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Décembre 2020 - n° 835

Les opérations dans l’espace : un enjeu pour la défense

« La France et l’Europe ne peuvent rester indifférentes au défi que représente l’utilisation militaire de l’espace. »

Jeannou Lacaze
136 pages

Il y a tout juste 55 ans, le 26 novembre 1965, la fusée Diamant A mettait en orbite le premier satellite français, Asterix. Ce succès voulu par le général de Gaulle et conduit par le Cnes, créé en 1961, permettait à la France de devenir la troisième puissance spatiale. Que de chemin parcouru depuis les sixties pour notre politique spatiale portée initialement pour redonner à notre pays cette souveraineté qui lui avait tant manqué il y a 80 ans. Et cet automne, marqué encore par la pandémie et ses affres, est aussi le 50e anniversaire de la disparition de l’Homme du 18 juin. D’où la republication du texte écrit à cette occasion pour la RDN par un de ses fidèles, Michel Debré, et dont les mots résonnent encore dans notre actualité stratégique et font encore sens. Lire la suite

  p. 1-1

Le 9 novembre 1970, dans sa résidence de La Boisserie, à Colombey-les-deux-Églises, le général de Gaulle décédait brusquement dans sa quatre-vingtième année. Michel Debré, alors ministre d’État chargé de la défense nationale (1969-1973) écrivit ce « In Memoriam » pour la RDN de décembre 1970. Il y retraçait avec des mots bien choisis l’importance majeure qu’a eu le Général dans notre histoire contemporaine. Cinquante ans après, ce texte résonne encore d’actualité, rappelant les ambitions de l’ancien Chef de l’État pour la France. Lire la suite

  p. 5-7

Les opérations dans l’espace : un enjeu pour la défense

Dire que l’utilisation de l’espace est devenue indispensable à nos vies est un lieu commun. Ce qui l’est moins, est que l’accès à l’espace et la préservation de nos intérêts sont devenus des enjeux majeurs de souveraineté. Comme le souligne le chef d’état-major des armées, aucune opération militaire n’est concevable aujourd’hui sans nos satellites d’observation, d’écoute ou de communications. Lire la suite

  p. 11-12

L’espace indispensable

L’espace est plus que jamais au cœur de nos opérations militaires, d’où le besoin impérieux d’adapter en permanence notre posture spatiale avec une approche globale : une capacité à innover, profitant de notre base technologique, en évitant un retard conceptuel. Il y va de la résilience de nos capacités et de la volonté d’agir. Lire les premières lignes

  p. 13-18

La maîtrise du milieu spatial est désormais essentielle dans la compétition stratégique actuelle et dans la conflictualité future. La France est fermement résolue à poursuivre son investissement pour éviter tout déclassement et donc une mise en péril de notre crédibilité stratégique, tout en protégeant nos intérêts. Lire les premières lignes

  p. 19-24

L’espace est devenu un milieu de rivalité et de confrontation où l’Armée de l’air et de l’espace se doit d’être un acteur vigilant et ambitieux, au service des opérations conduites par la France. Cet élargissement du champ de responsabilité pour les aviateurs est indispensable, mais exigeant pour voir, décider et agir avec succès. Lire les premières lignes

  p. 25-30

Le Centre national d’études spatiales (Cnes) est un acteur essentiel du spatial en France. Il contribue à sa défense avec de nombreuses responsabilités, en liaison étroite avec la Direction générale de l’Armement (DGA) et les armées. Les évolutions actuelles avec la montée en puissance du Commandement de l’Espace (CDE), feront que le Cnes restera un partenaire privilégié, renforçant la liberté d’action de notre pays. Lire les premières lignes

  p. 31-35

La préservation de nos capacités spatiales

La création du Commandement de l’Espace obéit à un principe de réalité et d’efficacité tant l’espace est essentiel dans notre stratégie de défense. Le CDE, de par son lien étroit avec l’Armée de l’air et de l’espace, le Centre national d’études spatiales (Cnes) et d’autres acteurs dont nos alliés, est un atout essentiel pour sauvegarder nos intérêts et conduire nos opérations. Lire les premières lignes

