Capitaine de vaisseau (CR). Inspecteur général de l'Éducation nationale. Membre de l'Académie de Marine (2017). Membre associé de l’Inspection générale des affaires maritimes.
Lorsqu’Yves Lacoste écrit que « La géographie, ça sert d’abord à faire la guerre », il évoque l’utilisation de la géographie par les acteurs de celle-ci (1). La guerre est revenue, depuis près de trente ans, dans notre environnement immédiat, quelle que soit la forme qu’elle prenne. L’histoire qui s’écrit dans un quotidien guerrier, militaire et tragique nous conduit aujourd’hui à la comprendre, à la faire comprendre et à l’enseigner. Il ne s’agit pas d’en faire un objet historique distinct, mais d’inclure et de proposer, dans le cadre des questions soulevées dans l’histoire et au présent, et en l’état de celles-ci, des problématiques qui s’y rapportent. Lire la suite
La mutation de la seconde moitié du XIXe siècle, en matière navale, prend place après deux siècles non d’immobilisme, mais d’évolutions lentes. Tout change avec le tournant des années 1860 : la propulsion à vapeur, les projectiles explosifs, la possibilité du blindage expliquent l’apparition du navire « cuirassé » de ces années-là, dans le contexte de la révolution industrielle. Lire la suite
L’United States (US) Navy est, au moment où elle sort de la Grande Guerre, une force navale opérationnelle, intégrée, expérimentée. La Marine américaine s’est transformée en un an et demi de guerre navale. Pourtant, les années de l’immédiat après-guerre voient le retour, aux États-Unis comme ailleurs, de la priorité accordée aux navires de ligne. Sortir de la guerre et maîtriser les mers : c’est dans ce contexte que la conférence de Washington assure, en 1921-1922, le triomphe des puissances maritimes et une parité, nouvelle pour les deux pays, entre les États-Unis et le Royaume-Uni (1). Lire la suite
Sortir de la guerre, c’est réformer, reformer, reconstruire une marine. Dans un contexte politique, économique et social, diplomatique et militaire qui pèse plus ou moins fortement, selon qu’il s’inscrit ou non dans une continuité d’efforts en matière navale et militaire, selon que les leçons du conflit ou des conflits qui précèdent sont tirées ou non, selon l’intensité, la durée, les espaces qu’ils ont couverts et leurs conséquences. La lecture de deux siècles de sorties de guerre, en matière navale, de 1815 à nos jours permet sinon de tracer une histoire, du moins de mettre en évidence certaines permanences ou non (1). Lire la suite
L’année 1940 Lire la suite
Toulon, le 27 novembre 1942 (1). Les bâtiments de la Flotte de haute mer et l’ensemble des navires de guerre présents dans le port ont mis bas les feux (2). Les permissions ont été rétablies sur les bords. Les officiers peuvent passer la nuit chez eux. Depuis quelques jours, Toulon est comme enveloppée dans le brouillard d’une curieuse atmosphère, dans un entre-deux insaisissable, dans une impression de fin qui s’annonce, qui a saisi la ville et le port. Isolée, parquée, cloîtrée dans le « camp retranché » de Toulon dans l’attente improbable d’y être réparée et reconstituée, sans beaucoup de moyens pour prendre la mer, la Flotte attend. Lire la suite
Refaire l’Armée française, du début de l’année 1943 à la Victoire en 1945, c’est se placer au confluent de trois questions. Refaire une armée pour libérer le pays, c’est la dimension militaire et interalliée de la Libération ; refaire l’Armée de la République, c’est la question de l’« outil » militaire, aux ordres du pouvoir politique ; refaire l’Armée de la France, c’est refaire un instrument d’une puissance à reconstruire. Lire la suite
« Soy yo y mi circunstancia » : il y a moi et ma circonstance, écrit le philosophe espagnol José Ortega y Gasset (1). De Gaulle et Ailleret. Deux hommes dans leurs circonstances, dans leurs contextes, dans leurs relations. Deux carrières militaires fort différentes, inachevée pour l’un et parachevée pour l’autre. Deux personnalités, une même histoire, des routes de convergence. Pourquoi ? Comment ? Avec quelle inscription dans leur présent, dans leur histoire et dans la nôtre ? Lire la suite
Défendre le territoire national et protéger les territoires de la France. Trois périodes se distinguent, de l’entre-deux-guerres à la fin de la guerre froide, par le contexte, par les acteurs et par les résultats. Une première période court des lendemains de la Grande Guerre jusqu’au désastre militaire et à l’effondrement politique de juin 1940 qui sanctionnent rudement l’échec des politiques de défense nationale comme les conceptions militaires qui y étaient associées. Une deuxième période va de la victoire alliée de 1945 jusqu’aux années 1966-1967, avec la protection du territoire confiée pour l’essentiel aux Alliés dans le cadre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique nord (Otan). Une troisième période permet de mettre en place un triptyque singulier, dans le contexte de l’indépendance nationale : la dissuasion nucléaire, la protection des territoires et la puissance militaire, conjuguées dans la loyauté à l’égard des alliances de la France (1). Lire la suite
Bayeux, le 14 juin 1952. « La défense ! C’est la première raison d’être de l’État. Il n’y saurait manquer sans se détruire lui-même (1). » Lire la suite
Depuis près de trente ans, la défense de la France connaît un double mouvement qui l’affecte en profondeur. Les fondements sur lesquels elle reposait depuis le début des années soixante ont été revus. L’outil militaire qui en était la traduction a été restructuré. Avec, en toile de fond, la question du rôle de notre pays comme puissance militaire et maritime, dans le nouveau contexte européen, interallié et international, et des efforts qu’il est prêt à consentir. Lire la suite
