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Mars 1977 - n° 364

Dans quelques mois, peut-être même le 1er juillet 1977, Djibouti et son territoire accéderont à l'indépendance. Quelles conséquences cette mutation aura-t-elle sur l'équilibre des forces et la paix en Afrique orientale ? De quelle façon et selon quelles modalités la France continuera-t-elle à être présente dans cette région et quelle aide apportera-t-elle au jeune et fragile État ? C'est avant tout au futur Gouvernement de celui-ci qu'il appartiendra de le dire. Mais il est normal que notre pays ait aussi ses idées à ce sujet. Pour essayer de les préciser, notre collaborateur Bernard Guiderez est allé interroger M. Olivier Stirn, secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de l'Intérieur chargé des Départements et Territoires d'Outre-Mer.

  p. 11-20

L'Afrique australe est en pleine mutation. Les problèmes les plus aigus se posent ou vont se poser dans cette région. Après avoir connu bien des revers en Afrique, l'Union soviétique y a, ces derniers temps, marqué des points. La prudence du Kremlin qui prévalait depuis la chute de Nkrumah n'est plus de mise. Après la Somalie, les visées soviétiques ont atteint le Mozambique et l'Angola. Le pouvoir blanc en Rhodésie est sur la trappe, mais il parait bien évident que l'objectif final est l'Afrique du Sud. Aussi nous a-t-il paru opportun d'aller demander en janvier 1977 à Son Excellence M. Louis Alexandre Pienaar comment son pays envisageait l'évolution des événements et de quelle manière il entendait y faire face. Une phrase du cardinal de Retz pourrait résumer cette interview : « Je pris le parti de me pourvoir de moi-même ». Mais dans quelles limites, avec quelles méthodes et quelle efficacité ?

  p. 21-26

Le développement de l'énergie nucléaire, et plus particulièrement des surrégénérateurs, est absolument nécessaire pour faire face aux besoins du monde, y compris ceux des pays les plus pauvres dont le dénuement énergétique actuel ne saurait être toléré de façon durable. C'est là une des conclusions majeures de la conférence donnée à Washington le 15 novembre dernier par l'auteur devant l’American Nuclear Society International Conference et l’Atomic Industrial Forum et reproduite intégralement ci-dessous. Lire la suite

  p. 27-44

L'accord soviéto-américain sur la limitation des armes stratégiques offensives (SALT I), signé à Moscou en 1972, vient à expiration en octobre prochain. L'une des premières tâches de l'administration Carter devrait donc être la relance des négociations menées à Genève en vue de la conclusion de SALT II qui, depuis la rencontre de MM. Brejnev et Ford à Vladivostok en 1974 et l'accord de principe auquel ils étaient parvenus, semblent s'enliser. De son côté, M. Brejnev a affirmé le 18 janvier, dans son discours au centre industriel de Toula, la volonté de son pays de parvenir à un accord. Mais les obstacles sont nombreux. Les difficultés rencontrées tiennent à l'asymétrie de structure, de situation et de qualité technologique des deux arsenaux stratégiques mais aussi aux arrières-pensées et aux craintes de chacun des deux partenaires-adversaires de concéder à l'autre un avantage qui pourrait ultérieurement s'avérer décisif. Pour l'instant en tout cas, avec les MIRV et les « cruise missiles », les Américains semblent avoir une marge de supériorité numérique et technique confortable. Cet article envisageant tous les aspects des SALT, étayé de données numériques détaillées et précises, s'adresse plus particulièrement aux lecteurs qui veulent approfondir cette question.

  p. 45-70

Après un aperçu de la situation du Politburo et une brève revue des problèmes démographiques et économiques auxquels l'Union soviétique doit faire face, l'auteur s'attache à discerner les perspectives qui s'offrent à la politique extérieure du Kremlin et les principes qui la gouverneront vraisemblablement au cours de l'année qui vient de commencer.

  p. 71-82

L'auteur met en lumière les limites imposées par la détente à la politique soviétique dans le Tiers-Monde ainsi que les contradictions qu'entraîne la poursuite d'objectifs idéologiques, stratégiques et économiques qui ne sont pas toujours compatibles.

