Économique - Les incidences économiques du réarmement aux États-Unis
La conjoncture reste caractérisée, en France, par la persistance de l’inflation : en novembre, les prix de gros ont monté de 3,2 %, ceux de détail de 3,5 %. Au moment où nous rédigeons cette chronique, le gouvernement délibère sur les moyens propres à réaliser l’équilibre du budget : il est évidemment question d’augmenter les impôts, solution de facilité qui n’est même pas excusable par l’urgence des décisions à prendre, puisque le même problème se pose depuis six ans. Du côté de nos échanges extérieurs, la fixation de l’aide américaine, tant économique que militaire, à 600 millions de dollars, dissipe les incertitudes qui pesaient sur la manière dont pouvait être recherché l’équilibre de notre balance des paiements. Une compression de nos achats en dollars n’en continuera pas moins de s’imposer : on en ignore encore les modalités.
Notre pays n’a certes pas le monopole des difficultés en matière économique. Les incidences de la politique de réarmement se font sentir dans toute l’Union atlantique, mais avec un aspect bien différent suivant les pays. Nous nous proposons d’examiner ici la situation des États-Unis, caractérisée par un équilibre économique relatif, que d’aucuns jugent assez précaire. Les États-Unis avaient connu au cours de l’année 1949 un mouvement de « récession », marqué par un certain fléchissement de l’activité économique et des prix. L’indice des prix de gros du Bureau of Labor Statistics (1) avait atteint, en moyenne, 165,1 en 1948 et 155 seulement en 1949. En janvier 1950, il n’était plus qu’à 151,5, mais un lent mouvement de hausse l’avait de nouveau porté à 155,9 à la veille du déclenchement des hostilités en Corée. À partir de ce moment, la hausse s’accélère, et le niveau maximum de l’indice est atteint en mars 1951, à 184 ; puis une certaine baisse se produit, qui ramène l’indice à 178 en août 1951. À la fin du mois de septembre, les indices hebdomadaires (calculés d’une manière abrégée, donc non rigoureusement comparables aux précédents) évoluaient aux environs de 177. Ainsi, depuis la guerre de Corée, la hausse des prix de gros a été de 13 % environ et semble arrêtée.
En ce qui concerne les prix à la consommation, l’évolution en 1949 avait été à peu près parallèle. L’indice du Bureau of Labor Statistics (base 100 sur la moyenne des années 1935-1939) atteignait 168,6 en mai 1950. Il a, depuis lors, progressé de façon lente, mais régulière, sans avoir marqué, au contraire de l’indice des prix de gros, de fléchissement au printemps 1951. En août 1951, son niveau semblait stabilisé à 185,5, soit une hausse de 10 % depuis le début des hostilités en Extrême-Orient.
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