Avril 1982 - n° 420

L'industrie d'armement a pour but essentiel de fournir aux armées les moyens dont elles ont besoin mais, en même temps, elle s'insère dans une politique industrielle qui doit tenir compte non seulement des impératifs de la défense militaire, mais aussi des nécessités propres à l'économie et à la vie sociale de la nation. Elle pose donc de difficiles problèmes, et les solutions retenues ont varié dans le temps et ne sont pas uniformes. C'est cette diversité, d'abord d'ordre juridique, que nous expose l'auteur. On doit ajouter que le Premier ministre du précédent gouvernement (Raymond Barre), dans un esprit sensiblement différent des considérations développées dans le présent article, avait créé une commission interministérielle de concertation (Défense, Industrie, Transports, PTT, Recherche) chargée de « mieux insérer la commande publique d'armement dans la stratégie industrielle nationale et d'harmoniser dans ce domaine les actions menées par les différents ministères intéressés ».

  p. 5-30

L'auteur, qui a écrit de nombreux ouvrages sur l'Union soviétique et les pays de l'Est, est particulièrement qualifié pour analyser ce qui a constitué la politique de l'URSS vis-à-vis de l'Allemagne ou, comme il le dit lui-même, des deux Allemagnes depuis 1945, et même avant, car tout s'enracine dans l'histoire.

  p. 31-42

Le bassin oriental de la Méditerranée n'a pas fini de nous étonner, et il en est ainsi depuis les Pharaons, mais l'achèvement de l'évacuation du Sinaï, qui doit avoir lieu le 25 avril 1982, attire notre attention sur la situation de l’Égypte sous le gouvernement d'un homme qui est encore pour nous un inconnu, le général Moubarak. L'auteur cherche à nous montrer son action et ses difficultés dans ce pays attachant et les problèmes qui se posent à lui dans l'immédiat pour ses relations avec Israël et le monde arabe. Lire les premières lignes

  p. 43-60

Cet article est traduit de l'anglais. Son auteur est une spécialiste britannique des problèmes maritimes et de maîtrise des armements : elle a en particulier écrit, en collaboration avec Viktor Sebek, un article paru dans Survival de novembre-décembre 1978, intitulé : « Red seas, blue se as: Soviet uses of ocean law » (Mers rouges, mers bleues : l'emploi du droit de la mer par les Soviétiques – dans le jargon des stratèges d'outre-Manche, une « blue seas navy » est une marine de haute-mer). Elle a également travaillé avec le groupe des eaux nordiques du Chatham House écossais qui a tenu, en septembre 1980, un colloque international avec le Centre d'études de défense de l'Université de Aberdeen.

  p. 61-68

En mars 1981, le Comité d'études de défense nationale (CEDN), dont la revue est l'organe d'expression, avait organisé une réunion-débat sur les « menaces sur les puits du Golfe », dont notre numéro de juillet a rendu compte. Ce même numéro donnait en complément une communication de l'amiral Labrousse sur les « enjeux et défis dans le Golfe et l'océan Indien » faite dans un colloque de la Fondation du futur, et un article de M. Peter Berger sur « la force à déploiement rapide et la stratégie américaine dans le Golfe ». Lire la suite

  p. 69-82

Nous arrivons au troisième volet de l'étude consacrée par l'auteur à l'Inde, ce pays à la fois immense et surpeuplé, péninsule occupant une position centrale dans l'océan Indien. Mais le pays de Gandhi est maintenant une puissance militaire de premier ordre et vit dans un voisinage inconfortable avec des voisins difficiles.

  p. 83-99

Depuis la révolution étudiante d’octobre 1973, la Thaïlande vit dans une perpétuelle instabilité politique. Les coups d’État se succèdent les uns aux autres, et aucun Premier ministre n’a pu demeurer longtemps en place. Les forces armées sont divisées en de multiples clans de généraux et une nouvelle vague de jeunes colonels, appelés les Jeunes Turcs, réclament des réformes, même si elles doivent être imposées par la violence. Fait encore plus nouveau, des généraux ont constitué le groupe dit « des soldats démocratiques », dont le programme est véritablement très à gauche. Lire les premières lignes

  p. 101-111

Polarisés par nos problèmes européens, ou proches de l'Europe, nous oublions trop souvent cet espace maritime immense constitué par l'océan Pacifique, qui joint quatre continents et des pays aussi importants que les États-Unis, l'Union soviétique, la Chine et le Japon. L'auteur vient, très à propos, attirer notre attention sur cette partie du monde qui tend à voir ses dimensions se réduire avec les moyens de transport modernes, aériens et maritimes.

