Mai 1980 - n° 399

L'auteur a récemment (numéro de janvier 1980 de la revue) publié un article sur la dissuasion française et la stratégie anti-cités où il a cherché à faire justice des remises en cause de la doctrine française de dissuasion. Son but est ici de faire le point de la situation, d'exposer les véritables problèmes que pose l'avenir de nos forces nucléaires et les solutions possibles. Contrairement à ce qui a été avancé par les amateurs de sensationnel, la France ne se trouve pas à la croisée des chemins. La dissuasion nucléaire par une stratégie anti-cités garde toute sa valeur.

  p. 11-20

Nous avpns publié récemment un certain nombre d'articles sur la dissuasion nucléaire, en décembre (colonel Geneste : « De l’anti-cité à l'anti-forces » – général Poirier : « Quelques problèmes actuels de la stratégie nucléaire française »), en janvier (colonel Lewin : « La dissuasion française et la stratégie anti-cités ») et en février (Georges Outrey : « La doctrine stratégique des deux Grands »). Ce sujet peut donc paraître repris ad nauseam. Mais « le risque est si grand qu'il vaut bien que l'on accepte d'y réfléchir à nouveau » et, comme le constate le colonel Lewin, la stratégie nucléaire française est actuellement remise en cause du fait de critiques portant sur la crédibilité et l'efficacité d'une stratégie anti-cités. Lire la suite

  p. 21-32

L'année 1980 est riche en anniversaires. Après Bandoeng (ou Bandung) et le non-alignement, en 1950 le plan Schuman mettait sur pied la Communauté européenne charbon-acier (CECA) dont les institutions devaient fusionner avec celles d'Euratom dans celles de la Communauté économique européenne (CEE) instituée par le Traité de Rome. Trente ans d'histoire européenne se déroulent ainsi devant nous, sous la plume de l'auteur, avec toutes ses difficultés économiques et politiques, mais aussi militaires, avec la Communauté européenne de défense (CED), le traité de l'Atlantique Nord et les avatars de son organisation intégrée, sans compter le poids de l'influence américaine. Nous pouvons ainsi juger de ce qui reste de l'œuvre des initiateurs d'une certaine Europe, et en particulier de celle de Robert Schuman.

  p. 33-45

L'article publié dans notre livraison de mars s'efforçait de déterminer les principaux choix du nouveau gouvernement Conservateur britannique en matière de politique de défense. Jean-François Bureau, Dominique David, Jean Paucot, du Centre d’études politiques de défense (Cépode, Université Paris I Sorbonne), présentent ici le second volet de leur étude. Ils s'efforcent de replacer les décisions actuelles des responsables britanniques dans le cadre plus global du débat sur la défense, mené dans les formations politiques du Royaume-Uni.

  p. 47-62

L'auteur revient d'un voyage en Algérie. Ce sont donc des impressions prises directement sur place dont il nous fait part, avec toute son expérience des pays musulmans, mais aussi sa bienveillance et son amitié pour tout ce qui est l'Islam.

  p. 63-76

Il y a quelque temps, l'ambassade de Chine populaire à Paris a fait projeter un film appelé L'Orient est rouge, immense opéra à la gloire de Mao Zedong. À la fin de ce film, on voit les « nationalités » chinoises venir faire hommage au « Grand Timonier », et l’on constate alors que ce sont les mêmes que celles que l’on trouve en Union Soviétique. Ces nationalités, ce terme étant entendu au sens soviétique, sont-elles pour l'URSS source de faiblesse, comme le laisse entendre Mme Carrère d'Encausse dans « l'Empire éclaté », ou source de force comme le suppose Victor Louis par l'action qu'elles permettent dans la Chine d'aujourd'hui ? Il est bien difficile de savoir quel est celui qui est le mieux placé, du Soviétique ou du Chinois, pour créer des ennuis à l'autre, dans une situation assez symétrique, où des peuples ont été coupés en deux par l'histoire. Lire la suite

