Économique - Échanges et paiements en Europe
Nous avons, dans notre chronique de décembre 1949, rendu compte des décisions prises par l’Organisation européenne de coopération économique (OECE) le 2 novembre, et aux termes desquelles les pays de l’Europe occidentale devaient, avant le 15 décembre, supprimer les contingents sur 50 % au minimum de leurs importations en provenance des pays membres de l’OECE. On envisage maintenant de poursuivre la libération des échanges, tous les contingents devant être, en principe, supprimés à la fin de 1950.
De nouveaux progrès dans ce domaine sont toutefois subordonnés à la « mise en vigueur d’un système de paiements intra-européens satisfaisant ». On sait, en effet, que les monnaies européennes sont actuellement inconvertibles. Une créance sur un pays ne peut servir à financer des achats dans un autre, de sorte que les pays européens doivent s’efforcer d’équilibrer leur balance des comptes de façon bilatérale avec chacun de leurs cocontractants. Dans ces conditions, la suppression des contingents ne peut avoir qu’une portée limitée : le commerce intra-européen ne pourra être pleinement développé que si des règlements « polyangulaires » sont reconstitués, la balance de chaque pays s’établissant vis-à-vis de l’ensemble des autres ; ceci exige le retour à l’interconvertibilité des monnaies européennes.
M. Paul Hoffmann, administrateur de l’Economic Cooperation Administration (ECA), avait espéré, il y a un an, que ce résultat pourrait être atteint en 1949. Nous en sommes encore bien loin. Le seul progrès effectivement réalisé dans ce domaine jusqu’ici est le rétablissement de la liberté des paiements entre la Belgique et la Suisse, qui n’ont pas renouvelé leur accord de paiements, venu à expiration le 12 novembre 1949. Depuis cette date, les règlements sont libres entre les deux pays, la Belgique ayant cependant conservé un droit de regard sur les exportations de capitaux, afin d’éviter tout risque de spéculation. De plus, les cours du franc belge en Suisse et du franc suisse en Belgique ne sont plus fixés autoritairement, mais s’établissent sur le marché des changes, où les deux banques centrales interviennent pour limiter les fluctuations des cours.
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