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Janvier 1971 - n° 296

En demandant à nos lecteurs de répondre au questionnaire encarté dans notre numéro de mai 1970, nous nous proposions de recueillir toutes données de nature à nous les faire mieux connaître, à nous permettre de mieux saisir leurs aspirations et leurs désirs et à nous aider à les mieux servir. Lire la suite

  p. 5-8

Dans le cadre de l'action gouvernementale tendant à faciliter les mutations de la société française, le ministre d’État chargé de la Défense nationale a décidé de promouvoir une politique d'ouverture permanente des militaires de profession sur les différents secteurs de l'activité nationale. C'est pour répondre au souci d'information qui va de pair avec cette orientation nouvelle, importante pour les personnels militaires de carrière, qu'ont été rédigées les pages qui suivent.

  p. 9-15
  p. 16-35

L'emprise de l'homme sur les océans s'accroît à la mesure des progrès techniques qu'il accomplit ; rapidement il prend possession de cette masse dont, jusqu'ici, il avait tout juste effleuré la surface. Au même moment, plus peut-être qu'à aucun autre de son histoire, la France se trouve affranchie des servitudes continentales.

  p. 36-44

Dans un premier article (décembre 1970) l'auteur a traité du « Groupe Andin ». C'est vers l'autre versant de la Cordillère qu'il invite aujourd'hui nos lecteurs à porter leurs regards, vers la façade Atlantique où l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay, à l'instar du « Groupe Andin », et en dépit d'énormes disparités de tous ordres, se sont eux aussi engagés dans un processus de développement en commun, en formant en 1969 « L'organisation des pays du Bassin du Plata ». Jusqu'ici et en raison même de ces disparités, l'Organisation a dû limiter ses prétentions à des objectifs modestes et réalistes. Mais son existence même constitue un indéniable succès politique régional et un gage pour l'avenir du sous-continent.

  p. 45-59

Depuis quelques années, une crise de conscience ébranle une partie de la jeunesse occidentale qui récuse les valeurs traditionnelles de notre civilisation, conteste la société de consommation et adopte parfois une attitude nihiliste dont les manifestations surprennent ou scandalisent les gens « bien pensants ». Lire la suite

  p. 60-69

La guerre de Vendée, qui ne se réduit pas au seul phénomène de lu Chouanerie, illustre-t-elle ce que fut une « base révolutionnaire » qui s'ignora et finalement échoua faute d'avoir pris conscience de ses possibilités et d'avoir su trouver une stratégie adéquate ? L'auteur n'est pas loin de le penser. Son expérience de combattant de la guerre d'Indochine, mais aussi sa compréhension du pays vendéen, proche de sa retraite actuelle aux environs d'Angers, donnent à son étude, inspirée par la lecture du livre de Charles Tilly La Vendée. Révolution et contre-révolution (Éditions Fayard 1970), un relief particulier.

  p. 70-81

Auditeur, puis cadre au Centre des hautes études militaires (Chem), l'auteur a porté sa réflexion sur les mutations de la guerre à l’époque contemporaine. Les deux théories mises en parallèle ici, celle de la guerre nucléaire et celle de la guerre populaire, relèvent de deux philosophies politiques fondamentalement différentes dont elles sont l’aboutissement extrême, utopique selon l'auteur. Il s’agit là d’un essai et les opinions qu’il exprime n’engagent que leur auteur. Lire les premières lignes

  p. 82-94
  p. 95-100
  p. 101-106
  p. 107-119
  p. 120-132

Chroniques

  p. 133-139
  p. 139-145
  p. 145-150
  p. 151-156
  p. 156-160
  p. 160-165

Bibliographie

Alfred Grosser : L’Allemagne de notre temps  ; Éditions Fayard, 1970 ; 644 pages - Jean Némo

Publié simultanément en France et en Allemagne, mais destiné plutôt au public français, ce gros volume ne prétend pas apporter les réponses aux questions que le lecteur peut se poser à propos de l’Allemagne d’aujourd’hui. Quelle est sa puissance ? Quelle orientation a-t-elle le plus de chances de prendre ? Pourra-t-elle se réunifier ? Peut-elle être une voisine amicale ou risque-t-elle de devenir à nouveau dangereuse ? Et tant d’autres questions que le lecteur français d’aujourd’hui peut à juste titre formuler… L’auteur n’y répond guère, sinon sous une forme parfois ambiguë indiquant des directions possibles. Lire la suite

  p. 166-166

Général François Ingold : Voix d’Outre-Mer  ; Nouvelles Éditions Latines, 1970 ; 222 pages - Jean Némo

