Dans notre livraison d'avril 2000, l'auteur nous avait présenté le nouveau concept pour l'Armée de terre des États-Unis. Ici, il aborde avec force explications très claires les éléments psychologiques qui caractérisent les militaires américaines et la nation qu'ils servent. Nous rappelons que cet auteur est affecté à Fort Monroe (Virginie) où il exerce les fonctions de chef du réseau de liaison auprès de l'Armée de terre américaine.
Hommes et défense : interrogations américaines
L’armée de terre des États-Unis traverse aujourd’hui une période délicate marquée par des difficultés de constitution et de conservation de la ressource humaine, ainsi que par un certain affaissement du niveau de moral, comme en attestent des études complémentaires. De façon à faire face à cette situation qui pourrait, si elle durait, remettre en cause progressivement sa capacité opérationnelle, l’US Army a déjà pris des mesures énergiques.
Si l’excellente santé de l’économie américaine constitue sans nul doute un facteur amplifiant des problèmes actuels, il ne saurait être considéré comme leur seule explication ; cette dernière recouvre au contraire une série convergente de facteurs. Au-delà des effets de surface immédiatement perceptibles, il pourrait s’agir d’un retour à des attitudes traditionnelles susceptibles de porter atteinte, dans la décennie à venir, à la capacité des États-Unis à mettre en œuvre leur grande stratégie.
Un problème de ressource humaine
Si le recrutement n’a jamais été vraiment aisé pour les forces armées américaines, la situation s’est détériorée jusqu’à inquiéter le commandement. L’armée de terre a dû batailler dur pour parvenir à ses objectifs « 99 » : c’est un véritable système d’expédients qui a été mis en place. Les problèmes d’usure rapide de la ressource inquiètent tout autant. Les jeunes engagés postulent de moins en moins pour un second contrat et la propension des plus anciens à quitter s’accélère ; plus de la moitié des personnels envisagent de quitter le service dès la fin de leurs obligations contractuelles. C’est vrai d’une manière générale, mais pour certains groupes de population — les capitaines en particulier —, le problème est tout simplement crucial. Un séjour au sein de l’institution militaire s’apparente désormais à l’une des étapes du job-hopping, cette pratique qui consiste à sauter de poste en poste vers de plus hauts salaires.
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