Octobre 1982 - n° 425

Ce numéro a une assez forte coloration marine car il sort au moment de l'exposition navale du Bourget, comme le numéro de juin 1981 avait été « armée de terre » lors de l'exposition de Satory et le numéro mai 1981 avait été « armée de l'air et industrie aéronautique et spatiale ». Cet article a pour origine une conférence faite par l'auteur, alors major général de la Marine, au Centre des hautes études de l'armement (CHEAr). Son propos est la recherche d'une méthodologie pour définir les moyens en matériel et en personnel dont la Marine a besoin pour remplir les missions qui lui sont fixées. Il est très probable que, malgré sa spécificité, les deux autres armées y reconnaîtront bien des problèmes qu'elles connaissent elles-mêmes, et qu'il leur sera souvent possible de transposer à leurs propres affaires bien des affirmations de l'auteur.

  p. 13-28

Une armée, et a fortiori une marine, ne peut se concevoir sans l'outil industriel qui lui fournit son matériel et participe dans une très large mesure à son maintien en condition opérationnelle (MCO). C'est aussi un des interlocuteurs participant à la « stratégie des moyens » dans la mesure ou il donne les solutions techniques et leur coût.

  p. 29-40

Le 2 avril 1982, les Argentins envahissaient par la force les Malouines (Falkland), entraînant une réaction militaire britannique. L’auteur, même s’il n’a pu exploiter que des documents britanniques (de sources « ouvertes »), analyse ces opérations et livre les premières leçons. Il n’examine cependant que des enseignements d’ordre militaire et ses réflexions n’engagent que lui-même. Sa conclusion sonne très juste. Lire les premières lignes

  p. 43-57

Rappelons que l'auteur est, par formation et métier, essentiellement un économiste. Il est donc particulièrement bien placé pour voir ce qui, dans la crise polonaise, peut avoir pour origine des crises économiques sur lesquelles se greffe une crise politique. L'affaire est cependant loin d'être terminée, car il faudra que la Pologne se reconstruise. Mais que pouvait faire l'Alliance atlantique et que pourra-t-elle faire dans l'avenir ? Nous laissons à l'auteur l'entière responsabilité de ses propositions dans ce domaine.

  p. 59-73

L’actualité, continuellement changeante, nous fait souvent oublier les fondements du monde où nous vivons. Une partie importante de ce monde est constituée par l’Islam, que l'auteur, vieux saharien, a bien connu, au moins sous certaines de ses formes africaines. Il nous en fait un tableau lucide mais où ses convictions personnelles n’empêchent ni la compréhension ni la sympathie. Bien évidemment, il n’a pu tout dire en si peu de lignes, et les spécialistes pourraient lui en faire le reproche, comme de n’avoir pas parlé des grandes confréries musulmanes, Tidjanyia ou Guadryia par exemple, qu’il a dû connaître en Afrique. Lire les premières lignes

  p. 75-86

Le secrétaire à la Défense de Ronald Reagan, Caspar Weinberger, a dit que les États-Unis étaient une « île ». Ceci suppose que les voisins terrestres de ce grand pays ne puissent être une menace. Le Canada, très américanisé à beaucoup de points de vue, ne peut être menaçant, et ceci depuis la guerre de 1812. Mais le Mexique est une puissance montante, que déjà l'Allemagne de Guillaume II cherchait à monter contre les « Gringos » par la fameuse dépêche Zimmermann. La situation intérieure de l'Amérique centrale, et surtout celle du Mexique, est donc fondamentale pour la sécurité des États-Unis. De là l'intérêt d'études comme celle que nous propose l'auteur, étude faite avant l'annonce des difficultés financières de ce pays.

  p. 87-97

Les mécanismes du recrutement des jeunes gens qui accomplissent leur Service national sont assez compliqués. Il faut connaître et conserver la ressource, prévoir et régulariser le flux des incorporations, satisfaire au mieux les préférences exprimées ; c'est une tâche difficile, et nul n'était mieux à même de nous la faire connaître que l'auteur, alors directeur central du Service national.

