Souveraineté militaire : les PME de la défense, nouvelles héroïnes de l’innovation. Alors que l’Ukraine privilégie l’armement américain, les PME françaises prouvent leur agilité face aux géants. Pour peser, elles doivent mener une bataille d’influence : maîtriser les codes institutionnels, investir les médias, et s’allier aux grands groupes. Un défi culturel et stratégique pour éviter de rester dans l’ombre.
Military sovereignty: Defense SMEs must lead the battle for influence
Military sovereignty: Defense SMEs, the new heroes of innovation. While Ukraine favors American weaponry, French SMEs are proving their agility in the face of the giants. To have influence, they must wage a battle of influence: mastering institutional norms, engaging with the media, and forging alliances with major corporations. A cultural and strategic challenge to avoid remaining in the shadows.
Legs sentencieux du Premier ministre aux industriels de l’armement : « la souveraineté n’est pas une rente ». Alors que l’Ukraine fait le choix de l’armement américain pour 100 milliards de dollars, les grands groupes français sont sommés d’accélérer. Une fenêtre de tir décisive pour nos start-ups et PME, qui ont l’opportunité de changer la donne en matière de défense… à condition de mener également la bataille de l’influence institutionnelle et médiatique.
Historiquement, la Base industrielle et technologique de défense (BITD) reposait sur neuf géants (Airbus Defence&Space, Ariane, Arquus, Dassault, MBDA, Naval Group, KNDS, Safran et Thales) ainsi que sur… 4 500 PME. Ces dernières, majoritairement sous-traitantes de ces géants demeuraient dans leur ombre. Depuis peu, cependant, certaines PME et start-ups s’émancipent pour partir seules à l’assaut des marchés de l’armement.
La guerre en Ukraine a tout changé. Henri Seydoux, président de Parrot, le confesse : l’usage des drones a surpris tout le monde. Elle a surtout révélé la capacité des PME et start-ups à fournir rapidement des solutions décisives aux armées. Emmanuel Chiva, délégué général de l’armement jusqu’en novembre 2025, évoquait une véritable « révolution culturelle ».
Il reste 88 % de l'article à lire