Octobre 1980 - n° 403

  p. 15-24

Défense Nationale a publié, en août-septembre 1978 (contre-amiral Sevaistre, « La dissuasion : théorie ou situation de fait ») et en février 1980 (Georges Outrey, « Les doctrines stratégiques des deux Grands ») deux articles sur des sujets assez voisins. Ces deux articles présentaient le même inconvénient, celui de ne faire référence qu'à des travaux américains ou à des traductions américaines de documents soviétiques. Le groupe d'étude et de recherches sur la stratégie soviétique, qui dépend de la Fondation pour les études de défense nationale, a le très grand avantage et le très grand mérite de puiser directement aux sources soviétiques les plus autorisées et les plus connues. Son sujet est également plus étendu puisqu'il traite également de la doctrine française de dissuasion. Lire les premières lignes

  p. 25-44

L'étude que l'on va lire n'exprime que l'opinion personnelle de son auteur. Il nous livre ses réflexions sur l'évolution du sous-marin et les progrès accomplis par ses ennemis naturels, bâtiments de surface, aéronefs, autres sous-marins, ce qui le conduit à l'examen de la guerre que se livreraient ces deux catégories de moyens. Dans cette lutte, il existe des dissymétries fondamentales, mal connues des non-spécialistes. Un sous-marin comme un SNLE, qui se dérobe continuellement, est pratiquement indétectable s'il est situé dans un espace maritime suffisamment vaste. Un sous-marin qui doit être offensif, comme un sous-marin d'attaque, commet des indiscrétions et manifeste sa présence. Il devient alors vulnérable. Quoi qu'il en soit, il faut bien convenir, avec l'auteur, que de nouveaux domaines sont ouverts à la stratégie maritime, même si on peut discuter tel ou tel point de sa démonstration.

  p. 45-57

L'article que l'on va lire est une version revue et mise à jour d'une étude parue en langue allemande dans un recueil intitulé Friede durche zusammenarbeit in Europa [La paix par la coopération en Europe] de Hansjurgen von Kries, président du Politicher Club (Berlin Ouest), et qui rassemble des communications faites par une vingtaine de politologues et experts des questions européennes de l’Est et de l'Ouest, ainsi que des neutres et des non-alignés, sur divers aspects de la coopération en Europe. Pour les lecteurs de la revue, cet article vient en son temps, avant la réunion de Madrid des signataires de l'Acte final d'Helsinki de novembre prochain. Lire les premières lignes

  p. 59-77

Au-delà des premières réactions sur le problème polonais, oscillant entre l’espoir de liberté et la peur de déranger l’ordre établi, l'auteur, de retour de Pologne tente de démonter les mécanismes déterminants des évolutions possibles d’une situation qui ne peut être comparée aux précédents de la Tchécoslovaquie ou de la Hongrie. L’URSS, sans doute consciente que les chars ne résoudraient rien, parait hésiter sur la conduite à tenir, n’ayant pas encore pris toute la mesure des conséquences politiques et sociales de la carence économique. Des mouvements de grève sporadiques, apparemment liés à la hausse de certains prix, on est passé en Pologne à un bouleversement social dont l’ampleur et les conséquences ne peuvent être encore aujourd’hui imaginées. Lire les premières lignes

  p. 79-93

Les Français ont une notion de la détente qui leur vient très directement de l'emploi qu'a fait de ce mot le général de Gaulle. Les Américains le ressentent d'une manière qui parait assez différente. On peut penser cependant qu'il s'est usé et qu'il sera remplacé par une nouvelle forme de la « guerre froide » ou de la « coexistence pacifique », selon le degré de chaleur des relations Est-Ouest. À chaque période correspond un nouveau vocable qui fait fortune puis disparait au bout d'un certain temps, mais bien souvent ce qu'il désignait reste valable, au moins partiellement.