En de courts chapitres, l’auteur évoque des souvenirs de sa vie militaire passée outre-mer et reproduit quelques écrits de prose et de poésie qui donnent à ce petit volume une élévation et une dignité qui frappent le lecteur. Nostalgie de ce qui fut l’Empire français, exaltation de l’œuvre qui y a été accomplie pour l’ouvrir à la civilisation et pour le mener à l’indépendance, amour de la patrie, enthousiasme pour l’action féconde, mais aussi poésie des paysages, des hommes rencontrés au hasard des chemins et qu’une phrase élève au-dessus de leur humilité, voilà ce que le lecteur trouvera dans ce livre de foi. Les anciens y feront renaître leurs propres souvenirs, les jeunes y comprendront ce que fut, dans son sens le plus noble, l’épopée d’outre-mer pour eux révolue. ♦

  p. 166-166

Marie Lavigne : Les économies socialistes soviétique et européenne  ; Éditions Armand Colin, 1970 ; 511 pages - Georges Vincent

On aimerait que tous les ouvrages d’économie aient la clarté de celui-là et qu’ils donnent comme lui d’emblée au lecteur l’envie d’aller jusqu’au bout de sa lecture. Le souci de clarté est évident dès l’introduction dans laquelle l’auteur, maître assistant à la Faculté de Droit et de Sciences économiques de Paris, définit le terme d’économie socialiste en analysant les critères politiques et économiques qui permettent d’en cerner le concept. Pour M. Lavigne, il n’y a d’économie socialiste que s’il y a propriété socialiste des moyens de production fondamentaux ; ce critère primordial n’exclut pas les critères partiels de définition : prépondérance d’une idéologie d’un parti marxiste, contrôle par les travailleurs de la gestion économique, importance de la planification et des moyens pour atteindre les objectifs d’une « économie de commandement », critères dont aucun à lui seul ne permettrait de faire un partage net entre économie capitaliste et économie socialiste. Lire la suite

  p. 166-167

Marx et Engels : Écrits militaires  ; Éditions de l’Herne, 1970 ; 664 pages - Jean Némo

Le présentateur de cette anthologie, Roger Dangeville, annonce qu’elle sera suivie d’autres tomes. Celle-ci traite des questions de stratégie révolutionnaire et de politique générale, beaucoup plus que de questions spécifiquement militaires, mis à part quelques passages de commentaires sur la géopolitique de l’époque, qui, du point de vue militaire, sont orthodoxes et contiennent autant de vérités que d’erreurs, semblables en la matière à tous les textes de ce genre. Lire la suite

  p. 167-167

Jacques Mutel : Le Japon. T. I : La fin du shôgunat et le Japon de Meiji  ; Éditions Hatier, 1970 ; 224 pages - Jean Némo

Nous avons déjà signalé ici les premiers ouvrages de cette nouvelle collection, qui s’adresse aux étudiants de l’enseignement supérieur, mais aussi à tous ceux qui veulent prendre, de l’histoire contemporaine, une vue renouvelée. L’histoire du Japon comprendra deux tomes. Dans celui-ci, l’auteur exprime d’abord sa conviction que l’histoire du Japon, depuis 1853, a été insuffisamment étudiée en Europe. Elle n’a pas servi, comme elle aurait pu et dû le faire, à alimenter les réflexions sur la modernisation que tous les pays avancés ont connue au cours du XIXe siècle et au commencement du XXe. Ainsi, le Japon a trop souvent été comparé à un pays sous-développé qui a su sortir de sa situation. Mais il convient de ne pas oublier qu’il n’a pourtant pris le départ qu’avec une ou deux générations de retard sur l’Europe occidentale et vécu par suite une expérience propre, dont les enseignements sont parfaitement utilisables. Il a su notamment concilier les nécessités de la modernisation avec ses traditions et l’unité d’action requise par la première avec la diversité des secondes. Lire la suite

  p. 168-168

Collectif : Les Provinciaux ou la France sans Paris  ; (préface de Jean Planchais) Éditions du Seuil, 1970 ; 192 pages - Jean Némo

