Novembre 1979 - n° 393

Dossier - Le conflit sino-soviétique et la déstabilisation de l'Asie

La signature, en août 1978, du traité de paix et d’amitié sino-japonais, puis l’échange d’ambassadeurs entre Pékin et Washington, la tournée de Deng Xiao Ping aux États-Unis et sa volonté exprimée de mener à bien la modernisation de la Chine avec l’aide des industries occidentales et japonaises, enfin le conflit sino-vietnamien déclenché immédiatement après cette tournée et manifestant la détermination de la Chine de ne pas tolérer à ses frontières une péninsule indochinoise d’allégeance soviétique par Vietnam interposé, autant d’événements qui ont fait penser à maints observateurs que l’on assistait à une déstabilisation : dorénavant « bien éveillée » et en marche vers son destin de grande puissance du XXIe siècle, la Chine, en prenant appui sur le Japon et les États-Unis, déséquilibrerait non seulement l’Extrême-Orient mais à plus long terme tout le système mondial. Lire la suite

  p. 5-6

Cet exposé introductif rappelle les éléments historiques à garder en mémoire lorsqu'on aborde le problème du conflit sino-soviétique ; il répond en outre aux questions suivantes : Quelle est la signification de ce confit ? Quelles parts respectives y tiennent les facteurs idéologiques et les facteurs classiques, notamment ceux que l'on peut qualifier de géopolitiques ? Il esquisse enfin un certain nombre de scénarios plausibles pour l'évolution de ce conflit et leur affecte un ordre de probabilité.

  p. 7-16

Y a-t-il un dessein soviétique continu et cohérent à propos de l'Asie ? Pour l'Union soviétique (URSS), où et à partir de quand commence la déstabilisation ? Comment modifie-t-elle alors sa stratégie ? Quels risques peut-elle prendre pour la réaliser ? Comment sa politique asiatique s'insère-t-elle dans sa politique globale ? Telles sont les questions auxquelles répond l'auteur. Lire les premières lignes

  p. 17-27

Il s'agit essentiellement de l'aspect économique de l'action et des possibilités japonaises en Asie : Quelles sont sur ce plan la portée et les conséquences du récent traité de paix et d'amitié sino-japonais pour les relations de Tokyo avec ses voisins asiatiques : Union soviétique (URSS), Chine et Asie du Sud-Est ? L'auteur revient d'un voyage de deux semaines en Chine. Lire les premières lignes

  p. 29-40

Bien qu’il ne fasse pas partie des interventions faites à notre colloque sur la déstabilisation de l'Asie, l'article qui suit a sa place tout indiquée dans ce numéro puisqu'il traite de trois économies majeures intéressant directement l'évolution de cette région : celle du Japon, de la Corée du Sud et de la Chine. L'auteur en montre les aspects originaux, l'adaptation structurelle et la cybernétique intelligente qui, pour chacune d'elles, en guide le mouvement et lui imprime son dynamisme.

  p. 41-50

Pourquoi, après le voyage triomphal de Nixon à Pékin en 1972, les États-Unis ont-ils attendu cinq ans avant de faire un nouveau pas en direction de la Chine ? L'auteur retrace ici les hésitations et les difficultés du gouvernement américain à définir clairement sa politique asiatique et à assumer avec détermination les conséquences logiques de ses choix. Les États-Unis sont-ils en mesure de contrôler la déstabilisation de l'Asie dont ils essaient de tirer profit ?

  p. 51-61

Cet exposé répond à certaines des principales questions que nous nous posions en organisant ce colloque sur l'Asie : celle des implications des conflits asiatiques dans les rapports soviéto-américains et celle de la marge de liberté de la politique européenne à l'égard de la Chine. Lire les premières lignes

  p. 63-71
  p. 73-78

L'auteur, en tant qu'auditeur à l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), vient d'effectuer un voyage de quinze jours en Chine. Il nous donne son sentiment – mais c'est aussi le nôtre – en réponse à la question : Quelle attitude adopter face à l'antagonisme sino-soviétique ? Lire les premières lignes

