Diplomatique - Abdication du roi Farouk - M. Mossadegh repousse les propositions anglo-américaines - Installation de la Haute autorité du charbon et de l'acier à Luxembourg - Londres ratifie les accords de Bonn - Échange de notes sur l'Allemagne et l'Autriche entre les Occidentaux et l'URSS
La crise égyptienne – au moins la crise politique – a trouvé une solution brutale. Le 26 juillet 1952, le général Neguib [Naguib], dont la renommée n’avait pas jusqu’alors franchi les frontières de l’Égypte, adressa un ultimatum au roi Farouk, après que ses troupes eurent pris position aux points stratégiques du Caire. Le Foreign Office fit savoir que l’on considérait à Londres le conflit ouvert entre le Roi et l’Armée comme une affaire purement intérieure, et que la garnison britannique de la zone du canal n’interviendrait pas. Sommé d’abdiquer et de quitter l’Égypte, Farouk se soumit aux conditions de son vainqueur et s’embarqua pour l’Europe, discrètement salué par Ali Maher, chef du nouveau gouvernement égyptien, par M. Jefferson Caffery, ambassadeur des États-Unis au Caire et par le général Neguib. Le trône reviendra au seul fils de Farouk, le jeune Fouad, que sa mère a emmené dans l’exil. Jusqu’à sa majorité, un Conseil de Régence exercera les pouvoirs royaux. Nommé, d’abord, à titre provisoire, en l’absence d’un Parlement – le précédent ayant été dissous – le Conseil de Régence sera ensuite constitutionnellement désigné par les Chambres, dont l’élection est prévue en février 1953.
À l’heure où ces lignes sont écrites, un mois et demi après le « coup d’État » du Caire, il est encore impossible de savoir si l’événement bouleverse ou non les données des problèmes que pose aux Occidentaux le Proche-Orient. Héros de la guerre contre Israël, Neguib est épaulé par un conseil de neuf officiers, qui, pour la plupart, appartiennent à l’Association des Frères musulmans ou subissent son influence. L’un des Régents est également membre de la Confrérie. Sans doute le nouveau gouvernement d’indépendants auquel l’Armée donne son appui (1) proclame-t-il avant tout sa volonté de « mettre de l’ordre dans la maison ». Cela signifie la fin et la répression des scandales financiers, l’épuration des partis politiques et la réalisation d’une réforme agraire ; et la tâche est assez lourde pour occuper l’opinion égyptienne plus utilement qu’à des démonstrations xénophobes. Le gouvernement a d’ailleurs indiqué sa volonté de coopérer avec tous les pays, en particulier son désir de bonne entente avec la Grande-Bretagne, et fait un appel aux capitaux étrangers. Cependant le Wafd, qui conserve une large audience, et avec lui tous les partis politiques maintiennent les mots d’ordre de la politique étrangère égyptienne : évacuation du canal et unité de la vallée du Nil, et s’opposent à toute coopération active avec l’Occident avant que ces revendications nationales soient satisfaites.
M. Mossadegh repousse les propositions anglo-américaines
Le différend entre la Grande-Bretagne et l’Iran n’a pas été aplani, malgré une participation active des États-Unis aux négociations. Le 30 août, MM. Harry Truman et Winston Churchill adressaient un message personnel au Dr. Mohammad Mossadegh, en même temps que de nouvelles propositions relatives à la fixation de l’indemnité duc à l’Anglo-Iranian Oil Company, et à l’écoulement du pétrole vers les marchés mondiaux. Ces propositions prévoyaient en cas d’accord, la levée par la Grande-Bretagne du séquestre des livres sterlings appartenant à l’Iran, et l’octroi par les États-Unis d’une assistance immédiate de 10 millions de dollars. La réponse de M. Mossadegh ne fut pas longue à venir : un refus ; et déjà fort de l’appui de l’opinion, il a convoqué le Parlement pour une date prochaine.
Il reste 70 % de l'article à lire
Plan de l'article



_astronaut_Sophie_Adenot_(jsc2025e058846_alt).jpg)