  p. 77-82

Le si complexe problème de la violence suscite actuellement des études renouvelées sur le plan de la psychologie, de la sociologie et de la philosophie. Les recherches théologiques et les Églises ne peuvent pas ne pas en tenir compte. L'interrogation de la Bible qui est ainsi suscitée permet d'ouvrir des horizons nouveaux. L'article qui suit est le texte d'une conférence qui a été donnée à la Rencontre annuelle des élèves des grandes écoles militaires organisée par l'Aumônerie catholique à Coëtquidan (8-9 décembre 1979). Il a semblé qu'il pourrait stimuler la réflexion de nos lecteurs, quelle que soit leur appartenance religieuse ou philosophique.

  p. 83-99

L'auteur, en étudiant les problèmes posés à l'Europe par la technologie, montre dans un premier temps que le grand risque encouru par l'Europe occidentale est celui du sous-développement. C'est l'objet de l'article que l'on va lire, qui se termine par une interrogation : un tel avenir est-il inéluctable ? Un second article, dans le numéro de juin, répondra de manière plus optimiste en donnant nos raisons d'espérer.

  p. 101-114
  p. 115-120

Le monde moderne n 'a pas fini de produire des sigles plus ou moins transparents. La CAO ou « conception assistée par ordinateur » est un des plus récents et a eu, au début octobre 1979, les honneurs de la télévision française. Il s'agit en pratique de l'emploi systématique de moyens informatiques très développés permettant de concevoir les projets les plus divers et même, dans le cas des pièces mécaniques, de les fabriquer. Allons-nous vers une automatisation de la conception et de la fabrication de ces pièces ? C'est ce que nous explique l'auteur, avec en vue le matériel militaire.

  p. 121-132

Chroniques

La lutte armée qui, fin mars, opposait au Tchad les forces de M. Hissène Habré à celles de M. Goukouni Oueddeï a mis une nouvelle fois en lumière l’une des données majeures de bon nombre de problèmes africains : il n’a pas suffi que les limites administratives de l’époque de la colonisation deviennent des frontières d’États pour que les unités juridiques ainsi créées correspondent à des réalités humaines. Les « sudistes », chrétiens ou animistes, et les nomades musulmans du Nord n’ont pas le sentiment d’appartenir à une même nation même si, en tant que Nation-État, le Tchad est membre des Nations unies. Lire les premières lignes

  p. 133-137

Créée en 1960, l’Allied Mobile Force (AMF) est une grande unité aéroterrestre internationale placée sous l’autorité du Commandant suprême allié en Europe (SACEUR) et prévue pour intervenir en priorité sur les flancs nord ou sud du théâtre européen. L’AMF constitue le seul élément dont dispose Saceur dès le temps de paix. Son intérêt majeur réside dans la brièveté des délais nécessaires à sa mise en place. L’AMF, a deux composantes, terrestre, l’autre aérienne. Lire les premières lignes

  p. 138-142

Nous passons, en France, pour avoir le goût des idées claires : la détente en était une mais la voilà compromise par certaines initiatives soviétiques ; la dissuasion en est une autre mais ne serait-elle pas remise en cause par révolution des arsenaux nucléaires ? Du coup la presse foisonne d’études sur les problèmes de Défense. Cela va de la philosophie militaire à l’arme à radiation renforcée, sans omettre la protection civile avec laquelle nous allèchent des annonces assez peu sérieuses. Lire les premières lignes

  p. 143-146

• Le numéro de mars 1980 de la revue américaine Armed Forces Journal contient un article de M. Melvin Laird, ancien secrétaire de la Défense, faisant une étude détaillée de la situation du personnel des forces armées des États-Unis. Lire les premières lignes