  p. 37-42

La surveillance de l’espace a été prise en compte depuis plusieurs années par la France. Face aux évolutions en cours sur les orbites, cette capacité stratégique doit monter en puissance. Pour le Commandement de l’Espace (CDE), en liaison avec le Centre national d’études spatiales (Cnes), de nouveaux programmes sont en développement dont le successeur du radar Graves (Grand réseau adapté à la veille spatiale). Lire les premières lignes

  p. 43-48

La montée en puissance du Commandement de l’Espace (CDE) est en cours avec notamment la formation d’un personnel spécialisé en collaboration avec le Centre national d’études spatiales (Cnes), partenaire indispensable dans le cadre de la défense de nos intérêts dans l’espace. Avec, en 2023, le démonstrateur d’action dans l’espace dénommé YodaLire les premières lignes

  p. 49-52

Le champ des opérations spatiales militaires impose de développer la formation du personnel du ministère des Armées. Des métiers exigent de nouvelles filières d’ici 2025. Une académie de l’espace est en cours de définition pour proposer des approches efficaces avec des acteurs différents, combinant formations et entraînements. Lire les premières lignes

  p. 53-58

De la surveillance aux opérations dans l’espace

L’utilisation de l’espace a toujours été conditionnée par des confrontations stratégiques. Depuis les années 1990-2000, il y a eu une bascule, l’occupation des orbites devenant essentielle pour y déployer des infrastructures satellitaires autour de l’information. Les rivalités, ainsi exacerbées, obligent à repenser un nouvel ordre spatial complexe où les acteurs sont interdépendants. Lire les premières lignes

  p. 59-63

La politique spatiale de défense française doit garantir son utilisation à des fins pacifiques, tout en protégeant nos intérêts et en décourageant un acteur hostile. La surveillance de l’espace, l’alerte avancée, la protection de nos moyens nationaux et la conduite d’opérations sont des ambitions capacitaires à maîtriser impérativement. Lire les premières lignes

  p. 64-69

Le Space Command est un atout majeur pour les États-Unis, avec une relation privilégiée avec la France, elle-même puissance spatiale. Les échanges d’informations sont d’autant plus nombreux que l’utilisation de l’espace par nos forces est permanente et indispensable pour garantir le succès de nos opérateurs. Lire les premières lignes

  p. 70-73

L’initiative CSpO avec nos alliés majeurs est un atout essentiel pour nos activités dans l’espace et contribue à notre stratégie spatiale de défense. Les discussions menées dans ce cadre permettent de progresser et de renforcer notre capacité d’appréciation et de décision. Lire les premières lignes

  p. 74-76

L’espace est devenu un champ de rivalités, voire de confrontations. Le droit régissant les activités spatiales n’exclut pas la mise en orbite à des fins militaires. Il est donc nécessaire d’avoir un comportement responsable et pragmatique pour élaborer des normes de stabilité stratégique et éviter des risques d’escalade incontrôlée. Lire les premières lignes

  p. 77-84

Le spatial génère des flux de données massifs, exigeant des capacités de traitement et de calcul importantes. Cela nécessite de requérir à l’intelligence artificielle (IA) et de disposer d’outils spécifiques permettant à l’autorité de décider dans une temporalité courte. Le C2 (commandement et contrôle) spatial est essentiel pour garantir l’efficacité opérationnelle. Lire les premières lignes

  p. 85-92

Opinions

La constitution de la Space Force dans l’organisation militaire américaine, déjà forte complexe, a laissé des doutes quant à sa pertinence opérationnelle. L’articulation avec la Space Force semble délicate et devra gagner en maturité, cette dernière apparaissant davantage comme un pourvoyeur de moyens au profit du premier. Lire les premières lignes

  p. 93-98

Défendre le territoire n’est pas chose aisée. Cela nécessite d’en comprendre la finalité et d’en définir les moyens. C’est donc bien une approche d’essence politique qui doit s’intéresser à la légitimité de l’emploi de la force armée face à un éventail de menaces de plus en plus polymorphes et complexes. Lire les premières lignes

