Militaire - États-Unis : les réactions de l'opinion publique après la décision du président Truman sur la bombe H - Suisse : évolution de la conception de défense nationale - France : les ides de mars
La décision prise par le président Truman d’autoriser la mise en fabrication de la bombe à hydrogène, relatée le mois dernier, et sur laquelle la présente chronique aéronautique apporte des précisions nouvelles, a fait aux États-Unis l’objet de commentaires passionnés et divers. L’affaire Klaus Fuchs [NDLR 2025 : Ce physicien d’origine allemande ayant participé au Projet Manhattan durant la Seconde Guerre mondiale espionnait pour les Soviétiques depuis 1941], survenant peu après, est venue ajouter au désarroi un choc psychologique nouveau. Deux tendances paraissent se dégager des opinions communément exprimées, qui aboutissent à des positions diamétralement opposées dans leurs conclusions sur l’attitude à adopter par les États-Unis vis-à-vis de l’Union soviétique.
Pour les uns, cette décision de mise en fabrication de la bombe à hydrogène fait peser sur les États-Unis la responsabilité morale de renouer avec l’Union soviétique des pourparlers de paix. L’une des dernières manifestations de cet état d’esprit est cette demande des anciens combattants pour un entretien téléphonique Truman-Staline. Faute de cette reprise de pourparlers, la voie reste ouverte à une course aux armements dont l’issue fatale est la guerre. « Croire, a dit le professeur Einstein, que le problème de la sécurité est lié à un armement national intensif est dans l’état présent des techniques militaires une désastreuse illusion. » Et plus loin : « Il est impossible de réaliser une paix véritable, tant que les Gouvernements prendront chacune de leur décision en fonction d’un conflit futur. » Poussant à l’extrême son avertissement pathétique et généreux, le professeur Einstein en appelle au rétablissement de la confiance réciproque comme base de toute forme de coopération en vue d’assurer la paix, et à une renonciation solennelle à la violence, étayée par la création d’un organisme judiciaire et économique de gouvernement mondial.
Pour les autres, toute ouverture aux Russes à l’heure actuelle serait interprétée comme un signe de faiblesse. Seule une attitude de fermeté peut redresser le déséquilibre des forces qui joue en faveur de l’Union soviétique à la suite des triomphes communistes en Asie et de son avance technique dans le domaine atomique.
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