  p. 83-89

Dans son livre Démocratie française (p. 78) M. Valéry Giscard d'Estaing fait cette remarque : « À mesure que l'économie et la société deviennent plus évoluées, le principe collectiviste entre davantage en contradiction avec l'état des forces de production ». Le Xe Plan quinquennal soviétique adopté il y a quelques mois par le Soviet Suprême parviendra-t-il à surmonter cette contradiction ? On peut en douter en dépit de la volonté qui y est clairement affirmée d'accorder une plus large autonomie aux entreprises et de mieux tenir compte des critères de qualité et d'efficacité et non plus tellement de quantité.

  p. 91-100

Il est désormais possible d’avancer des hypothèses mieux fondées sur les orientations probables de la nouvelle Administration américaine. Le Président Carter a en effet constitué son équipe. Les choix qu’il a faits sont à certains égards révélateurs de ses intentions et l’on peut préjuger des avis que donneront au Président quelques-uns de ses collaborateurs, même s’ils ne doivent pas être suivis car il faut tenir compte du tempérament du Président Carter qui ne se révélera qu’en face des problèmes et à l’épreuve des crises. Lire les premières lignes

  p. 101-106
  p. 107-114
  p. 115-128

Chroniques

Dans quatre mois, les ministres des Affaires étrangères des 35 États dont les responsables signèrent, le 1er août 1975 l’Acte final de la conférence d’Helsinki doivent se réunir à Belgrade. Il fut en effet décidé dans la capitale finlandaise qu’au terme d’un délai de deux ans, une nouvelle réunion, au niveau des ministres des Affaires étrangères, aurait à « faire le point » des résultats obtenus par la « conférence sur la sécurité et la coopération en Europe ». Jusqu’ici, ceux-ci n’ont guère affecté les relations internationales, et l’effort militaire de l’Union soviétique a pris un caractère nettement offensif : même si certains rapports récents établis sur ce problème sont sans doute trop alarmistes, il est acquis que le potentiel militaire de l’URSS dépasse largement ses besoins défensifs. Lire les premières lignes

  p. 129-132

États-Unis : Relance du débat stratégique Lire les premières lignes

  p. 133-136

L’Union soviétique au seuil de la suprématie militaire… l’Europe sous la menace d’une attaque surprise… l’Occident a peur… Sous ces titres alarmants quelques experts ont. ces temps-ci, énoncé les griefs qu’ils faisaient au système de défense de l’Otan : déploiement inadapté, érosion continue des forces conventionnelles, absence de standardisation, délai de mobilisation trop long, bref les forces du Pacte atlantique seraient aussi peu préparées à une guerre-éclair que l’étaient les Israéliens en octobre 1973. Du coup l’Europe de l’Ouest serait en droit de tout redouter, on nous l’assurait sans ménager nos nerfs. Un officier supérieur belge, le général Robert Close, a même publié un livre sur la question et à son avis les armées du Pacte de Varsovie pourraient être sur le Rhin en moins de 48 heures (L’Europe sans défense ? ; Éditions Arts et Voyages, Belgique). Ce qui fit l’étonnement du ministre ouest-allemand de la Défense, M. Georg Leber, qui répliqua : « Si les blindés russes arrivent sur le Rhin en 48 heures, c’est que la Bundeswehr aura réglé la circulation aux carrefours ! ». Lire les premières lignes

  p. 137-140

Les 3 et 4 mars prochains aura lieu à Paris, dans l’une des salles de conférences de l’Assemblée nationale, un colloque organisé à l’initiative de l’Assemblée de l’Union de l’Europe occidentale (UEO) sous les auspices de sa Commission des questions de défense et des armements. C’est M. Julien Critchley. député britannique conservateur, président de cette commission, qui assurera également la présidence du colloque dont les quatre séances de travail seront consacrées à deux thèmes : Lire les premières lignes

  p. 141-147

La défense antiaérienne des forces : un renforcement progressif Lire les premières lignes

