière et surtout en matière coloniale, l’intelligence ne peut remplacer l’étude et l’expérience. Quatre grands chefs militaires comptant parmi les meilleurs artisans de l’Empire français d’outre-Mer ont abouti à une doctrine presque identique : Bugeaud, Faidherbe, Gallieni et Lyautey. Chefs de guerre hors de pair et grands administrateurs, ils ont eu constamment le souci d’une politique indigène mûrement élaborée et sagement menée, ayant pour but de réaliser une pacification humaine, en épargnant les existences et les biens des indigènes, tout en évitant les pertes en vies françaises.
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