  p. 147-152

Lorsqu’en 1975 le Gouvernement décida que le successeur du Dassault Mirage III serait un monomoteur et non pas le biréacteur projeté sous le nom d’Avion de combat futur (ACF) qu’aurait aimé avoir l’Armée de l’air, il prit par là même un pari qui n’était pas gagné : celui du développement par l’industrie française d’un radar efficace en dépit d’un diamètre réduit imposé par son logement dans le nez d’un monomoteur. Or, à cette époque, rien ne garantissait que nos ingénieurs sauraient construire un radar aussi compact tout en étant aussi performant que celui de surface d’antenne à peu près double dont le biréacteur ACF eut autorisé le montage. Lire les premières lignes

  p. 153-157

L’apparition d’équipements, de matériels et de munitions de plus en plus complexes, sophistiqués et onéreux et l’apport récent et considérable de l’audiovisuel et de l’informatique dans le développement des aides pédagogiques ont conduit l’Armée de terre à définir une nouvelle politique des moyens d’instruction. Lire les premières lignes

  p. 158-162

Le Commandement du transport aérien militaire (Cotam) a mis en vigueur, voici 1 an et demi, un nouveau cycle de formation de ses pilotes. Dans quelques semaines seront récoltés les premiers fruits de cette évolution assez fondamentale. Sortiront alors, en effet, du Centre d’instruction des équipages de transport (CIET) de Toulouse-Francazal, les premiers chefs de bord issus de la nouvelle progression. Lire les premières lignes

  p. 163-166

Les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) regroupent trois ensembles d’îles : les îles Crozet, les îles Kerguelen, les îles Saint-Paul et Amsterdam sur lesquelles sont implantées des bases permanentes de recherche scientifique ; elles sont situées entre 5 et 8 jours de mer de la Réunion, entre les latitudes 40 et 50 Sud. Lire les premières lignes

  p. 167-171

On parle peu du Soudan dans la presse française. Pourtant, l’étude de ce pays relativement stable ne manque pas d’intérêt dans la période troublée que traverse actuellement la partie du continent africain où il se trouve placé. Cet intérêt repose sur plusieurs caractéristiques d’un État qui, comme la plupart des pays d’Afrique, a été construit pour perpétuer une occupation étrangère sans qu’il eût été tenu compte des réalités géographiques et ethniques. Territoire le plus étendu d’Afrique, il s’étend de l’Égypte, au nord, jusqu’au Kenya, à l’Ouganda et au Zaïre, au Sud, et de la mer Rouge, de l’Érythrée et de l’Éthiopie, à l’est, jusqu’à la République centrafricaine (RCA), au Tchad et à la Libye, à l’ouest. La vallée où confluent les deux Nils, venus respectivement des montagnes abyssines et du lac Victoria, lui donne une certaine unité ; elle constitue la partie la plus peuplée, la plus active et la plus riche du pays. Le reste de la population se répartit par groupes relativement homogènes dans les savanes et les zones désertiques mais, au-delà du Bahr el-Ghazal, qui se présente un peu comme une frontière naturelle, des tribus plus denses vivent relativement isolées et s’apparentent à celles de l’Ouganda, du Zaïre et de la RCA voisins. La personnalité soudanaise a été soigneusement modelée par le colonisateur qui tenait surtout, au début du siècle, à éviter une expansion vers le sud d’une Égypte aspirant depuis longtemps à parfaire son indépendance. Profitant de l’esprit particulariste dont le mahdisme avait doté l’islam des populations noires du centre, les Britanniques ont voulu que la nation soudanaise fût le point de rencontre de 3 types de civilisation, la vallée du Nil, et plus particulièrement la Guezireh (la Guezireh, îles en arabe, est l’espace entre Nil Blanc et Nil Bleu, près de leur confluent, à Khartoum) fertile, devant être, avec le temps, le foyer de leur amalgame, les musulmans du Nord imprégnés de culture égyptienne, les musulmans du centre soucieux d’exprimer leur négritude, les populations animistes du Sud qui, par méfiance à l’égard de leurs voisins du Nord, se montraient plus sensibles au prosélytisme chrétien qu’à l’islam. Les Britanniques ont souvent utilisé ce découpage ternaire dans les États qu’ils administraient en Afrique. Ils y trouvaient l’intérêt non seulement de se placer en arbitres d’influences divergentes mais aussi, à l’époque où subsistaient les rivalités coloniales, de faire de chaque région dont on flattait les particularismes, des centres de rayonnement, voire de regroupement, pour les populations apparentées voisines. Lire les premières lignes