  p. 113-120

La Fondation du Futur, que préside M. Jacques Baumel, organisait le 25 janvier 1982 un colloque franco-allemand, ambitieusement intitulé : Où va l’Allemagne ? Ouvert par M. de Guiringaud, il réunissait, en face de MM. Alfred Grosser et Joseph Rovan, éminents praticiens des rapports France-Allemagne, quatre professeurs venus de RFA, MM. Becker, Fetscher, Sontheimer et Von Thadden. On me pardonnera de ne pas donner ici un compte rendu précis et détaillé des débats, que les lecteurs intéressés pourront se procurer auprès de la Fondation, et de me limiter à quelques idées glanées au cours d’une longue écoute. Lire les premières lignes

  p. 121-124
  p. 125-132
  p. 133-139
  p. 141-144

Chroniques

Tandis que se poursuivait la « normalisation » en Pologne, la Conférence de Madrid, chargée, après celle de Belgrade de 1977, de dresser le bilan de la mise en œuvre de l’Acte final de celle d’Helsinki de 1975. Se déroulait dans l’indifférence, les négociations de Genève sur les armements stratégiques et celles de Vienne sur les réductions « mutuelles et équilibrées » des forces en Europe restaient enlisées dans des considérations techniques et hypothéquées par les nouvelles tensions internationales. Lire les premières lignes

  p. 147-148

• La revue américaine Foreign Affairs, dans son numéro d’hiver 1981/1982, publie, parmi beaucoup d’autres articles intéressants, une étude intitulée « MAD versus NUTS », dont les auteurs sont deux universitaires, Spurgeon M. Keeny Jr et Wolfgang K.H. Panofsky, ayant occupé des positions officielles. Lire les premières lignes

  p. 149-152

Aussi bien la Conférence de Genève sur les armes eurostratégiques (1981) que celle de Madrid sur la sécurité en Europe (1980) n’ont guère tardé à se fourvoyer dans la propagande. À Genève, les deux négociateurs s’étaient jurés de respecter le secret du huis-clos : or Moscou et Washington en vinrent rapidement à étaler au grand jour leurs suggestions, à l’étonnement des observateurs. À Madrid, les pays de l’Est eurent recours à la procédure pour s’éviter les joutes oratoires de l’Occident à propos de la Pologne. Lire les premières lignes

  p. 153-156

Après les manifestations neutralistes qui ont eu lieu en Allemagne de l’Ouest, en particulier le 10 octobre 1982, le communiqué publié le jeudi 25 février 1982, après la rencontre au Sommet entre le président de la République française et le chancelier de la République fédérale d’Allemagne (RFA), vient apporter un réconfort très marqué (voir Le Monde du samedi 27 février 1982). Lire les premières lignes

  p. 157-162

Les conditions dans lesquelles le Chef d’état-major des armées (Cema) pouvait se voir nommé chef d’état-major général des armées et les attributions qui devenaient alors les siennes avaient fait l’objet d’un décret en 1971 (Décret n° 71-992 du 10 décembre 1971, relatif au commandement des opérations dans les circonstances prévues aux articles 2 et 6 de l’ordonnance du 7 janvier 1959 portant organisation générale de la défense). Un autre décret paru en 1975 et modifié en 1979 (Décret n° 75-144 du 10 mars 1975), fixant les attributions des chefs d’états-majors en temps de paix (modifié par décret n° 79-117 du 6 février 1979) avait fixé les attributions pour le temps de paix des chefs d’état-major et défini le rôle du comité des chefs d’état-major et des conseils supérieurs. La synthèse et l’actualisation de ces divers textes s’imposaient. Elles viennent d’être réalisées par le décret n° 82-138 paru au journal officiel du 9 février 1982. Sans vouloir nous livrer à une exégèse comparée, il est possible de dégager les changements que révèle sa lecture. Lire les premières lignes

  p. 163-165

En mars 1982, le général Delaunay a ouvert la campagne d’information sur le métier d’officier en remettant les premiers exemplaires du mémento « L’officier et les jeunes » à quelques officiers. Par ce geste symbolique, le Chef d’état-major de l’armée de terre a invité les 20 000 officiers placés sous ses ordres à bien montrer à la population ce qu’ils sont et ce qu’ils font. Il leur a demandé de faire effort en direction des jeunes pour que l’Armée de terre dispose en l’an 2000 de colonels et de capitaines de qualité. Lire les premières lignes

  p. 166-169

À la fin de l’année 1981, 21 postes d’officiers et 728 postes d’officiers-mariniers étaient occupés par du personnel féminin, soit un peu plus de 1,5 % des effectifs d’active. Dans les Armées de terre et de l’air, ce pourcentage dépasse déjà 5 %, et dans l’armée américaine il est de 8,6 %. Lire les premières lignes

  p. 170-173

Le 2 octobre 1981, le gouvernement américain rendait publique sa décision de construire le bombardier B-1, dont le développement avait été interrompu sous la précédente administration, et de poursuivre l’étude de l’avion « furtif » (Stealth Aircraft). Le 24 novembre 1981, la firme Boeing livrait à l’Armée de l’air américaine le premier missile de croisière de série destiné à être monté sur B-52Lire les premières lignes