Après une préface de Jean Planchais, treize croquis rapidement brossés par des journalistes donnent de la France sans Paris, de la « province », une image souvent amusante, mais surtout nouvelle pour ceux qui ne la connaissent pas ou sont encore sous l’impression des anciens clichés. La description a du charme et pourrait sembler ne pas inciter à la réflexion ; ces tableaux épars de « coins de France » divers ne semblent pas inspirés d’une même idée directrice. La méthode rappelle celle du pointillisme en peinture. Mais de ces taches de couleurs différentes, naît cependant une impression générale que Jean Planchais se contente de suggérer, plutôt que d’indiquer expressément. Cette France multicolore et diverse préfigure, pour ceux qui savent l’observer, la France de demain, dégagée de sa vassalité vis-à-vis de Paris en ayant conquis pour chacune de ses villes et chacun de ses villages ce qui faisait autrefois l’avantage de la capitale. Cette province de demain, ce n’est pas celle d’hier ressuscitée, mais Paris réparti entre trente-six mille communes, comme chaque fragment d’un miroir brisé reste et demeure un miroir. ♦

  p. 168-168

Roger Priouret : Les managers européens  ; Éditions Denoël, 1970 ; 432 pages - Jean Némo

Le lecteur pressé peut se contenter de lire l’avant-propos dont l’auteur a fait précéder le texte des seize interviews qu’il a eues avec des dirigeants d’entreprise. Allemands, Italiens, Belges, Suisses, Néerlandais et Français. En effet, il y condense les conclusions qu’il en a tirées. Mais il serait cependant dommage de ne pas connaître les conversations ainsi menées au cours de ces deux dernières années. Lire la suite

  p. 168-169

Amaury de Riencourt : L’Amérique impériale  ; Éditions Gallimard, 1970 ; 320 pages - Jean Némo

Traduit de l’américain, ce livre, publié en 1968 aux États-Unis, y a eu quelque résonance. C’est à la fois une description de l’impérialisme américain depuis deux siècles et plus particulièrement de nos jours, une annonce prophétique de ses développements prochains et une thèse suivant laquelle cet impérialisme est né d’un déterminisme psychologique beaucoup plus que de la volonté du gouvernement de Washington et des désirs du peuple américain. Toute description établie à partir d’une idée préconçue risque d’être menée d’un point de vue étroit ; c’est bien le cas ici. L’impérialisme américain n’est pas niable, mais il est certain qu’il ne s’est pas développé avec cette rigueur que lui prête l’auteur, et dans l’avenir il n’aura probablement pas les conséquences qu’il lui prédit ; par exemple, ce n’est pas parce que les États-Unis ont étendu leur puissance sur les États de l’Amérique latine, à des degrés divers, qu’ils feront certainement de même vis-à-vis des États africains. Quant à la thèse soutenue par l’auteur, elle est davantage présentée sous la forme d’une pétition de principe que démontrée par une argumentation adéquate. Pratiquement rien, dans ce texte si long, ne vient la confirmer ou l’étayer. Lire la suite

  p. 169-170

Jean-Jacques Salomon : Science et politique  ; Éditions du Seuil, 1970 ; 408 pages - Jean Némo

Aux siècles passés et jusqu’aux premières décennies du siècle présent, le pouvoir politique n’a guère servi la science ; mais celle-ci ne s’en est pas davantage servie, sauf dans des moments de crise extrême dont la Révolution française est l’exemple le plus net. Le développement de la science et de la technologie, en grande partie conséquence des besoins militaires de la guerre chaude ou froide, en effaçant ou estompant les limites entre la science pure et l’application technologique, a fait de la science une affaire d’État, donc un instrument au service de celui-ci et des buts immédiats ou à court terme qu’il poursuit. Le caractère instrumental de la science soulève d’innombrables questions : celle des crédits nécessités par la recherche et le développement, celle des options et des priorités qu’implique nécessairement la répartition de ces crédits qui viennent obligatoirement, pour la part la plus grande, du pouvoir politique, celle de la justification rationnelle de ces choix, de la planification de la recherche, celle de l’attitude de subordination du savant qui voit sa liberté aliénée, et bien d’autres questions de la même importance. Mais aussi celle de l’avenir de la science elle-même, qui dépend évidemment des conditions dans lesquelles il peut se préparer. Lire la suite

  p. 170-171

Alain Spacensky : Madagascar. Cinquante ans de vie politique de Ralaimongo à Tsiranana  ; Nouvelles Éditions Latines, 1970 ; 528 pages - Jean Némo

Cette volumineuse thèse de doctorat porte, comme l’indique le titre, sur l’évolution politique de Madagascar de 1919 à la fin de 1969 ; elle ne fait aucune référence aux questions sociales et économiques, si ce n’est que par allusions pour éclairer certains aspects de la vie politique des nombreux partis aux sigles divers et variables qui participèrent à l’action menée pour aboutir à l’indépendance de la Grande Île. Lire la suite

  p. 171-171

Jean-Marie Becet : La responsabilité de l’État pour les dommages causés par l’Armée aux particuliers  ; Librairie générale de droit et de jurisprudence, 1969 ; 411 pages - R. O.