  p. 95-111

L'ONU a envoyé une force internationale au Sud-Liban à la suite de l'invasion israélienne de mars 1978. Cette quatrième opération de maintien de la paix dans la région est originale par bien des traits, la Force intérimaire étant confrontée sur le terrain à des réalités politiques très complexes. Dans la mesure où cette initiative, due avant tout à la diplomatie américaine, ne peut être isolée d'un processus général plus ou moins en cours au Proche-Orient, elle revêt une importance majeure. Encore faut-il démêler un écheveau redoutable… Lire les premières lignes

  p. 113-129
  p. 131-137
  p. 139-142

Chroniques

Aucun des problèmes internationaux qui se posaient durant l’été n’a reçu une solution, et l’automne s’ouvre dans une inquiétude accrue. L’approche des échéances électorales aux États-Unis, en République fédérale et en France, les difficultés économiques de Mme Thatcher et plus généralement la crise qui frappe le monde occidental constituent autant d’hypothèques qui pèsent sur le jeu diplomatique. Lire les premières lignes

  p. 143-146

La tentative de libération des otages de Téhéran a attiré l’attention sur les composantes des forces d’intervention dont disposent les États-Unis : Lire les premières lignes

  p. 147-149

• Dans le domaine stratégique, l’événement majeur de cet été, qui s’achève sous le signe de la révolte des travailleurs en Pologne, a été la « Directive présidentielle n° 59 » signée le 25 juillet par l’hôte actuel de la Maison-Blanche – un document qui entérine la stratégie anti-forces, depuis longtemps connue des états-majors mais que la presse a néanmoins présenté comme un virage dans les conceptions américaines en matière de défense. Lire les premières lignes

  p. 150-153

• La revue mensuelle Le spectacle du monde, dans son numéro de juillet 1980, contient un article de Jacques Isnard sur l’arsenal nucléaire de la France. Dans cet article, M. Isnard fait état d’un certain consensus sur une augmentation du budget militaire qui se traduit en particulier par les propositions du rapport Daillet de l’UDF (Union pour la démocratie française) et le rapport Aurillac du RPR (Rassemblement pour la République) qui proposent tous les deux de porter ce budget à 4 % du PNB (Produit national brut). Lire les premières lignes

  p. 154-157

Notre confrère, La Nouvelle Revue Maritime, a révélé dans son numéro de janvier 1980 les grandes lignes d’un plan naval d’équipement à long terme de la Marine nationale, établi sur la base du volume d’équipement naval continu défini en juin 1978 par le président de la République. Il s’agit là d’un document propre au Conseil de défense et à l’État-major de la Marine destiné à orienter les décisions à prendre et les choix des matériels correspondants, pour faire suite, en ce qui concerne les forces navales, à la loi de programmation 1977-1982, en vue de les préparer à l’horizon de l’an 2000. Lire les premières lignes

  p. 158-162

L’Armée de terre vient de diffuser nominativement à chaque officier de l’Armée de terre, du grade de général à celui de capitaine inclus, un document d’une quarantaine de pages intitulé « L’exercice du commandement dans l’Armée de terre ». Cet ouvrage synthétise et complète l’ensemble des documents écrits et filmés parus depuis quelques années sur le sujet. Il se propose d’être un guide d’action dans lequel chacun peut puiser, suivant sa personnalité et selon le niveau auquel il est placé, le ferment d’une réflexion qui, conduite avec sérénité et volonté, doit forger des chefs dignes de leur temps et aptes à accroître la capacité opérationnelle de l’Armée de terre. Lire les premières lignes

  p. 163-166

Le parc des avions-écoles de l’Armée de l’air est en pleine évolution. Déjà l’Alphajet a été mis en service à l’école de chasse de Tours et il remplacera bientôt les Lockheed T-33 Silver Star et Mystère IV vieillissants qui arrivent au terme d’une carrière particulièrement longue et bien remplie. De même les MD-312 Flamant qui ont vu se former des générations de pilotes de transport depuis 25 années à Avord, appellent dans les prochaines années le successeur que leur âge impose. Lire les premières lignes

  p. 167-171

La formation du personnel dans chaque spécialité a été jusqu’ici acquise essentiellement, à trois niveaux différents, qui jalonnent sa carrière : Lire les premières lignes