  p. 99-103

Approches régionales

Les Balkans occidentaux restent fragmentés, divisés et parcourus par des rancœurs tenaces. Bien que pour la plupart, les pays de la région soient candidats à l’intégration dans l’Union européenne (UE), il est vraisemblable que le statu quo perdurera, la marche étant trop haute à franchir en termes de bonne gouvernance et d’État de droit. Lire les premières lignes

  p. 105-112

Approches historiques

Récemment disparu, l’amiral Chaline a été confronté à de nombreuses responsabilités. De 1967 à 1971, il a servi au cabinet militaire de Georges Pompidou, Premier ministre, qu’il suivit à l’Élysée lors de son élection à la présidence. Les fonctions politico-militaires y étaient devenues essentielles et très sensibles. Lire les premières lignes

  p. 113-116

Chronique

À l’issue de la campagne de France achevée par l’armistice du 22 juin 1940, Hitler a envisagé un débarquement en Grande-Bretagne. Or, le Reich ne disposait pas des moyens nautiques pour une telle entreprise et Berlin n’avait pas de planification stratégique d’ensemble, le Führer agissant seulement par instinct. De fait, la bataille d’Angleterre illustre la défaillance allemande à concevoir une stratégie globale. Lire les premières lignes

  p. 117-120

Recensions

George Cox et Craig Kaston : American Secret Projects 3—US Airlifters since 1962  ; Crécy Publishing Ltd, 2019 ; 360 pages - Philippe Wodka-Gallien

En abordant ce livre, on pourrait se dire, tient « encore un ouvrage sur une histoire des avions fantôme », tant le sujet est devenu à la mode dans l’édition, en commençant par les Wunderwaffen d’un IIIe Reich aux abois. Direction cette fois les bureaux d’études des grandes enseignes américaines. Les auteurs ont rendu les choses à la mesure des ambitions d’une superpuissance en produisant ce très beau livre. À l’image de la couverture, ce volume présente donc l’intérêt premier de dévoiler, surtout par l’illustration, des concepts d’avions de transport militaires des années 1960 et 1970 issus de l’imagination des bureaux d’études américains de Lockheed, Convair, McDonnell ou Boeing. Lire la suite

  p. 123-124

Fabrice Loubette, Pierre Labrude et Pierre-Alain Antoine : Les Américains en France 1950-1967. Tome II : La Communication Zone et l’Otan  ; Éditions Gérard Louis, 2020 ; 266 pages - Philippe Wodka-Gallien

Ce livre est le fruit d’un travail collectif de documentation méticuleux. On retrouve le colonel Pierre-Alain Antoine, ancien pilote de chasse bien connu de l’édition aéronautique, qui reste une référence sur l’histoire de l’Armée de l’air et de la guerre électronique ; Pierre Labrude est un ancien auditeur de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) ; Fabrice Loubette, pilote privé, est historien et photographe. Lire la suite

  p. 124-124

Alaa El Aswany : Le Syndrome de la dictature  ; Actes Sud, 2020 ; 204 pages - Hugo Salinas

En 2011, lorsqu’éclate la révolution en Égypte, Alaa El Aswany, connu mondialement pour son chef-d’œuvre L’Immeuble Yacoubian  (Actes Sud, 2006), s’engage publiquement pour la démocratie et la défense des droits. L’auteur à succès n’en n’est pas à son premier coup d’essai : en 2004, il participe à la fondation du mouvement politique Kifaya  (« ça suffit ») qui milite contre l’autoritarisme d’Hosni Moubarak. En 2018, El Aswany revient sur les espoirs et les déceptions de la révolution égyptienne dans un roman, J’ai couru vers le Nil  (Actes Sud, 2018), dans lequel il ne manque pas de rappeler les crimes commis par les moukhabarat, les redoutables services de sécurité égyptiens, et le double jeu des élites militaires et religieuses. Son propos acerbe lui vaudra d’être poursuivi par la justice militaire de son pays pour « insultes envers le Président, les forces armées et les institutions judiciaires ». Persona non grata en son pays depuis l’arrivée au pouvoir du président Al Sissi, l’auteur reprend aujourd’hui la plume dans un essai, Le Syndrome de la dictature, dans lequel il se propose de passer en revue les caractéristiques et ressorts d’une maladie que le militant de la liberté n’a de cesse de combattre : la dictature. Lire la suite