Par la nature de leurs activités comme par les matériels qu’elles utilisent, les Armées sont à l’origine de fréquents dommages aux particuliers, et pourtant ce domaine de la responsabilité de la puissance publique ne semble pas avoir suscité l’intérêt de la doctrine dans des proportions aussi grandes que d’autres secteurs de l’activité de l’État, tels ceux des services de Police ou des services hospitaliers par exemple. La thèse de M. Becet, publiée dans la collection « Bibliothèque de droit public », peut donc être considérée comme comblant une lacune. Lire la suite

  p. 171-172

Martin Gardner : L’univers ambidextre. La droite, la gauche et la faillite de la parité  ; Éditions Dunod, 1968 ; 272 pages - Jean Némo

La vulgarisation est une science difficile. Ce livre en est une démonstration. Présenté sous une forme alternativement sérieuse et humoristique, il déroute souvent le lecteur, qui, au surplus, ne doit pas s’attendre, malgré la clarté de l’exposé, à en comprendre du premier coup les développements. Partant de remarques élémentaires que chacun peut faire sur la symétrie en regardant son visage ou sa main dans un miroir, il s’élève progressivement aux notions les plus modernes et les plus complexes de la nature de la matière et de l’origine de la vie. C’est une longue route à parcourir, d’autant qu’il est impossible de simplifier ce qui n’est pas simple et de faire accéder aux connaissances les plus ardues par une simple excursion, aussi intelligemment que celle-ci soit guidée. Lire la suite

  p. 172-172

Raymond Bongrand / Victor Moritz : 1870. Alsace. Metz. Sedan / Froeschwille. 6 août 1870  ; Éditions des Dernières Nouvelles de Strasbourg, 1970 ; 394 et 374 pages - Jean Némo

Ces deux ouvrages se signalent tout d’abord à l’attention par leur belle présentation et par la richesse de leur illustration. Le premier est une histoire des opérations militaires de l’Armée impériale en août et septembre 1870 ; le second, un récit de la bataille de Froeschwiller, précédé par un résumé historique des relations entre la France et l’Allemagne du XIe au XIXe siècle. Lire la suite

  p. 172-173

Normann Hampson : La période révolutionnaire  ; Éditions Flammarion, 1970 ; 216 pages - Jean Némo

Comme l’écrit l’auteur, il est impossible de présenter un tableau complet d’une époque si pleine sans choisir, parmi ceux qui mériteraient d’être développés, celui qui semble le plus important, lorsque le texte doit tenir dans les limites étroites qu’imposent le format et la formule de la collection. Aussi, pensant que « c’est moins dans le domaine des institutions politiques et des changements économiques que dans celui des idées qu’il faut chercher l’originalité de la période révolutionnaire et son legs le plus précieux », Norman Hampson a porté l’accent sur l’évolution des idées. Lire la suite

  p. 173-173

Paul Berben et Bernard Iselin : Remagen, le pont de la chance  ; Éditions Robert Laffont, 1970 ; 296 pages - Jean Némo

Si le pont de Remagen sur le Rhin a pu être capturé, pratiquement intact, le 7 mars 1945, par les Américains, c’est que les charges explosives installées par les Allemands étaient insuffisantes et que l’une d’entre elles au moins n’a pas fonctionné. À cette donnée de fait, qui aurait pu sans doute être modifiée, s’ajoutent des causes supplémentaires : le grand désordre qui régnait déjà dans l’armée allemande vaincue, le changement incessant des autorités responsables, le chevauchement de leurs attributions. Du côté américain, le succès est cueilli sans avoir été recherché, mais rapidement exploité, puisque, au bout de quelques jours, six divisions complètes auront franchi le Rhin à la fois sur le pont conquis et sur deux ponts Treadway rapidement établis en amont et en aval de celui-ci. Ébranlé cependant par les tentatives de destruction faites par les Allemands et par l’utilisation intense qui en a été faite par les Américains, le pont s’effondre dix jours après sa capture, pour un ensemble de raisons techniques qui n’ont jamais pu être totalement élucidées. Lire la suite

  p. 173-174

Christian Bernadac : Le train de la mort  ; Éditions France-Empire, 1970 ; 368 pages - Jean Némo