Cette contribution propose trois lectures croisées de l’évolution de la défense nationale à la défense et la sécurité nationale : une lecture des textes, une lecture du contexte militaire et une lecture du pouvoir. Pour répondre à trois questions. Que défendre ? Il y faut une réponse étatique, politique, historique. Qui défend ? C’est la question de la participation des citoyens à la défense de la France, qui recoupe pour partie celle de l’appartenance des Français à la France. Comment défendre ? C’est une lecture des textes, c’est une lecture du contexte et c’est une lecture politique. Lire la suite
La République est aussi « secrète », comme l’écrit Olivier Forcade (1). Au cœur du secret de la République, au cœur du fonctionnement de l’État : le renseignement. Arme, outil, instrument, au plus près du terrain mais surtout jamais loin du pouvoir politique, sa collecte, son exploitation et les décisions qui en découlent constituent la trame d’un récit qui passionne, surprend ou inquiète. Le renseignement doit être l’affaire de l’État et affaire dans l’État ; il est quelquefois une affaire d’État. La Ve République n’y échappe pas plus que les autres. Lire la suite
À chaque étape de la réflexion sur la défense, à chaque crise, intérieure ou extérieure, au moment d’un changement politique, la question de notre organisation de défense et de sécurité est posée : en termes d’élévation du seuil de sécurité sur le territoire et à l’extérieur de celui-ci, préoccupation majeure de nos dirigeants, mais aussi et quelquefois surtout en termes de capacité de notre système à mettre en cohérence l’ensemble des politiques publiques qui concourent à la sécurité de la nation. Lire la suite
Note préalable : Pour une lecture d’ensemble de la question, voir Lecoq Tristan, Enseigner la mer. Des espaces maritimes aux territoires de la mondialisation, Collection Trait d’union CNDP/CRDP de l’académie de Rennes, octobre 2013 ; Enseigner la mer, Canopé, octobre 2016, sous la co-direction de Tristan Lecoq et Florence Smits ; et Lecoq Tristan, « Des espaces maritimes aux territoires de la mondialisation », Questions internationales « Géopolitique des océans », n° 107-108, La documentation française, mai-août 2021. Lire la suite
En Europe comme ailleurs, nul n’ignore que la Suisse est un pays neutre et qu’elle est la patrie de Henry Dunant (1828-1910), fondateur de la Croix-Rouge, symbole s’il en est, d’une neutralité active et bienfaisante. Sur la scène internationale, la neutralité suisse, s’appuyant sur une longue tradition historique, est régulièrement citée en exemple et en référence. Lire la suite
« Je retrouve enfin le général de Gaulle. Quoiqu’intellectuel de gauche et fort peu militariste, j’ai été impressionné par ce haut personnage marmoréen. Il parlait peu, ne se livrait jamais. Toujours distant, c’est-à-dire maintenant la distance entre lui – le général – et nous – les officiers de l’état-major – nous ne l’aimions pas mais nous le respections. Nous avions confiance en lui. Très courageux […], toujours calme, même dans les circonstances les plus difficiles, il nous a appris que la principale qualité d’un homme consiste à garder la maîtrise de soi au milieu des périls […]. Déjà le général de Gaulle était un personnage que l’on admirait, que l’on suivait, que l’on servait avec un dévouement total. (1) » Lire la suite
Défendre le territoire national a été l’objectif principal depuis la fin de la Première Guerre mondiale jusqu’à la fin de la guerre froide. Le dramatique échec de 1940 a considérablement pesé à l’issue de 1945, tout en prenant en compte les conflits de décolonisation. À partir des années 1960, notre défense a reposé sur le triptyque dissuasion/protection/puissance. Lire les premières lignes
Le général Ailleret, polytechnicien et artilleur, a été un acteur majeur de la transformation de nos armées sous l’autorité du général de Gaulle, chef de l’État. Deux caractères forts, indépendants et qui se sont complétés pour redonner à la France les outils de sa souveraineté avec la montée en puissance de la dissuasion nucléaire dont Ailleret fut l’un des plus importants responsables. Lire les premières lignes
Nous assistons à la fin de la période engagée lors de la fin de la guerre froide. Trente ans après, la guerre est de retour et oblige à repenser celle-ci et à reconsidérer notre modèle militaire tourné jusqu’à présent autour des opérations extérieures (Opex). Il faut définir un nouveau contexte et un cadre d’emploi pour nos forces et en adapter les missions et surtout les moyens. Lire les premières lignes
À partir de 1943, la reconstruction des armées françaises est à la fois un enjeu militaire mais aussi politique. L’appui des Alliés est indispensable avec une subordination opérationnelle stricte. Le général de Gaulle sut forcer la main à trois reprises, dont pour la Libération de Paris, mais comprit les limitations imposées à la souveraineté française. Lire les premières lignes
À l’issue des guerres, la question navale a été traitée de manière inégale, reflétant le rôle de la marine dans la politique de défense. En 1945, les ambitions maritimes de la France étaient bien faibles et la reconstruction de la Marine fut très longue. Aujourd’hui, d’autres puissances affichent leurs ambitions. Lire les premières lignes
Le sabordage, le 27 novembre 1942, de la quasi-totalité de la Flotte à Toulon constitue une défaite morale au nom d’une conception de l’honneur touchant à l’aveuglement. La fidélité absolue au Maréchal Pétain priva la France combattante d’un outil parti en fumée. Lire les premières lignes
La défense de la France a été au cœur de la construction de la Ve République par le général de Gaulle. La mission « Gaullienne » de sécurité nationale demeure essentielle, transcendant les majorités politiques pour répondre aux évolutions géopolitiques actuelles marquées par les crises. Lire les premières lignes
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