  p. 125-126

Benoît Rondeau : Être soldat de Hitler  ; Perrin, 2019 ; 494 pages - Raphaël Spina

La plus complète et novatrice des sommes sur l’outil militaire hitlérien. Une histoire totale, à forte dimension anthropologique. Tous défilent tour à tour : soldats, officiers ou chefs suprêmes, armée de terre, de l’air ou de mer, Wehrmacht, Waffen-SS ou auxiliaires étrangers. De l’enrôlement à la mort au combat ou à la captivité et à la mémoire, tout y est. Avec force chiffres, détails et témoignages, le lecteur s’immerge au plus près du quotidien du combattant allemand : rations, tenues, armements, relations de hiérarchie et de camaraderie, hébergements, loisirs, conditions de combat, perceptions des ennemis et des civils… Et bien sûr, politisation et participation aux crimes nazis. Lire la suite

  p. 127-128

Victor Ferreira et Pedro Cabanas : Légionnaires, fragments de vie  ; Éditions Mareuil, 2020 ; 120 pages - Pierre Brière

Dans Légionnaires, nous avions déjà pu admirer la qualité des photos de Victor Ferreira tant il savait saisir dans chacun de ses portraits non seulement le visage, mais aussi l’âme de ses sujets. Aujourd’hui, il retrouve sa chère Légion avec un ancien, comme lui, né au Portugal, comme lui, et engagé, comme lui, en 1984. Ce camarade, retourné à la vie civile, comme lui, est poète à ses heures. C’est l’alliance de ces deux talents qui a donné naissance à ce livre qui illustre, s’il en était besoin, la richesse et la diversité du recrutement légionnaire. Lire la suite

  p. 128-129

Matthieu Chillaud, chercheur français confirmé en relations internationales et études stratégiques (1), publie cet ouvrage issu de sa thèse d’histoire contemporaine soutenue sous le titre Les études stratégiques en France sous la Ve République. La structuration d’un champ disciplinaire au service d’une politique. L’objet de ce livre, comme celui de la thèse, est de proposer au public initié une analyse approfondie du statut et de la place – problématiques – des études stratégiques en France, essentiellement au regard de leur relation à l’État. Pour Chillaud, cela a entraîné non seulement un problème d’identification du champ d’étude et de recherche lui-même, qui persiste jusqu’à aujourd’hui, mais aussi des difficultés insurmontables à son développement normal dans le champ du savoir. Lire la suite

  p. 130-132

Revue Défense Nationale - Décembre 2020 - n° 835

Les opérations dans l’espace : un enjeu pour la défense

Operations in Space—a Challenge for Defence

Essential Space

Space is more than ever at the heart of our military operations, hence the pressing need for permanent adaptation of our space posture with an overall approach: a capability to innovate, making use of our technological base, while avoiding design delay. With that goes the resilience of our capabilities and a will to act.

Mastery of space is now essential to current competitive strategic stakes and will be in future conflict too. France is firmly resolved to continue investment to avoid any fall in status, which would endanger our strategic credibility, and at the same time to protect our interests.

Space has become an environment for rivalry and confrontation in which the Air and Space Force has a duty as a vigilant and ambitious player in the service of operations conducted by France. This broadening of aviators’ field of responsibilities is demanding but essential if we are to see, decide and act with success.

