Les matériels dont l'Armée de terre s'équipe ou aura besoin dans les prochaines années s'inscrivent dans la stratégie militaire retenue par la France. L'industrie d'armement française par ses travaux de recherche, de développement et sa capacité de production s'efforce de répondre le plus largement possible aux besoins exprimés par l'armée de terre. Avant l'ouverture le 6 juin 1983 du 9e Salon de Satory, l'auteur présente l'économie générale de la politique d'armement de l'Armée de terre pour les prochaines décennies.
La politique d'armement de l'Armée de terre (présentation du 9e Salon de Satory)
La stratégie militaire de la France reste fondée sur les possibilités de dissuasion que lui confèrent des forces armées nucléaires valorisées par les forces classiques. L’armée de terre doit, dans ce contexte, assumer la défense de l’ensemble du territoire national, tout en demeurant apte à mener d’éventuelles actions en Europe et outre-mer. Il lui faut, à cette fin, disposer d’armements évolués capables au moins d’égaler, si possible de surclasser les matériels adverses sur tous les terrains envisageables. De là une tendance à développer des systèmes d’arme de plus en plus complexes, tirant le meilleur parti des progrès technologiques réalisés, et une volonté de leur conférer une certaine polyvalence. Mais cette tendance et cette volonté se heurtent à la difficulté de disposer des ressources financières nécessaires à la poursuite d’une course à des armements toujours plus coûteux.
Même si les États occidentaux sortent rapidement de la crise économique qui les frappe, la part des ressources consacrées à leur défense restera limitée. Pour une puissance comme la France, dans des perspectives de croissance économique raisonnable, la relative modicité des sommes disponibles ne risque-t-elle pas de réduire sa capacité à faire face aux différentes menaces envisageables ?
La réponse serait assurément positive si les efforts étaient dispersés pour la mise au point d’un système de forces simplement calqué sur celui des adversaires potentiels et donc inadapté aux missions particulières de l’armée de terre française. Chargée de préserver l’intégralité du territoire national, l’armée de terre doit être en mesure d’infliger à l’adversaire des pertes militaires très sévères. Donnant ainsi au chef de l’État les délais nécessaires à la prise de toutes ses décisions, y compris de la plus grave, celle de déclencher la frappe nucléaire tactique ou stratégique, elle préserve sa liberté d’action.
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