Politique et diplomatie - Mondialisation et inégalités
La mondialisation est désormais acceptée comme inéluctable. On n’arrête pas la mer ! Comment refuser ce formidable déferlement de mutations techniques, de contraction de l’espace et du temps, d’explosion des communications, de dislocation de toutes les barrières ? Rejeter la mondialisation, ce serait vouloir se mettre hors du flux de l’histoire. Dans ces conditions, la discussion se déplace. À Seattle, en décembre 1999, les organisations non gouvernementales (ONG) se veulent les porte-parole d’une mondialisation raisonnée, respectueuse des paysages, des traditions et même de la « bonne bouffe » (José Bové) (1).
En février 2000, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), qui n’a plus le vent en poupe avec l’évanouissement des plans de « Nouvel ordre économique mondial », se cherche un autre élan par la mise à nu de la fracture économique mondiale (Bangkok, 12-19 février 1999). Malheureusement ou heureusement, jamais le blanc et le noir ne se séparent clairement : les ONG peuvent manipuler les opinions ; les multinationales, même si elles n’hésitent pas à avoir recours aux méthodes les plus douteuses, apportent souvent des améliorations dans les pays, notamment pauvres, où elles investissent.
Un débat cristallise, résume toutes ces controverses : celui de la mondialisation et des inégalités. La première s’accompagnerait d’un accroissement des secondes. Selon le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), à la fin des années 90, 85 % du revenu mondial tombent dans les poches du cinquième le plus riche de l’humanité (70 % dans les années 60), le cinquième le plus pauvre n’en recevant qu’1,4 % (2,3 dans les années 60). Qu’en est-il vraiment ? La mondialisation est-elle un nouveau moloch, un nouveau mode d’exploitation ou la première étape vers l’instauration du paradis terrestre ? Peut-être n’est-elle ni l’un, ni l’autre…
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