  p. 99-109

L'opinion publique française n'a peut-être pas suivi avec toute l'attention désirable les négociations qui se déroulent depuis bientôt deux ans, à Madrid, et qui prolongent celles de Belgrade, toutes deux dérivant de l'Acte final d'Helsinki. L'auteur traite ici de ce sujet, et en particulier de la proposition française pour une Conférence sur le Désarmement en Europe. Les opinions qu'il présente n'engagent, bien entendu, que lui-même et ne sont en aucune façon le point de vue d'un quelconque organisme officiel américain. Lire les premières lignes

  p. 111-125

La crise de Cuba n’est pas seulement intéressante pour des raisons historiques, bien que 20 ans se soient déjà écoulés, et 20 ans c’est beaucoup dans notre monde où toutes les évolutions ont tendance à s’accélérer. Cette crise reste cependant exemplaire parce que c’est la première crise majeure, et jusqu’ici la seule, entre puissances nucléaires. Mais, comme le pense le général Gallois, le vaincu a-t-il été Kennedy plutôt que Khrouchtchev ? La lecture de cet article permettra de se faire une idée sur ce sujet qui n’est pas sans conséquences sur ce que nous vivons actuellement, en Amérique latine et dans le Tiers-Monde. Lire les premières lignes

  p. 127-142
  p. 143-148

Chroniques

À peine la guerre des Malouines était-elle terminée (juin 1982) que le Moyen-Orient, une nouvelle fois, s’embrasa : l’Armée israélienne pénétra au Liban pour y détruire des bases opérationnelles de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine). Mais très vite il apparut que le but de cette offensive dépassait son objectif proclamé : il s’agissait d’obliger l’OLP à quitter le Liban. Sans se heurter à une très forte résistance, les troupes israéliennes arrivèrent aux portes de Beyrouth. Lire les premières lignes

  p. 149-153

• Le numéro d’août 1982 de la Revue des Deux Mondes contient un article de M. Charles Hernu, ministre de la Défense, intitulé « Sécurité internationale et développement : La France et l’Afrique ». Lire les premières lignes

  p. 154-159

Cet été 1982 restera sans doute comme celui de la guerre au Liban et, en France, de la multiplication des actes terroristes, sans que l’on puisse dire avec certitude quel lien existe entre ces événements. Certes il serait déraisonnable de nier qu’il existe bel et bien une corrélation, mais la plus évidente n’est pas forcément la plus sérieuse. Car on n’infléchit pas une diplomatie par des attentats, pas plus qu’on ne restaure un État dans ses droits par le biais d’une invasion étrangère. Les arguments des uns et des autres sont spécieux dans la mesure où ils n’ont d’autre valeur que l’intérêt de la cause qu’ils défendent. Lire les premières lignes

  p. 160-162

Annoncé le 2 octobre 1981 par le président Reagan, le plan de modernisation en cinq points des forces stratégiques américaines accorde une importance particulière à la BMD (Ballistic Missile Defense). Associée au mode de déploiement futur du missile balistique intercontinental MX (Missile Expermiental), mais indépendante de ce dernier, la BMD se voit quasiment conférer la valeur d’une composante stratégique : la « quatrième de la triade » selon ses partisans. Lire les premières lignes

  p. 163-167

Nous élargirons, pour une fois, le cadre de cette chronique en l’étendant au vaste sujet de l’Union européenne, cet objectif que certains des alliés occidentaux poursuivent en vain depuis près de 30 ans, et sans lequel il ne saurait y avoir de défense européenne intégrée. Deux interventions de ministres du gouvernement français permettent de se faire une idée de la position de notre pays à l’égard de ce problème : celle de M. Georges Lemoine, secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense, qui s’est adressé le 1er décembre 1981, à la 27e session ordinaire de l’Assemblée de l’Union de l’Europe occidentale (UEO), et celle, le 15 juin 1982, de M. Claude Cheysson, ministre des Relations extérieures, devant la même assemblée, à l’occasion de sa 28e session. Lire les premières lignes