L’évacuation dans des conditions inhumaines, des prisonniers que détenait le IIIe Reich au moment du débarquement allié en Normandie de juin 1944, est un des chapitres des crimes nazis. Des hommes de toutes nationalités – mais dans le cas présent, Français pour la très grande majorité – arrêtés pour des faits de résistance, souvent blessés et toujours diminués par le régime et les sévices qu’ils venaient de subir, ont été embarqués, à raison d’une centaine par wagon de marchandise, et conduits en Allemagne vers les camps de déportation. L’auteur a reconstitué, avec l’aide des survivants, l’itinéraire tragique du train 7909, ayant quitté Compiègne le 2 juillet 1944 pour Dachau, où il est arrivé le 5. Il contenait 2 166 détenus ; 536 d’entre eux sont morts en cours de trajet, en raison de leur état de délabrement physiologique, de l’entassement, de l’absence de nourriture et de boisson (alors qu’il faisait une température très élevée), des mauvais traitements et des brutalités dont ils ont été l’objet. Lire la suite

  p. 174-174

André Maurois : Mémoires  ; Éditions Flammarion, 1970 ; 526 pages - Jean Némo

Romancier, biographe, essayiste, conférencier, André Maurois, au cours d’une longue vie qui n’a connu que le succès, a rencontré tous les grands hommes du siècle ; il a participé aux deux guerres mondiales, à la fois comme combattant et comme écrivain chargé de missions souvent délicates d’information près de publics variés qu’animaient des sentiments contradictoires. Il a réuni ailleurs les impressions qu’il a tirées et les témoignages qu’il a pu porter sur les grands événements auxquels il a été mêlé. Mais, tout en voulant, dans cet ouvrage qui paraît trois ans après sa mort, ne donner que le récit de sa vie, celle-ci est si étroitement tissée aux faits, si intimement liée aux hommes, qu’il lui est impossible de la raconter sans raconter aussi ce qu’il a vu, entendu, constaté. Son caractère aimable évite toute polémique et toute contestation ; Maurois cherche toujours dans la vie ce qui peut unir et non ce qui divise. Ayant vécu comme tous les hommes de sa génération de cruels drames de conscience, il a cherché et réussi à les résoudre, non sans lutte intérieure et sans déchirement, mais en gardant de sa première enfance le sentiment du devoir et de l’amour de la patrie. Lire la suite

  p. 174-175

Geoffrey Parker : Parsifal. Un chirurgien anglais dans les maquis de l’Ain  ; Éditions Flammarion, 1970 ; 238 pages - Jean Némo

Parmi les nombreux récits auxquels ont donné lieu les aventures vécues au maquis pendant la dernière guerre, celui-ci mérite une mention particulière. D’abord parce qu’il est dû à un Anglais qui servit en qualité de chirurgien dans le maquis de l’Ain, ensuite parce qu’il est écrit avec une grande simplicité et sur un ton où l’humour n’est jamais absent, quel que soit le sujet traité. Pendant cinq mois, le Major Parker – alias Parsifal – participa à la lutte contre l’occupant à proximité de la frontière franco-suisse ; il eut à accomplir, outre son travail de chirurgien, quelques missions délicates dans les villes françaises du département et à Genève. C’est ce qu’il raconte, avec le recul du temps – le livre a été écrit en 1967 – alors que les souvenirs demeurent vivaces, mais que les sentiments qui animaient les combattants se sont largement modifiés, et considérablement apaisés. Lire la suite

  p. 175-175

Régine Robin : La société française en 1789 : Semur-en-Auxois  ; Éditions Plon, 1970 ; 524 pages - Jean Némo