  p. 148-149

La pollution de l’atmosphère par les avions Lire les premières lignes

  p. 150-152

Algérie : cession de vedettes lance-missiles Lire les premières lignes

  p. 153-156

L’Arabie séoudite et l’Afrique Lire les premières lignes

  p. 157-171

Négligeons pour une fois les vaudevilles et les caricatures plus ou moins spirituelles que le cinéma français se croit obligé de présenter périodiquement en prenant pour cible l’armée et ses serviteurs. Des productions comme La Victoire en chantant, qui vilipende les troupes coloniales de 1914, ou Le Jour de Gloire, où les militaires allemands sont sympathiques et les officiers américains naïfs, ne méritent que l’indifférence et l’oubli. En revanche, on retiendra de la programmation de ces dernières semaines le très beau film allemand de Volker Schlöndorff Le Coup de Grâce, adapté d’un roman de Marguerite Yourcenar. Des images judicieusement composées et des extérieurs remarquablement filmés y reconstituent l’atmosphère dramatique qui régnait à la fin de la Première Guerre mondiale dans les pays baltes. Lire les premières lignes

  p. 172-173

* Cette année, nous progresserons en direction de notre objectif ultime, qui est la suppression de toutes les armes nucléaires de la surface de la Terre. Lire la suite

  p. 174-176

Bibliographie

Alain Peyrefitte : Le Mal français  ; Éditions Plon, 176 ; 516 pages - André Nolde

Il y a deux façons de lire ce livre. Lire la suite

  p. 177-178

Alors que Robert Aron s’était attaché à nous montrer les aspects politiques de l’Occupation, de la Résistance et de la Libération, Henri Amouroux commence ici une œuvre de toute aussi longue haleine : huit volumes sont prévus dans cette Grande histoire des Français sous l’Occupation mais qui concerne la vie sociale et culturelle de peuple français de 1939 à la Libération. Cette description rappellera aux « pères » des souvenirs qui les auront marqués à jamais et aux « fils » des faits qu’ils doivent connaître pour comprendre à leur tour l’histoire politique de leur pays. Lire la suite

  p. 178-179

Général Beauvallet : La défense et la paix. Réflexions sur les problèmes de défense  ; Éditions Média, 1976 ; 304 pages - Georges Vincent

Prendre « la défense de la défense », quoi de plus normal pour un officier, surtout s’il a terminé sa carrière comme Secrétaire général de la défense nationale (SGDN), un poste de haute responsabilité dont le titulaire est en quelque sorte le chef d’état-major chargé, pour le compte du Premier ministre dont il dépend directement, de coordonner l’action de tous les ministères en vue de la défense. Le général Beauvallet n’est d’ailleurs pas le premier à avoir ce réflexe. L’an dernier, c’est le général Callet, ancien directeur de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), qui avait plaidé, chez Lavauzelle, pour une « Légitime défense », et plus récemment, c’est son successeur à la tête de cet établissement, le général Etcheverry, qui envoyait, aux éditions France-Empire, une vigoureuse et incisive « Lettre ouverte à ceux qui la ferment ». Noblesse de ton du premier, gouaille du second, autant de styles visant à la même fin : ranimer la foi de nos concitoyens dans leur défense et leur armée. Lire la suite

  p. 179-180

Alain Chalfont : Montgomery of Alamein  ; Plon, 1976 ; 345 pages - J. De

Fascinant ou détestable, chef de guerre charismatique ou systématiquement surfait, le personnage est si difficile à cerner que ses biographes semblent voués à l’hagiographie ou au dénigrement. Comment naviguer entre ces écueils lorsque, difficultés supplémentaires, l’auteur s’attaque à la biographie du vivant du héros et que celui-ci refuse l’accès à ses archives personnelles ? Tels furent quelques-uns des obstacles auxquels se heurta Lord Chalfont. Lire la suite

  p. 180-181

André Corvisier : Armées et sociétés en Europe de 1494 à 1789  ; Puf, 1976 ; 222 pages - J.-P. C.

