Politique et diplomatie - Les Wallons
Sur une terre romane, les Wallons peuplent le cap Nord de la francophonie. Ils sont, sans conteste, ceux qui, de par le vaste monde, partagent notre culture de la manière la plus intime et la plus quotidienne. En même temps que notre langue commune, jadis, prenait forme dans l’hexagone, elle trouvait outre-Quiévrain des racines et des prolongements. Une aussi forte identité linguistique a cimenté la spécificité des Wallons, sans pour autant porter préjudice à leur sentiment national.
L’affirmation de cette spécificité, très souvent en réplique à celle des Flamands, en est venue peu à peu à déborder sur le terrain politique. Elle s’inscrit désormais dans un mouvement général, propre au monde d’aujourd’hui : la revendication formulée par des communautés impatientes de mieux afficher leur personnalité, par exemple les Basques (1) ou les Québécois (2).
À la différence de ceux-ci et de ceux-là, les Wallons voient leur revendication identitaire s’accompagner d’une nostalgie tenant à la minoration de leur poids relatif à l’intérieur des frontières du pays. Au siècle dernier, la Wallonie était la locomotive de l’économie belge grâce à ses mines de charbon et à sa sidérurgie. Celle-ci, aujourd’hui, traverse une crise profonde, les hydrocarbures ont détrôné la houille, les investisseurs se sont mis à préférer la Flandre, et, pour finir, des délocalisations hâtives ne cessent d’exporter usines et emplois. Qu’elle en soit ou non le résultat, la courbe démographique a elle aussi joué un rôle. En 1995, les Wallons ne formaient que 32,6 % de la population belge, au lieu de 42 % dans le dernier quart du XIXe siècle. Cette double évolution a contribué à leur donner une fâcheuse impression de déclin, d’autant que, simultanément, des tendances centrifuges ne cessaient de s’accentuer dans l’ensemble du royaume.
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