À partir d’une étude approfondie de la situation sociale du baillage de Semur-en-Auxois, l’auteur présente une thèse de doctorat fortement documentée, mais sous une forme peu accessible au grand public peu familier des méthodes nouvelles de l’histoire utilisant des moyens scientifiques de recherche dont l’austérité est évidente. Mais la partie la plus importante de l’ouvrage est certainement l’introduction qui est une sorte de manifeste en faveur de l’histoire, envisagée non suivant les conventions traditionnelles, mais suivant une idéologie préconçue dont il importe de trouver les fondements les plus lointains. L’idéologie présente cherche ainsi ses racines dans le passé, interprète les faits auxquels elle dénie pratiquement toute signification objective qui lui serait contraire, en éliminant certains, en donnant de son choix des raisons d’apparence scientifique, en retenant d’autres. Le tout est présenté dans un style compliqué et parfois ésotérique, lourd de mots étranges et d’expressions inattendues. Il est certain que l’auteur aurait eu plus de chances de convaincre ses lecteurs si elle avait utilisé des procédés moins ardus et débarrassé son style de cet appareil de haute technicité qui, loin de tenter le lecteur, l’incite au contraire à se défier de ce dont on veut le persuader. Lire la suite

  p. 175-176

Revue Défense Nationale - Janvier 1971 - n° 296

Revue Défense Nationale - Janvier 1971 - n° 296

En demandant à nos lecteurs de répondre au questionnaire encarté dans notre numéro de mai 1970, nous nous proposions de recueillir toutes données de nature à nous les faire mieux connaître, à nous permettre de mieux saisir leurs aspirations et leurs désirs et à nous aider à les mieux servir.

Notre attente a été largement comblée : fin août nous avions reçu 1 211 réponses, ce qui correspond au 1/10e de nos abonnés et de nos acheteurs. Les spécialistes estiment qu’un tel pourcentage est mieux qu’honorable.

À tous ceux qui ont eu l’obligeance et la courtoisie de nous répondre nous adressons ici nos bien vifs remerciements, tout en faisant une mention spéciale pour ceux qui, résidant à l’étranger et ne pouvant donc bénéficier des facilités postales offertes par notre enveloppe-réponse, ont cependant tenu à nous manifester tout l’intérêt qu’ils prenaient à notre entreprise. Nos remerciements vont également au Centre interarmées de recherche opérationnelle qui a été le principal artisan de l’organisation et du dépouillement de cette enquête, ainsi qu’à tous ceux qui lui ont apporté leur concours.

De l’ensemble des renseignements recueillis, voici l’image qui se dégage, des diverses catégories de nos lecteurs : la majorité des lecteurs de la Revue de Défense Nationale (54,6 %) se situent en parties égales dans les deux tranches d’âge de 30 à 39 ans et de 40 à 49 ans. La médiane pour l’ensemble passe par l’âge de 44 ans.

Les militaires en activité y sont à peine en majorité : 51,8 %. Parmi les 48,2 % de civils, on compte, il est vrai, 13 % d’anciens militaires.

Le niveau culturel de tous est élevé : 42 % sortent d’une grande école et 11 % ont un diplôme d’enseignement supérieur du niveau du doctorat. Parmi les lecteurs militaires (80 % Armée de terre, 10 % Marine et 10 % Armée de l’air), les capitaines, commandants et lieutenants-colonels dominent largement et 20 % préparent le concours de l’École supérieure de Guerre. Parmi les lecteurs civils 28 % sont des cadres supérieurs ou ingénieurs.

La fidélité de nos lecteurs est incontestable : 53 % d’entre eux nous lisent depuis 2 à 10 ans et 29,4 % depuis plus de dix ans. La régularité de lecture va de pair avec cet attachement ; l’abonné personnel est le plus assidu : il lit 4 articles en moyenne et y consacre 4 heures environ.

Revenons un instant sur l’âge. Les jeunes ne représentent que 10 % de l’ensemble et cependant 80 % des acheteurs les plus récents (depuis moins de deux ans) ont moins de 29 ans. Parmi les acheteurs au numéro un sur cinq est un étudiant. C’est là un phénomène de rajeunissement de notre clientèle qu’il est encourageant de constater, mais qui renforce notre devoir de ne pas décevoir ces jeunes dans un domaine aussi primordial que celui de la défense.

Quels sont donc les centres d’intérêt de ces diverses catégories de lecteurs ? Sans vouloir faire un usage immodéré des données numériques, il nous est apparu que le plus simple était de livrer les résultats obtenus par nos question 13 et 15 qui, rappelons-le, concernaient, la première, l’intérêt manifesté pour les articles de fond et la seconde, l’intérêt attribué aux rubriques et chroniques.