  p. 79-84

Repères - Opinions - Débats

Parfait connaisseur du Royaume saoudien (« L'Arabie Saoudite, aujourd'hui et demain », nov. et déc. 1978 ; « L'Arabie Saoudite, quel avenir économique ? », AS 1979), l'auteur élargit cette fois son sujet à l'ensemble de l'Islam et nous fait sortir du cadre doré mais étroit de l'Islam arabe pétrolier auquel sont consacrées la plupart des études. Comment interpréter les événements qui troublent actuellement le monde musulman ? S'agit-il vraiment d'un réveil, comme on le dit souvent dans la presse ? Celui-ci, en réalité, a commencé depuis la confrontation des pays islamiques, au cours du XIXe siècle, avec des idéologies qui lui étaient étrangères, laïques, venues d'Occident avec la colonisation, notamment le nationalisme et le socialisme que l'Islam a adoptés. Mais la culture, les modes de vie, les mœurs occidentales, par certains de leurs aspects les plus négatifs, troublent les consciences. Lire la suite

  p. 85-106

La chute de la dynastie Pahlevi et la révolution iranienne n’ont pas eu pour Israël que des conséquences négatives. Sans doute les événements qui se sont déroulés en Iran au cours des deux années passées ont éliminé l’un des deux régimes en place dans un pays musulman qui avaient conservé des relations cordiales – encore que non officielles – avec le gouvernement de Jérusalem (1). Et le pétrole iranien constituait pour Israël une sauvegarde stratégique de la plus grande importance. Mais la paix avec l’Égypte, la découverte et l’exploitation de nouveaux gisements en territoire égyptien réduisent la portée du ralliement de l’Ayatollah Khomeiny au front des pays arabes les plus intransigeants. Aussi longtemps qu’Israël recevra d’Égypte le pétrole dont la livraison est prévue par les accords qui ont suivi Camp David – et dont l’application est garantie par les États-Unis – la volte-face iranienne peut être considérée à Jérusalem comme un revers ne comportant pas de conséquences catastrophiques ; la participation des États-Unis aux accords tripartites israélo-égypto-américains constitue, est-il besoin de le dire, pour Israël, une compensation substantielle à l’hostilité désormais déclarée de l’Iran. Lire les premières lignes

  p. 107-112
  p. 113-128

Chroniques

L’annonce de la présence à Cuba d’une brigade de combat soviétique a sans doute aggravé la tension entre Washington et Moscou, elle ne l’a pas créée : depuis plusieurs mois, les relations entre les deux capitales étaient hypothéquées par des équivoques, et les réactions suscitées au Congrès par l’accord SALT II – signé à Vienne le 18 juin 1979 par MM. Carter et Brejnev, mais qui n’a pas encore été ratifié – avaient été un témoignage de cette dégradation. La perspective de la prochaine échéance électorale n’est pas de nature à infléchir la politique américaine. Lire la suite

  p. 129-133

Après le nouveau coup d’État en Afghanistan Lire la suite

  p. 134-143

Tout au long du mois de septembre, sur la lancée des propos tenus dans Le Nouvel Observateur du 20 août 1979 par le général Buis et Alexandre Sanguinetti, et aussi en prévision de la rentrée parlementaire où il devait être question de l’actualisation de la Loi de programmation militaire (LPM) votée en 1976. les personnalités les plus diverses ont procédé à l’examen de notre force de dissuasion, de son avenir, de la nécessité qu’il y a à la moderniser ou de l’opportunité qu’il y aurait à la placer dans la corbeille des futures négociations SALT III (Traité de limitation des armes stratégiques). Lire la suite

  p. 144-147

L’Assemblée nationale a ouvert ses travaux, le 2 octobre, par un débat sur l’exécution et l’actualisation de la loi du 19 juin 1976 portant approbation de la programmation militaire pour les années 1977-1982. Dans notre chronique du mois d’août dernier nous avions donné les grandes lignes du rapport que le ministre s’apprêtait à déposer devant le Parlement ; nous n’y reviendrons aujourd’hui que pour en examiner deux points essentiels, qui ont d’ailleurs donné lieu aux débats les plus animés : l’effort nucléaire de la France et l’avenir de ses forces de dissuasion, ainsi que le changement de référence pour apprécier l’effort que le Gouvernement s’est engagé à faire au profit de notre défense. Lire la suite