Destiné, dans sa conception, à un public d’étudiants, l’ouvrage d’André Corvisier profitera en fait au plus grand nombre comme aux spécialistes universitaires et militaires. Professeur à l’Université de Rouen, Vice-président de la Commission française et de la Commission internationale d’histoire militaire, l’auteur connaît admirablement son sujet : son étude s’inscrit dans le renouvellement profond de l’histoire militaire qui a fait sortir celle-ci de « l’histoire-bataille » pour en faire un chapitre privilégié de l’histoire de la société et de l’histoire politique. Lire la suite

  p. 182-182

Moshe Dayan : Histoire de ma vie  ; Éditions Fayard, 1976 ; 617 pages - Angelica Karolyi

Après les Mémoires de Ben Gourion et de Golda Meir, ceux de Moshe Dayan complètent en quelque sorte le tableau des personnages historiques qui ont marqué la vie de l’État hébreu. C’est cependant moins le déroulement d’une carrière pourtant aventureuse que nous suivons, que l’histoire politique et surtout militaire d’une nation et d’un peuple bien souvent malmenés. Né de parents ukrainiens en Israël, Moshe Dayan évolue dès sa jeunesse dans le milieu des « pionniers » des premiers kibboutz. Entré en 1929 dans la Haganah, l’organisation d’autodéfense des juifs de Palestine, il est successivement paysan, maçon, étudiant, mais c’est son entrée dans la carrière militaire, sous les auspices de l’armée britannique, qui oriente définitivement sa vie. Lire la suite

  p. 182-183

Eddy Florentin : Le Havre à feu et à sang  ; Presses de la Cité, 1976 ; 541 pages - Angelica Karolyi

Voici la deuxième édition d’un ouvrage dont l’auteur est déjà réputé pour sa description de la Bataille de Normandie dans Stalingrad en Normandie, La poursuite – opération Paddle et der Rikkmarsch – La retraite de Normandie. Lire la suite

  p. 183-184

Paul Guichonnet et Claude Raffestin : Géographie des frontières  ; Puf, 1974 ; 220 pages - Claude Delmas

« Les frontières découpent l’espace géographique ; elles délimitent le contenu des États et font naître, sur leur tracé et à leur voisinage, une foule de phénomènes politiques, économiques et sociaux ». Plus encore sans doute, « la frontière appartient à ces concepts qui engendrent, presque toujours, des réactions émotives dont se nourrissent les passions nationales, voire nationalistes ». Ainsi posé, le problème des frontières apparaît avec ses deux dimensions majeures : la frontière délimite un État en même temps qu’une communauté humaine qui ne définit pour elle-même au moins autant que pour son cadre juridique. Lire la suite

  p. 184-184

Jacques Lesourne : Les systèmes du destin  ; Éditions Dalloz, 1976 ; 450 pages - Angelica Karolyi

« L’humanité est malade du futur », ainsi commence le livre. Les systèmes du destin dans lequel Jacques Lesourne constate que l’art politique est impuissant à maîtriser l’évolution de l’humanité. Compte tenu des finalités de la politique (sécurité, égalité, efficacité, participation, liberté) et en raison de la vanité des mythes et des idéologies politiques, qu’elles soient de droite ou de gauche, l’auteur recherche « une nouvelle politique qui permette l’autocontrôle de l’histoire humaine ». Lire la suite

  p. 184-186

Raymond du Pavillon : Les dessous de l’expédition de Norvège 1940  ; (préface du général Brunelli, mot du marin du capitaine de vaisseau Oudin) ; Éditions Arthaud, 1976 ; 430 pages - Ch. C.

Ce volumineux ouvrage qui porte sur un épisode relativement bref et peu connu de la « Drôle de guerre » (avril-mai 1940) est l’œuvre d’un témoin et d’un acteur, le colonel du Pavillon, alors capitaine adjoint de la 5e Demi-brigade de chasseurs alpins. Il présente les qualités et les défauts d’un livre de souvenirs. Ces qualités sont nombreuses : le grand nombre de détails vécus qui recréent bien l’atmosphère d’une expédition dans les régions nordiques, sur un théâtre d’opérations périphérique posant de multiples problèmes : problèmes logistiques (importance de la marine, difficultés du ravitaillement, lutte contre le froid et combats en montagne) ; problèmes de coordination entre les états-majors terrestres et navals anglais et français : problèmes de direction à grande distance, qui expliquent les avatars de cette expédition prévue pour aider la Finlande contre l’URSS, réorientée contre Narvik après l’armistice russo-finlandais, pour couper la route du fer, et enfin dirigée sur Namsos (Norvège centrale) pour former l’une des deux branches de la tenaille destinée à s’emparer de Trondheim. Lire la suite

  p. 186-186

Revue Défense Nationale - Mars 1977 - n° 364

Revue Défense Nationale - Mars 1977 - n° 364

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.