Entre l’intervention américaine au Venezuela, les menaces sur le Groenland, et la guerre oubliée en Ukraine, l’année s’ouvre sur un chaos violent. La France, paralysée par l’absence de budget 2026, doit réagir vite pour renforcer sa défense et son autonomie face à un monde où le droit international s’efface. L’Europe, solidaire après la tragédie de Crans-Montana en Suisse, doit s’unir pour éviter l’implosion.
Éditorial – L’ère de la brutalité (T 1785)
Editorial —The Age of Brutality
Between the American intervention in Venezuela, the threats to Greenland, and the forgotten war in Ukraine, the year begins in violent chaos. France, paralyzed by the lack of a 2026 budget, must react quickly to strengthen its defense and its autonomy in the face of a world where international law is eroding. Europe, united after the tragedy in Crans-Montana, Switzerland, must stand together to avoid implosion.
L’année 2026 a démarré dans l’horreur et les larmes avec le drame de Crans-Montana en Suisse, qui a frappé et sidéré bien au-delà des frontières de la Confédération helvétique. La solidarité européenne qui s’est manifestée immédiatement a apporté un peu de réconfort par rapport à l’horreur des faits. C’est paradoxalement la démonstration qui rappelle que la Suisse est aussi au cœur de l’Europe et que le soutien mutuel face à de tels événements est indispensable. Une leçon à retenir et des enseignements à tirer.
Outre-Atlantique, l’action unilatérale des États-Unis contre le Vénézuéla ce week-end ouvre le débat sur droit, légalité et morale. Moralement, Nicolas Maduro était un dictateur avec un régime répressif et incapable de subvenir aux besoins d’une population vénézuélienne aux abois économiquement, malgré les ressources pétrolières. L’alignement du chavisme (de son prédécesseur Hugo Chavez) sur Moscou, Téhéran et Pékin ne pouvait pas survivre longtemps à la réaffirmation par Donald Trump de la doctrine de Monroe définie dès 1823. Si l’opération militaire a été une démonstration de force et d’efficacité, le plus dur reste à faire. Cyniquement, les vraies raisons tournent autour des hydrocarbures, le trafic de drogue étant le prétexte et le rétablissement de la démocratie une omission.
Grisé par ce succès facile, tant le rapport de force était en sa faveur, le Président américain a lancé des menaces directes contre d’autre pays d’Amérique latine, notamment la Colombie et Cuba. Grisé par ce succès facile, il a réitéré ses menaces contre le Groenland, dont les États-Unis auraient « besoin » pour « des raisons de sécurité », selon Donald Trump. La désinhibition est désormais sans limite et traduit cette volonté d’empire et de sphères d’influence en lieu et place du multilatéralisme et du droit international. Dead or alive, tel est, en quelque sorte, le sous-entendu d’America First. La question du Groenland pourrait être décisive et dramatique si Donald Trump exécutait sa menace. La pérennité de l’Alliance atlantique serait, de fait, totalement remise en cause. Si le premier cercle de Donald Trump commence déjà, sur le réseau social X, à agiter cet épouvantail, il n’est pas dit que le Congrès américain entérine un tel acte. Cela signifie aussi une obligation d’un intense travail diplomatique de tous les Européens pour ramener la Maison Blanche à la raison.
Pendant que l’attention internationale se concentre, à juste titre, sur l’Amérique du Sud, la guerre en Ukraine est passée aux oubliettes médiatiques. Certes, Vladimir Poutine peut être vexé de voir que les équipements soviéto-russes de l’armée vénézuélienne ont été d’une totale inefficacité pour défendre Caracas et que son « opération spéciale militaire » contre Kyiv s’éternise face aux 12 heures d’Absolute Resolve. Il gagne, cependant, encore du temps pour éviter de réellement négocier. Son objectif reste identique : la capitulation de l’Ukraine. Il poursuit ses bombardements ciblant les infrastructures civiles et principalement énergétiques, en plein hiver. Parallèlement, sa guerre hybride contre l’Europe se poursuit avec quasi quotidiennement de nouvelles attaques, entre le cyber, les câbles sous la Baltique, les incendies suspects et, bien sûr, la désinformation et la manipulation des opinions publiques.
L’année 2025 a été difficile. Déjà, 2026 démarre dans le drame humain – en Suisse – et le chaos géopolitique ailleurs. Il faut ajouter à cela le fait que la France n’a toujours pas de budget 2026, ce qui a des conséquences directes pour notre défense, avec l’impossibilité de passer de nouvelles commandes alors que la tempête gronde. La responsabilité de notre classe politique est directement engagée et il est urgent de pouvoir réinvestir pour donner à nos armées les moyens de faire face à tous ces défis. Tout retard est inadmissible. Le monde accélère tandis que nous faisons du sur place.
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