  p. 168-172

L’Armée de terre, comme les autres armées, adapte en permanence le recrutement et la formation de ses cadres à ses besoins à court et long termes. S’agissant de la formation des officiers, une nouvelle étape vient d’être franchie avec la récente réforme concernant l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Lire les premières lignes

  p. 173-174

« J’ai le sentiment de participer à une très grande action nationale. Une Marine présente sur tous les océans est non seulement au service de la France mais aussi au service des actions que mène la France, y compris, ce qui n’est pas négligeable, au plan humanitaire. On l’a constaté récemment encore dans les mers asiatiques, et on le constate aujourd’hui en Méditerranée orientale. J’ai voulu témoigner de tout cela devant la Nation tout entière… ». Lire les premières lignes

  p. 175-178

Comme je l’ai signalé dans une précédente chronique, les besoins d’informations supplémentaires, imposés par la complexité croissante des missions, pourront être correctement pris en compte dans l’avenir. Le développement de techniques nouvelles a permis de réaliser des progrès considérables en matière d’équipements de bord et, corrélativement, des concepts nouveaux sont apparus. Il s’agit essentiellement de l’intégration des systèmes et du contrôle automatique généralisé. Lire les premières lignes

  p. 179-181

En 1973, le Consul général du Brésil à Luanda ne cachait pas que son pays souhaitait devenir, après le repli du Portugal de ses possessions africaines, le frère aîné et le modèle de l’Angola et du Mozambique. Auparavant, le ministère des Affaires étrangères du gouvernement de Brasilia avait rendu visite à plusieurs pays de la côte occidentale du continent africain : il désirait définir avec eux les grandes lignes d’une politique de soutien des cours du cacao et du café, si possible aussi parvenir à un partage équitable de ce marché international, ce que les positions concurrentielles de ces pays, tous exportateurs, rendaient difficile. À cette époque, le régime, issu du coup d’État de 1964, prônait l’industrialisation du Brésil ; il n’avait pas encore 10 ans d’existence ; il cherchait à favoriser chez lui les investissements étrangers en présentant l’image de marque d’un pays qui bénéficiait d’une certaine aura internationale, pays qui serait donc capable d’offrir, en plus d’un marché intérieur important, des possibilités non négligeables d’exportation dans un Tiers-Monde enfin débarrassé des exclusivités ou préférences nées du phénomène colonial. Lire les premières lignes

  p. 182-189

* Il me semble que l’origine du terrorisme dont nous souffrons est internationale. Nous souffrons sur le sol de la France de conflits dans lesquels la France n’est pas partie… Que l’on veuille aussi déstabiliser la politique de la France afin de lui interdire le rôle très grand qu’elle joue sur la scène du monde et peut-être d’altérer son unité profonde, oh certes, cette hypothèse ne doit pas être écartée. Lire la suite

  p. 190-190

Bibliographie

Michel Courcier : L’économie mondiale en trois dimensions  ; Éditions Calmann-Lévy, 1982 ; 264 pages - Marcel Duval

Michel Courcier, qui fut le fondateur du « Groupe d’études prospectives internationales » (GEPI), puis l’animateur du « Centre d’études prospectives et d’informations internationales » (CEPII), créé auprès du Commissariat général au Plan pour analyser l’évolution de l’économie mondiale, nous fait part dans cet ouvrage très riche de son incomparable expérience. Elle porte en effet à la fois sur les perspectives à moyen terme de l’économie internationale et sur les méthodes nouvelles de la prospective économique. Lire la suite

  p. 191-192

Revue Défense Nationale - Octobre 1982 - n° 425

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Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.

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