Grandeur et décadence de la Panzerwaffe
Le but de la présente étude consiste dans la confrontation de ce que nous connûmes de l’arme blindée allemande entre 1939 et 1945, et de ce qu’elle fut dans la dure réalité du combat durant les diverses phases de la deuxième guerre mondiale, compte tenu des documents authentiques et des témoignages les plus autorisés que l’on peut utiliser aujourd’hui (1).
Dans l’état actuel de notre information et dans l’espace qui nous est imparti, cette étude, certes, ne saurait prétendre fournir au lecteur la situation détaillée de la Panzerwaffe durant les 68 mois que dura la deuxième guerre mondiale en Europe. Néanmoins, nous croyons que certaines précisions qu’elle apportera ne seront pas inutiles à ceux qui étudient ou qui enseignent l’histoire militaire du dernier conflit. Faute de mieux, on avait dû jusqu’ici, pour telle ou telle action particulière, se contenter de dénombrer des divisions, en supputant à l’estime l’usure qu’elles avaient dû subir avant d’entrer dans la lice. D’où de nombreuses incertitudes pour ne pas dire davantage.
Ces obscurités s’éclaircissent dès que nous pouvons pousser plus loin notre analyse. On s’explique beaucoup mieux l’échec du colonel-général Guderian devant Toula, si l’on songe que trois semaines avant son repli, entamé dans la nuit du 5 au 6 décembre 1941, les trois divisions blindées (3e, 4e, 17e P. D.) de son 24e Panzerkorps ne groupaient plus que 50 chars au lieu des 600 de leur complet réglementaire (3x200). Pareillement, quand on étudie la contre-attaque lancée par la 4e Panzerarmee (Hoth) pour dégager les forces allemandes investies dans la poche de Stalingrad (16-22.12.42), il est utile de savoir que les 17e et 23e P. D., hâtivement rameutées du Caucase, ne comptaient plus, respectivement, que 10 et 20 chars. Seule donc la 6e P. D., ramenée de France aux premières nouvelles du désastre, doit, avec ses 160 chars Mark IV, ses 20 auto-blindées lourdes et ses 42 canons chenilles automoteurs, être considérée comme une Grande Unité cuirassée.
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