  p. 148-151

La Loi de programmation militaire (LPM) et l’Armée de terre Lire la suite

  p. 152-154

1969 : Français et Allemands signent le premier accord de coopération pour la construction d’Airbus. Lire la suite

  p. 155-159

URSS : Le point sur la flotte océanique stratégique Lire la suite

  p. 160-164

Après l’éviction d’Idi Amin Dada et de Bokassa, quelle est la nature du pouvoir militaire en Afrique ? Lire la suite

  p. 165-171

* Notre effort de défense repose à la fois sur l’existence d’une puissante force de dissuasion nationale et en même temps sur la disponibilité d’une gamme de moyens de sécurité nous permettant de faire face à la diversité possible des situations de défense. Lire la suite

  p. 172-173

Bibliographie

Jean-Claude Courdy : Les Japonais  ; Éditions Belfond, 1979 ; 392 pages - Armand Boussarie

C’est en effet beaucoup plus de Japonais que du Japon qu’il s’agit dans cette Vie de tous les jours dans l’Empire du Soleil Levant de Jean-Claude Courdy, qui représenta notre ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française) à Tokyo de 1963 à 1970 : de Japonais saisis par un œil de professionnel, privilégié, précis, avide de gros plans et de contrastes, curieux de tout et nécessairement indiscret : de Japonais étudiés dans leur occidentalisation rapide, mais aussi dans leur vie traditionnelle, au sein de la famille, de l’entreprise, de la nation. Lire la suite

  p. 174-174

Henri Jacquin : Guerres secrètes en Indochine  ; Éditions Olivier Arban, 1979 ; 250 pages - André Nolde

La guerre d’Indochine, sous ses multiples aspects, n’a pas fini de susciter l’intérêt des lecteurs, à en juger par le nombre d’ouvrages sur le sujet qui continuent à paraître en librairie. La plupart ont pour auteurs des témoins des événements, plutôt que des chercheurs, sans doute pour quelque temps, puisque les archives officielles ne sont pas encore tombées dans le domaine public. Quelques-uns de ces témoins se limitent strictement à ce qu’ils ont personnellement vécu, mais d’autres élargissent le sujet et s’essayent, avec plus ou moins de bonheur, à de véritables synthèses historiques. Lire la suite

  p. 175-175

Jean-Paul Etcheverry : Elvire ou la guerre perdue  ; Éditions France-Empire, 1979 ; 342 pages - Emmanuel Hublot

Ce n’est pas l’habitude de la revue Défense Nationale de présenter un roman : mais elle se doit de signaler celui-ci à ses lecteurs qui y retrouveront l’heureuse rencontre d’un talent d’écrivain captivant avec un authentique tempérament de soldat. Lire la suite

  p. 175-176

Marie-François Furet, Jean-Claude Martinez et Henri Dorandeu : La guerre et le droit   ; Éditions Pedone, 1979 ; 335 pages - Emmanuel Hublot

L’emploi qu’un groupe humain fait de la violence à l’appui de la cause qu’il soutient prenait, dans le cas d’États s’affrontant par les armes, la forme – relativement facile à cerner il y a un siècle – de la « guerre étrangère » par opposition à la « guerre civile ». À la même époque, il apparaissait qu’à ce type particulier mais bien défini des relations entre États pouvait s’appliquer des normes de droit coutumier et, aussi largement que possible, de droit écrit, et qu’il convenait de le faire dans un souci humanitaire. Lire la suite

  p. 176-177

Thomas Molnar : Le modèle défiguré  ; Puf, 1978 ; 223 pages - Armand Boussarie

C’est un sévère, un inquiétant diagnostic que nous livre le Professeur Molnar à travers et en conclusion de son étude sur l’évolution de la société américaine depuis les années 1830, ou Tocqueville la présentait à l’Europe dans sa Démocratie en AmériqueLire la suite

  p. 177-178

David Schœnbaum : La révolution brune  ; (traduit de l’américain par Jeanne Étoré) ; Éditions Robert Laffont, 1979 ; 419 pages - André Nolde