  p. 174-178

Durant son voyage aux États-Unis en février 1982, le président égyptien Moubarak a reçu l’assurance d’une aide économique et militaire accrue. Il s’est également fait le porte-parole du Soudan pour obtenir que la générosité de Washington s’étende à un pays qui traverse la crise mondiale dans les pires conditions politiques et sociales. Le président égyptien a plaidé en faveur de l’existence d’une entité nationale palestinienne, avant de paraître céder devant les objections américaines et d’admettre que Camp David représentait toujours la mécanique la plus valable pour un règlement d’ensemble au Proche-Orient. Ces quatre faits montrent bien quelle démarche est utilisée par le nouveau Raïs pour sortir des contradictions qui ont conduit M. Anouar el Sadate à une impasse sinon à sa perte. Il faut ajouter une analyse moins superficielle que sous le régime précédent du renouveau de l’intégrisme musulman, analyse qui a fait apparaître, à côté des anciennes formations politico-religieuses assez passives, l’existence de nombreux petits groupements autonomes. Ceux-ci ne sont pas dotés de cadres possédant une expérience politique ; par conséquent, ils n’ont pas d’autre mode d’expression que la violence. Pour acquérir les moyens d’exercer cette violence, ils doivent s’allier à des courants, souvent opposés, d’un terrorisme international dont il est difficile de déceler les objectifs. M. Sadate n’a pas été victime en 1981 des « Frères musulmans », comme on pouvait le penser, mais d’un commando dont les affiliations sont difficiles à déterminer ; ce groupe visait moins à déstabiliser le régime qu’à se venger d’un président qui avait cru surmonter des contradictions restées inconciliables dans l’opinion d’un peuple désorienté. Lire les premières lignes

  p. 179-186

* Les États-Unis n’ont aucun plan pour envoyer des troupes de combat où que ce soit dans le monde. Lire la suite

  p. 187-188

Bibliographie

Dans notre numéro de février 1982 nous avons publié un article de Michel M. Martin sur « La sociologie militaire aux États-Unis : Morris Janowitz ». Nous donnons ici la bibliographie correspondante. L’œuvre de Morris Janowitz en matière militaire est extrêmement riche. Aussi la présente recension ne pouvait être exhaustive. Seuls ont été retenus les ouvrages et articles les plus importants et les plus représentatifs de la pensée de l’auteur. Ont donc été exclus les travaux non publiés, les comptes rendus d’ouvrages, les articles de presse et les préfaces d’ouvrages. Lire la suite

  p. 189-191

André Fontaine : Un seul lit pour deux rêves. Histoire de la détente : 1962-1981  ; Éditions Fayard, 1981 ; 538 pages - Georges Vincent

Depuis la publication de son Histoire de la guerre froide, on savait que le rédacteur en chef du Monde était aussi un historien de valeur et l’on attendait qu’il donne une suite à son ouvrage pour couvrir la période allant des lendemains de la crise de Cuba (1962) à l’invasion de l’Afghanistan (1979). L’histoire de la Détente est ce prolongement attendu. On peut se demander si ce sous-titre est pleinement justifié, la détente n’ayant, en fait, connu qu’une existence éphémère, au milieu des années 1970, avec la signature de SALT I (1972), puis des accords d’Helsinki (1975). Lire la suite

  p. 192-192

Notre collaborateur Claude Delmas a publié depuis un an, dans la collection « Que sais-je ? », trois petits volumes qui méritent d’être signalés à l’attention de nos lecteurs. Lire la suite

  p. 193-194

Louis Dallot : Le Liberia  ; Puf, 1981 ; 127 pages - Eugène Berg

Panorama complet, selon les normes de qualité de cette collection, effectué par l’ancien ambassadeur de France au Liberia, qui allie à une solide érudition le sens du vécu et l’observation des faits quotidiens. Il retrace cette expérience unique en Afrique, seul pays sur le continent à se référer à un vocable idéologique, zone de prédilection des pavillons de complaisance et de l’hévéa exploité par la société américaine spécialisée dans le pneumatique, Firestone. Le Liberia a été profondément ébranlé à la suite du coup d’État du 12 avril 1980 qui a mis en cause le pouvoir de la classe des « afro-américains » en place depuis la création de cette première République indépendante sur le continent africain en 1847. ♦

  p. 194-194

Revue Défense Nationale - Avril 1982 - n° 420

Revue Défense Nationale - Avril 1982 - n° 420

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.

Revue Défense Nationale - Avril 1982 - n° 420

La RDN vous invite dans cet espace à contribuer au « débat stratégique », vocation de la Revue. Cette contribution doit être constructive et doit viser à enrichir le débat abordé dans le dossier. C’est l’occasion d’apporter votre vision, complémentaire ou contradictoire. Vos réponses argumentées seront publiées sous votre nom après validation par la rédaction.

Aucune contribution n'a encore été apportée.