  p. 172-176

Le comportement des pays africains à l’égard des problèmes sahraoui et namibien est différent malgré les évidentes analogies qui caractérisent ces affaires. Placés symétriquement dans chaque hémisphère, Sahara et Namibie présentent, en bordure de l’Atlantique, les mêmes aspects climatique et géographique. En second lieu, trois pays africains se déchirent à propos du Sahara : Maroc, Algérie, Mauritanie, avec une action moins visible de la Libye dont le jeu n’est pourtant pas négligeable. En ce qui concerne la Namibie, trois pays africains sont également en cause : Afrique du Sud, Angola, Zambie, avec, en arrière-plan, un groupe d’États moins impliqués dont le plus actif est la Tanzanie. Dans chacun des cas, l’ONU (Organisation des Nations unies) est directement concernée mais de manière différente : la Namibie est un territoire que l’Organisation internationale a confié à la tutelle de Pretoria, à charge de le conduire à l’indépendance, échéance que ce gouvernement a toujours différée ; le Sahara n’a pas obtenu sa libération suivant le processus fixé par l’Organisation puisque sa situation actuelle est le fruit d’un accord conclu par l’ancienne puissance coloniale et deux sur trois des États qui l’entourent, les plus directement intéressés, il est vrai. Autre analogie : le Sahara, par ses ressources en phosphates, complémentaires des gisements marocains, permettrait à Rabat « de jouer un rôle déterminant dans la fixation des prix de cette matière première » ; le maintien dans l’orbite sud-africaine de la Namibie, dont les richesses minières ont été soigneusement recensées, maintiendrait l’Afrique du Sud pour longtemps au premier rang des fournisseurs de produits essentiels au développement énergétique et industriel du monde occidental. Lire les premières lignes

  p. 177-183

Venant après Apocalypse Now et Voyage au bout de l’enfer, le film de Samuel Fuller The Great Red One (Au-delà de la gloire) ne pouvait évidemment ni surprendre, ni provoquer d’aussi importants mouvements d’opinion. Le cinéaste américain, qui s’est toujours distingué par l’originalité de ses conceptions humanistes et artistiques, a porté à l’écran le livre de souvenirs qu’il avait écrit sur ses pérégrinations de combattant pendant la Seconde Guerre mondiale. Tous les faits présentés dans le film sont donc rigoureusement authentiques et nous ne les mettrons pas en doute. Reste que la réalisation proprement dite de Samuel Fuller a déçu de nombreux spectateurs, habitués à un réalisme cinématographique plus rigoureux. Lire les premières lignes

  p. 184-185

* Directive présidentielle n° 59 : sous cette référence le président Carter a fixé, le 25 juillet, ce qu’il est convenu d’appeler la nouvelle stratégie nucléaire américaine. Cette initiative a été révélée par le New York Times le 6 août. Selon cette directive les forces armées des États-Unis devraient être capables d’effectuer des tirs nucléaires limités sur les silos de missiles, les installations militaires et les concentrations de troupes soviétiques. Elle préconise aussi aux forces nucléaires américaines le tir sur les abris où pourraient se tenir les dirigeants soviétiques. Lire la suite

  p. 186-187

Bibliographie

W. Howard Wriggins et Gunnar Adler Karlsson : Le dialogue Nord-Sud et la réduction des inégalités  ; Économica, 1980 ; 152 pages - Eugène Berg

Dans le cadre du projet « Horizon 90 » le Conseil des Relations extérieures de New York a commandé une série d’études à différents experts. Ce volume, paru aux États-Unis en 1978, s’intègre dans l’ensemble de réflexions visant à lancer une action directe dans le but d’éliminer l’extrême pauvreté. Il regroupe deux études au demeurant inégales. Lire la suite

  p. 188-188

François Valentin : Une politique de défense pour la France  ; Éditions Calmann-Lévy, 1980 ; 210 pages - Emmanuel Hublot

Pour tous ceux qui suivent les questions de défense, c’est un événement marquant que la parution du petit livre où le général Valentin donne ses réflexions sur la défense de la France. Je ne pense pas qu’il y ait un secteur de celle-ci qui ne lui soit familier en raison de la variété des emplois importants où il a eu à résoudre, et non pas seulement à étudier, des problèmes concernant les armes de la Nation, leur réalisation, leur mise en œuvre et leur emploi, dans les circonstances et avec les environnements les plus divers, en tenant compte des différents facteurs politiques, diplomatiques, scientifiques, économiques, technologiques, sociologiques et psychologiques. Lire la suite

  p. 188-189

Marie Lavigne : Les économies socialistes soviétiques et européennes  ; Éditions Armand Colin, 1979 ; 434 pages - Eugène Berg