The Cnes (Centre national d’études spatiales—National space studies centre) is an essential player in space issues in France. It contributes to French defence through its many responsibilities and acts in close liaison with the DGA (Direction générale d’armément—the defence procurement organisation) and the armed forces. Current developments, including the build-up of the Space Command (Commandement de l’espace—CDE), are ensuring that the Cnes will remain a favoured partner, further strengthening our country’s freedom of action.

Preserving our Space Capability

The creation of the Space Command (Commandement de l’espace—CDE) is fully in line with the principle of reality and effectiveness, given the degree to which space is essential to our defence strategy. By virtue of its close links with the Air and Space Force, the Cnes (Centre national d’études spatiales—National space studies centre) and other players—our allies included—the CDE is an essential asset for safeguarding our interests and conducting our operations.

France has for several years recognised a need for space surveillance. In view of current developments in terms of orbits, this strategic capability should gain in importance. Through liaison between the Space Command (Commandement de l’espace—CDE) and the Cnes (Centre national d’études spatiales—National space studies centre), new programmes are under development, including the successor to the Graves large network space surveillance radar.

The establishment of the Space Command (Commandement de l’espace—CDE) is well under way with, in particular, the training of specialised personnel in collaboration with the Cnes (Centre national d’études spatiales—National space studies centre), an essential partner within the framework of defending of our interests in space. In 2023, the Yoda space action demonstrator will become available.

The field of military space operations requires the development of training of personnel belonging to the Armed Forces’ Ministry. The specialisations require new courses to be created by 2025. A space academy is currently being defined that will offer effective approaches with different players and combine various types of training.

From Surveillance to Operations in Space

The use of space has always been conditioned by strategic confrontation. Since the nineteen-nineties there has been a significant change: occupation of orbits has become essential in order to deploy information satellite infrastructure in them. The rivalry that this has exacerbated is leading to a rethink of a new, complex order in space in which the players are interdependent.

French space defence policy should guarantee its use for peaceful ends whilst protecting our interests and discouraging a hostile player. Space surveillance, advanced warning, protection of national assets and conduct of operations are capability ambitions that quite simply must be mastered.

Space Command is a major asset for the United States, and has a favoured relationship with France, itself a space power. Exchanges of information are more numerous now that our forces use space permanently, and are indispensable to guarantee success for our operators.

The CSpO initiative with our principal allies is an essential asset for our activities in space and a contributor to our defence space strategy. Discussions held within this framework lead to progress and to strengthening our capacity for assessment and decision-making.

Space has become a field for rivalry and even confrontation. The law governing space activity does not exclude putting military material into orbit. Responsible and pragmatic behaviour is therefore necessary to construct standards for strategic stability and to avoid risks of uncontrolled escalation.

Space generates massive data flows that require substantial handling and processing capacity. That in turn calls for artificial intelligence and dedicated tools that permit decision-making by the authority in a short timescale. Space C2 is essential to guarantee operational effectiveness.

Opinions

The constitution of the Space Force within an already complex US military organisation has raised some doubt as to its operational relevance. Structural links with the Space Force appear somewhat sensitive—though should improve with maturity—since the military appears more as a supplier of assets to the Space Force.

Defending the territory is far from easy: it requires an understanding of the end and definition of the means. An essentially political approach is therefore needed to examine the legitimacy of the use of armed force in the face of a range of threats of increasingly varied sources, shapes, sizes and complexity.

Regional Approaches

The Western Balkans remain fragmented, divided and riddled with long-lasting resentment. Whilst most of the countries in the region are candidates for UE membership, it is likely that the status quo will continue since the step to be taken is too great in terms of good governance and constitutional state.

Historical Approchaes

Admiral Chaline, who died recently, faced up to numerous responsibilities. From 1967 to 1971, he served in the military cabinet of Georges Pompidou, then Prime Minister, who he followed to the Élysée on his election as President. There, the politico-military functions had become essential and highly sensitive.

Chronicle

After the campaign for France, which ended in the armistice of 22 June 1940, Hitler envisaged a landing in Great Britain even though the Reich did not have the seagoing assets for such an enterprise and Berlin had no overall strategic plan. The Führer was acting purely on instinct. The Battle of Britain highlighted the German failure to build an overall strategy.