L’ouvrage de David Schoenbaum constitue une très remarquable tentative pour aborder l’étude du régime national-socialiste en Allemagne avec la rigueur et la sérénité qui sied à l’historien, en faisant abstraction de toutes les sensibilités politiques où s’englue presque inévitablement le sujet, et sans se demander par avance si l’on aboutira à conforter les opinions généralement admises ou. au contraire, à mettre en cause leur bien-fondé. Lire la suite

  p. 178-179

Jean Montado : Les secrets de la banque soviétique en France  ; Éditions Albin Michel, 1979 ; 286 pages - Yves Simon

La Banque commerciale pour l’Europe du Nord (BCEN) est enregistrée par les autorités monétaires et bancaires françaises dans le groupe des banques de dépôts sous contrôle étranger. C’est la première banque étrangère en France par le total de son bilan : 14,2 milliards de francs en 1977. Sise boulevard Haussmann à Paris, elle est très respectée par ses confrères et réputée pour sa compétence. Elle assure une grande partie du financement des échanges commerciaux entre la France et les Pays de l’Est. Ses bénéfices sont importants mais non extraordinaires : 35,4 millions de francs en 1977. Au dire de ses dirigeants, elle n’échappe pas aux effets de la crise mondiale et à la hausse de ses frais généraux, ce qui lui interdit d’accroître son personnel. Ses actionnaires exigent peu de dividendes et souscrivent sans rechigner aux augmentations de capital. Elle fut l’une des toutes premières banques à participer au développement du marché des euro-devises grâce aux dollars que ses actionnaires lui avaient confiés après les avoir retirés des banques américaines. Ses employés, gradés et cadres sont dévoués et syndiqués à la CGT. Ils pratiquent l’absentéisme et se mettent en grève dans les mêmes conditions que les cadres, gradés et employés des autres banques. Rien que de très ordinaire et fort respectable. Oui, mais voilà, la Banque commerciale pour l’Europe du Nord est possédée à 99,7 % par deux banques soviétiques et J. Montaldo a mis la main sur des listings d’ordinateurs qu’elle jetait à la poubelle sans les avoir préalablement détruits. Ceci lui permet d’écrire ce livre. Lire la suite

  p. 179-180

Lucien Fabre : Jeanne d’Arc  ; Librairie Jules Tallandier, 1978 ; 540 pages - Emmanuel Hublot

La Grande Muette se serait-elle décidée à rompre son fameux silence ? À dire vrai, elle demeure encore discrète sur ses convictions ou ses conclusions quant à l’existence d’un risque d’insécurité pouvant provenir des Objets volants non identifiés. Lire la suite

  p. 181-181

Jean-Claude Bourret : OVNI : l’Armée parle  ; Éditions France-Empire, 1979 ; 314 pages - Armand Boussarie

Pour donner à Jeanne d’Arc la place qui lui revient bien légitimement dans la collection « Figures de proue », il a été fait appel à l’ouvrage de Lucien Fabre (1889-1952), qui fut ingénieur et homme de lettres. Il n’est pas sans intérêt de relever, comme le fait dans sa préface la savante médiéviste Régine Pernoud, que l’auteur est apparenté à l’historien Joseph Fabre, qui, député radical, puis sénateur, a proposé dès 1884 la célébration annuelle de la fête de l’héroïne du patriotisme français, ce que la Chambre se décida enfin à faire en 1920. Lire la suite

  p. 181-182

Philip De Sainte Croix : Histoires des opérations aéroportées  ; (adaptation française par Alex Massart) ; Éditions Elsevier, Bruxelles, 1978 ; 220 pages - Armand Boussarie

L’Histoire des opérations aéroportées offre un panorama complet et abondamment illustré des engagements au combat des forces aéroportées, aérotransportées ou héliportées, depuis 1940 (Danemark et Norvège) jusqu’à 1978 (Kolwezi). Les données techniques, armements et équipements, sont précises et intelligemment illustrées. Les récits de combats se situent plus près du compte rendu de journaliste que du rapport d’opération : mais ils sont clairs, apparemment objectifs, et des croquis et photographies aident à leur compréhension. Si l’ouvrage s’adresse surtout à un large public non spécialisé, il peut constituer un document de travail utile aux chroniqueurs militaires concernés par le sujet. Lire la suite

  p. 182-182

Revue Défense Nationale - Novembre 1979 - n° 393

Revue Défense Nationale - Novembre 1979 - n° 393

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.

Revue Défense Nationale - Novembre 1979 - n° 393

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