Mars 1993 - n° 540

  p. 9-23

Colloque - Aujourd'hui l'Allemagne

Le Comité d’études de défense nationale et la Fondation pour les études de défense nationale ont organisé, le 10 décembre 1992, une soirée-débat dont le thème était : « Aujourd’hui l’Allemagne ». Nous avons eu le plaisir d’écouter les remarquables témoignages des personnalités suivantes, dans l’ordre des interventions : M. Daniel Vernet, directeur des relations internationales au Monde ; M. Rudolf von Thadden, doyen de la faculté des sciences humaines à l’université de Francfort-sur-l’Oder ; M. Pierre Maillard, ambassadeur de France ; le général d’armée Maurice Schmitt, ancien chef d’état-major des armées ; M. Jacques Morizet, ambassadeur de France. Les articles qui suivent sont la transcription de ces témoignages. Lire la suite

  p. 25-29
  p. 31-35
  p. 37-47
  p. 49-56

• Les militaires ont toujours privilégié les menaces et c’est normal, car ils n’ont pas directement en charge le projet politique. Les militaires du temps du général de Gaulle étaient dans leur majorité favorables à rester dans l’Otan, la menace étant d’une telle ampleur que leur attitude pouvait être comprise. C’est en fonction d’un projet politique (l’indépendance de la France) que le général de Gaulle, en dépit de la menace et des alliances, a décidé de quitter l’Organisation. Aujourd’hui, il n’y a plus véritablement de menace, mais il existe un projet politique du gouvernement français : c’est l’Europe, et ce projet doit l’emporter sur les autres considérations ; or sur le plan sécurité, l’Eurocorps est conçu de telle manière que les Allemands espèrent voir la France se rapprocher de l’Otan, et nous venons d’apprendre que c’était pratiquement fait ; l’Eurocorps sera dans la pratique rattaché à l’Otan. Le projet politique de la France est l’Europe, ce qui ne signifie pas que les intérêts européens soient opposés à ceux de l’Otan, mais les Américains voient dans les objectifs du Vieux Continent une entrave aux desseins de l’Otan. On ne peut pas ignorer ni négliger cette contradiction. Si l’on veut que prévale le projet politique, la sécurité de la France doit être conçue dans une perspective de construction de l’Europe et non en fonction d’une sécurité qui n’est menacée par personne. Lire la suite

  p. 57-60

En se référant au titre d’un ouvrage de Pierre Viénot, M. Vernet a placé son introduction sous le signe des incertitudes allemandes. Je suis d’accord avec lui : incertitude est bien le mot qui convient à l’Allemagne d’aujourd’hui, au seuil d’une année qui lui pose de nombreux problèmes sur les plans économique, politique et moral. Lire la suite

  p. 60-63

Repères - Opinions - Débats

  p. 65-78
  p. 79-90

Dans le système français actuel, les problèmes de condition militaire sont normalement soulevés par l'intermédiaire de trois canaux d'expression: la hiérarchie, les structures de concertation, enfin les associations d'anciens élèves ou de retraités. Le système paternaliste hérité de la société du XIXe siècle a ainsi fait place progressivement à un système mixte dans lequel la hiérarchie, porte-parole traditionnel des préoccupations des militaires auprès de l'autorité politique, est désormais concurrencée par d'autres acteurs.

  p. 91-102
  p. 103-121
  p. 123-130
  p. 131-138
  p. 139-146
  p. 147-155

Chroniques

  p. 157-162

• « Nations unies ». Dans son numéro d’hiver 1992-1993, la revue américaine Foreign Affairs publie un article de Boutros Boutros-Ghali, secrétaire général des Nations unies, sur la manière de renforcer l’action de l’ONU. La guerre froide étant terminée, cette institution a un nouveau rôle à jouer pour le maintien de la paix, fonction qui vient de subir une extension dramatique occupant 50 000 hommes pendant le premier semestre 1992, s’étendant maintenant à des régions qui, jusque-là, étaient gelées par les armements nucléaires, la protection des secours humanitaires venant s’ajouter. Lire les premières lignes

  p. 162-171
  p. 172-175
  p. 176-178
  p. 179-179
  p. 180-182
  p. 183-186
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  p. 191-192

Bibliographie

Marie-Hélène Labbé : La prolifération nucléaire en 50 questions  ; Éditions J. Bertoin, 1992 ; 348 pages - Pierre Morisot

Si le terme n’avait pas une teinte quelque peu désobligeante, on pourrait dire que le livre de Marie-Hélène Labbé est un excellent ouvrage de vulgarisation. On y trouve en effet, exposées de façon claire et succincte par un auteur possédant à la fois savoir et sens pédagogique, les connaissances nécessaires et suffisantes que chacun peut souhaiter avoir, non seulement dans le domaine précis annoncé en couverture, mais aussi sur les techniques de fabrication, les doctrines stratégiques, les mécanismes de contrôle et les tractations diplomatiques. Une utile « approche régionale » permet d’opérer un recoupement horizontal et de faire le point sur les zones à risque, situées à l’heure actuelle pour l’essentiel d’un bout à l’autre de l’Asie ; et on peut même vérifier si le Botswana est ou non signataire du traité de Tlatelolco ! Lire la suite

  p. 193-194

Jean Badrillard : L’illusion de la fin, ou la grève des événements  ; Éditions Galilée, 1992 ; 171 pages - Claude Le Borgne

Après la guerre du Golfe, Jean Baudrillard avait surpris ses lecteurs en affirmant qu’elle n’avait pas eu lieu (1). C’était, bien sûr, façon de parler, et les façons de ce philosophe ne sont pas ordinaires. Si vous avez envie de vous faire peur, lisez son nouveau livre. Que croyez-vous qu’il se passe sur notre planète ? la guerre du Golfe ? l’écroulement du communisme ? la grande première de « l’humanitaire militaire » ? Fariboles : il n’y a plus d’événements et seulement des simulacres. Alors, la fin de l’histoire ? plût au ciel, il y a pire : que nous soyons privés même de cette perspective. Lire la suite

  p. 194-195

Gérard-François Dumont : Démographie  ; Éditions Dunod, 1992 ; 244 pages - Maurice Faivre

Économiste de formation, Gérard-François Dumont a été converti à la démographie par son maître Alfred Sauvy, et après avoir présidé l’Association pour la recherche et l’information démographique (APRD), il a dirigé au Collège de France un séminaire de « démographie politique ». Admis par concours aux fonctions professorales, il enseigne à la Sorbonne (faculté de géographie, 191 rue Saint-Jacques). Lire la suite

  p. 195-196

Bernard Favin-Lévêque : François Darlan et son destin  ; Éditions Les Sept Vents, 1992 ; 219 pages - Pierre Schwed

Des dizaines de livres ont été consacrées à l’amiral François Darlan (« le meilleur marin que la France ait connu depuis Suffren », selon l’historien anglais Jenkins), personnage intelligent, ambitieux, ambigu, controversé, coresponsable de quelques vilenies qu’il est difficile d’oublier. Lire la suite

  p. 196-196

Revue Défense Nationale - Mars 1993 - n° 540

Revue Défense Nationale - Mars 1993 - n° 540

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.

Revue Défense Nationale - Mars 1993 - n° 540

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