L’un des meilleurs spécialistes français et internationaux des économies socialistes, auteur de nombreux ouvrages et articles sur cette question dont le remarqué Les relations économiques Est-Ouest (Puf, 1979), a revu et mis à jour son manuel chez Armand Colin. L’analyse approfondie des structures des économies socialistes qui s’appuie sur les sources officielles les plus solides, passées au crible d’une critique pertinente, la description fouillée des mécanismes de fonctionnement de ces économies et leur insertion progressive dans les échanges mondiaux font de cet ouvrage méthodique et précis le seul ouvrage en France à présenter synthétiquement et clairement l’économie de l’URSS et des pays socialistes européens. Lire la suite

  p. 190-190

Philippe Decraene : Le Mali  ; Puf, 1980 ; 122 pages - Olivier Sevaistre

Cet excellent petit livre, œuvre d’un spécialiste de l’Afrique occidentale, est une monographie très claire et très précise sur un pays qui, sous le nom de Soudan, ancienne partie de la fédération d’Afrique occidentale – l’AOF – évoque pour nous les noms de René Caillé, Samory, Faidherbe, Galliéni, Gouraud, Joffre. Grand deux fois comme la France, avec ses 6 millions d’habitants, le Mali, transition entre le désert et la forêt, est situé à la charnière du monde arabo-berbère et du monde négro-africain. Lire la suite

  p. 190-191

Jacques Jourquin (présentation et annotations) : Souvenirs du commandant Parquin  ; Éditions Tallandier, 1979 ; 422 pages - André Nolde

L’époque est déjà lointaine où tout ce qui avait trait à l’épopée impériale – récits, recueils d’anecdotes, souvenirs, mémoires, recherches savantes, etc. – passionnaient indifféremment jeunes, adultes et vieux dans notre pays. Quelle est la vieille demeure française qui ne contienne dans sa bibliothèque des rayons entiers où s’alignent des volumes, presque toujours soigneusement reliés, consacrés au Consulat et à l’Empire : Thiers, Henry Houssaye, Louis Madelin, général Marbot, capitaine Coignet et tant d’autres ? Ils sont aujourd’hui bien souvent recouverts de poussière et c’est vraiment dommage ! La présente réédition des Souvenirs du commandant Parquin, nous rappelle opportunément que cet oubli nous prive d’un très réel plaisir. Lire la suite

  p. 191-192

Ernest Champeaux : Écrits de combat  ; Éditions La Pensée Universelle, 1979 ; 150 pages - Armand Boussarie

L’auteur a rassemblé dans ce petit livre une trentaine d’articles écrits de 1970 à 1976, parus pour la plupart dans Combat, et complétés par quelques inédits. Tous traitent d’une Défense nationale étudiée à la fois à travers ses principes et les exigences actuelles de sa mise en œuvre, le maître à penser avoué de Champeaux étant Charles Péguy. Lire la suite

  p. 192-192

Maryvonne Miquel : Quand le bon Roi était en Provence  ; Éditions Fayard, 1979 ; 331 pages - André Nolde

Ce recueil d’anecdotes, tirées de l’histoire de la Provence et accessoirement de son folklore, nous convie à une plaisante et instructive recherche du temps perdu. L’époque est celle du Roi René (1408-1480), dernier descendant direct de la fameuse famille d’Anjou, qui avait conquis jadis le royaume de Naples et hérité du Comté de Provence. Le récit commence en 1447, lorsque René, ayant abandonné les prétentions de sa famille sur Naples, s’étant installé en Anjou, fait connaissance avec son fief provençal, s’en éprend, y séjourne de plus en plus souvent, pour finalement ne plus le quitter pendant les huit dernières années de sa vie. Lire la suite

  p. 192-193

Valentin Raspoutine : L’adieu à l’île  ; (traduit du russe par Irène Tenèze et Jeanne Toscane) ; Éditions Robert Laffont, 1979 ; 269 pages - Michel Jan

Valentin Raspoutine est né à Oust-Oud, sur l’Angara, en Sibérie. En Union soviétique, son œuvre, romans et nouvelles, a un succès immense. Peut-être est-ce, entre autres, parce que dans le cœur de beaucoup de Russes, la Sibérie occupe une place à part. L’auteur est un écrivain « de l’intérieur » et son roman nous apporte une vision différente mais complémentaire de celle des dissidents. Elle mérite tout autant notre attention. Elle nous conduit dans un univers qui nous semble proche, par la profondeur des sentiments de détresse ou d’angoisse des villageois, devant la fuite du temps, l’inévitable disparition d’un monde traditionnel, et par une admirable sensibilité aux plus subtils changements de la nature sibérienne. Lire la suite

  p. 193-193

Revue Défense Nationale - Octobre 1980 - n° 403

Revue Défense Nationale - Octobre 1980 - n° 403

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.

Revue Défense Nationale - Octobre 1980 - n° 403

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