  p. 172-178

Le début de la nouvelle saison cinématographique a connu une abondance inaccoutumée d’œuvres dans lesquelles les affaires militaires interviennent d’une manière non négligeable. Pas moins de huit films ont attiré l’attention de ceux qui observent avec ferveur l’évolution des militaires sur les écrans des salles obscures. Admiration, satisfaction (ou plus exactement autosatisfaction) et contestation, c’est ainsi que l’on peut résumer les sentiments exprimés au cours de ces derniers mois par les cinéastes qui ont consacré des œuvres aux problèmes militaires. Lire les premières lignes

  p. 179-181

* La France a un rôle à jouer dans le monde et ne devrait pas se contenter du seul cadre de l’Europe, sauf à renoncer à remplir dans la communauté internationale les responsabilités que nous revendiquons pour notre patrie… Nous ne saurions enfermer la France dans une nouvelle ligne Maginot, même nucléaire… Les forces armées sont là, bien sûr, pour défendre l’intégrité du territoire national, la liberté des Français, mais elles sont là aussi pour soutenir la politique étrangère de notre pays. Lire la suite

  p. 182-183

Bibliographie

Bertrand Goldschmidt : Le complexe atomique  ; Éditions Fayard, 1980 ; 480 pages - Armand Boussarie

Document considérable par le sujet traité, par la qualité de l’exposition, par l’inventaire exhaustif des problèmes soulevés au plan mondial qu’il présente, par l’intelligence et la compétence de l’auteur, Le complexe atomique ne pouvait être valablement écrit en France que par Bertrand Goldschmidt. Jeune et brillant chimiste, collaborateur de Joliot dès 1934, associé ainsi aux premiers balbutiements de la désintégration atomique, il n’a cessé depuis, en effet, de demeurer au cœur, ou à la tête, de l’aventure qu’elle allait engendrer. Lire la suite

  p. 184-185

Dominique Lapierre et Larry Collins : Le cinquième cavalier  ; Éditions Robert Laffont, 1980 ; 462 pages - Emmanuel Hublot

Les auteurs des « récits historiques » captivants que furent Paris brûle-t-il ?, Ô Jérusalem et Cette nuit la liberté nous donnent aujourd’hui un passionnant roman d’« histoire-fiction de demain ». La bombe nucléaire y joue le rôle capital, comme elle l’a fait dans d’autres ouvrages appartenant à ce même genre littéraire, tels La 3e guerre mondiale de Sir John Hackett et La 6e colonne de « François », dont la revue a rendu compte dans ses numéros de février et de mai 1979. Lire la suite

  p. 185-186

Le sous-titre : Anthologie historique de la Longue marche à nos jours, situe mieux que le titre, malgré son pluriel, l’objet et les limites dans le temps de cet ouvrage important, le premier de cette catégorie édité en langue française, à notre connaissance. Lire la suite

  p. 186-187

Pierre Georges : Le Québec  ; Puf, 1979 ; 127 pages - Emmanuel Nolde

L’auteur décrit le Québec, son aspect physique, son peuplement. Il relate comment cette province, malgré la stagnation qui l’a longtemps caractérisée, se modernise à pas de géant, et comment, fidèle à ses origines françaises, elle cherche à affirmer sa personnalité propre. Il ne dissimule pas les difficultés auxquelles se heurtent encore les aspirations québécoises malgré les atouts considérables dont dispose le pays. Lire la suite

  p. 187-187

Revue Défense Nationale - Mai 1980 - n° 399

Revue Défense Nationale - Mai 1980 - n° 399

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.

Revue Défense Nationale - Mai 1980 - n° 399

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