 

 SUJET
13 — Articles de fond 
 Beaucoup d’intérêt  Assez d’intérêt Peu d’intérêt  Non répondu
 — Politique étrangère………………… 792 321  45  53
  — Problèmes militaires……………… 841 274  58  38
 — Politique intérieure………………… 318 518 240 135
 — Étude de pays étrangers……….  586 447  93  85
 — Économie……………………………….  531 434 157  89
 — Social ……………………………………. 308 522  240  141 
 — Histoire …………………………………. 509 383  216  103 
         
15 — Rubriques et Chroniques lue Pratiquement toujours Quelquefois Pratiquement jamais Non répondu
— Politique et Diplomatie……………… 691 377  63  80
— Actualité économique.………………. 560 465  94  92
— Sciences et techniques……………… 483 459 152 117
— À travers les livres et les revues. 512 416 163 120
— Institutions internationales………. 344 507 225 135
— Militaire……………………………………… 762 310  69  70
— Aéronautique.……………………………. 536 376 182 117
— Maritime……………………………………… 502 385 201 123
— Outre-mer…………………………………… 396 448 233 134
— Bibliographie………………………………. 479 353  256 123

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On note ainsi que l’intérêt le plus élevé est manifesté pour les articles de politique étrangère, les problèmes militaires, la rubrique « Politique et Diplomatie » et la chronique militaire (défense).

Mais il est encore plus intéressant de rechercher quel lien peut exister entre un type d’article et une catégorie de lecteurs. L’analyse factorielle, sur le processus de laquelle nous ne nous étendrons pas, a révélé que seuls deux facteurs sont importants :

— la catégorie professionnelle, et plus particulièrement l’alternative : civil ou militaire,
— l’âge.

Le lecteur militaire lit de préférence les articles et chroniques militaires, les articles de politique étrangère et la rubrique « Politique et Diplomatie ». Il manifeste moins d’intérêt pour les problèmes intérieurs et sociaux, encore que 1 sur 5 y attache beaucoup d’intérêt.

Comme il se doit, le lecteur civil nuance davantage ses choix. Il manifeste un vif intérêt pour les questions économiques et 1 lecteur sur 3 se dit attaché à la lecture de l’un ou l’autre des domaines « social », « institutions internationales », « outre-mer ».

Les plus jeunes lecteurs manifestent leur intérêt pour les questions économiques et les plus anciens pour l’histoire, les sciences et techniques et la chronique d’outre-mer.

Nombreux sont ceux qui désirent voir abordées plus souvent les questions de sciences humaines, celles concernant la jeunesse, l’enseignement, la gestion, l’informatique et le droit, pour ne citer que les thèmes les plus fréquemment suggérés. Est de même souhaitée une ouverture plus large sur les revues étrangères.

Concernant le fond encore, la plupart des lecteurs souhaitent l’ouverture d’une sorte de « tribune libre ». Nous souscrivons bien volontiers à se désir et nous allons faire tout notre possible pour le satisfaire sous une forme qui n’est pas encore définitivement arrêtée : ce pourrait être celle, par exemple, lorsque nous en aurons la matière, d’une rubrique « libre opinion », qui devrait permettre l’expression d’idées novatrices, constructives, mais en aucun cas polémiques.

Afin de répondre également au souhait de certains lecteurs nous avons ouvert, depuis deux mois, une chronique de la Défense en France, qui ne prétend pas épuiser toute l’actualité, mais en signaler les principaux événements au niveau interarmées et ministériel.

Nous avons commencé à tirer profit des remarques qui nous ont été faites quant à la forme et à la présentation de la revue.

Depuis quelques mois déjà, chaque fois que les auteurs nous le permettent, nous les présentons à nos lecteurs et nous indiquons le schéma de leur article. Nous leur demandons également de sous-titrer plus abondamment pour rendre la lecture plus aisée.

Nous ne doutons pas enfin que l’amélioration de qualité du papier ainsi que celle, prochainement, de l’emballage soit également appréciée.

Certes, il nous reste encore beaucoup à faire pour parvenir au niveau auquel notre mission nous commande de nous élever. Mais nous le ferons progressivement, assurés de la confiance de tous ceux, collaborateurs, auteurs et lecteurs, qui veulent, avec nous, présenter de notre défense l’image qui doit être la sienne. C’est dans cette intention que nous avons symboliquement modernisé le visage de notre revue tout en conservant à son front nos couleurs nationales.

Georges Vincent