Capitaine de vaisseau, directeur adjoint des 74e et 75e sessions du Centre des hautes études militaires (CHEM).
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Ce n’est qu’au XXe siècle et plus précisément à la fin des années 1930, que le concept de formation acquiert une portée sémantique élargie, désignant désormais « l’éducation intellectuelle et morale de l’être humain », tout en recouvrant « l’ensemble des connaissances théoriques et pratiques dans une technique, un métier ; leur acquisition » (1). D’un point de vue militaire, cette évolution marque une rupture significative avec les conceptions antérieures, qui cantonnaient le militaire à un « être passif agissant sans réflexion » (2), dont l’efficacité opérationnelle reposait essentiellement sur l’obéissance aveugle et la négation de toute forme d’initiative individuelle. À l’ère du « régiment-machine », la formation militaire ne constituait guère un enjeu stratégique majeur, tant sa mise en œuvre se révélait aisée, reposant sur un corpus de connaissances sommaire, homogène et standardisé, facilement transposable à l’ensemble des unités. Au milieu du XVIIIe siècle, le maniement des armes consacrait par exemple une quinzaine de commandements permettant aux soldats de charger leur arme puis de tirer. La maîtrise de ce geste, suffisait peu ou prou à les déclarer prêts à aller au combat. Les exigences contemporaines sont radicalement différentes. L’étendue des savoirs, compétences et aptitudes à maîtriser par le militaire moderne ne cesse de croître, sous l’effet conjugué de la complexification des environnements géostratégique et technologique dans lesquels il est désormais appelé à opérer. Cette dynamique remet en question le principe traditionnel de la formation standardisée, désormais inadapté à la réalité opérationnelle contemporaine, qui nécessite une hyper-spécialisation croissante des militaires, à tous les niveaux d’emploi. Lire la suite
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