Book Reviews

George Cox et Craig Kaston : American Secret Projects 3—US Airlifters since 1962  ; Crécy Publishing Ltd, 2019 ; 360 pages - Philippe Wodka-Gallien

Fabrice Loubette, Pierre Labrude et Pierre-Alain Antoine : Les Américains en France 1950-1967. Tome II : La Communication Zone et l’Otan  ; Éditions Gérard Louis, 2020 ; 266 pages - Philippe Wodka-Gallien

Alaa El Aswany : Le Syndrome de la dictature  ; Actes Sud, 2020 ; 204 pages - Hugo Salinas

Benoît Rondeau : Être soldat de Hitler  ; Perrin, 2019 ; 494 pages - Raphaël Spina

Victor Ferreira et Pedro Cabanas : Légionnaires, fragments de vie  ; Éditions Mareuil, 2020 ; 120 pages - Pierre Brière

Revue Défense Nationale - Décembre 2020 - n° 835

Les opérations dans l’espace : un enjeu pour la défense

Il y a tout juste 55 ans, le 26 novembre 1965, la fusée Diamant A mettait en orbite le premier satellite français, Asterix. Ce succès voulu par le général de Gaulle et conduit par le Cnes, créé en 1961, permettait à la France de devenir la troisième puissance spatiale. Que de chemin parcouru depuis les sixties pour notre politique spatiale portée initialement pour redonner à notre pays cette souveraineté qui lui avait tant manqué il y a 80 ans. Et cet automne, marqué encore par la pandémie et ses affres, est aussi le 50e anniversaire de la disparition de l’Homme du 18 juin. D’où la republication du texte écrit à cette occasion pour la RDN par un de ses fidèles, Michel Debré, et dont les mots résonnent encore dans notre actualité stratégique et font encore sens.

Là encore, les hasards de la destinée font de cette année 2020, bien difficile à maints égards, une année de commémoration et d’hommage. Le décès de Daniel Cordier, Compagnon de la Libération, secrétaire de Jean Moulin, comme le 100e anniversaire de la dépose de la dépouille du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe, nous rappellent avec insistance que la défense de la France n’est pas l’apanage des militaires, mais bien de la responsabilité de tous les citoyens. En cette période de basculement du monde où la sphère occidentale n’est plus la référence, et où les rapports de force et l’autoritarisme redeviennent une norme revendiquée par certains États et leurs responsables, plus que jamais la défense se doit d’être globale et d’impliquer toute la nation. Cela est d’autant plus nécessaire que construire une défense s’inscrit dans la durée. Il y a certes la durée des programmes, qui aujourd’hui atteignent facilement un demi-siècle entre conception, développement, emploi puis démantèlement, mais aussi et c’est essentiel, former ceux et celles qui mettent en œuvre les armements, les conçoivent, les soutiennent ou les produisent. Là encore, il faut du temps et anticiper les besoins de demain, à l’heure même où le numérique bouleverse totalement nos références et nos pratiques. Entre la plume du Général écrivant dans l’urgence son Appel et le tweet ou le message sur un réseau social y compris opérationnel, il faudra toujours y mettre l’intelligence de l’individu face à l’imprévu ou la crise. Cela exige un apprentissage de plus en plus complexe pour appréhender un environnement stratégique en pleine mutation.

Cette année 2020 aura été – n’en déplaise à certains analystes – une surprise stratégique. Certes, de nombreuses hypothèses – dont la pandémie –avaient fait l’objet de réflexions, mais il n’en demeure pas moins que toutes les prévisions ont été balayées. Par la Covid-19, pour une bonne part, mais aussi par le basculement du monde et la perte de certains repères stratégiques qui étaient considérés comme acquis depuis la fin de la guerre froide. Par l’arrogance de certains – on peut penser à certains dirigeants – pensant que la revendication nationaliste peut faire resurgir un passé plus ou moins glorieux. Par l’ignorance d’autres, oubliant que les passions entre les peuples peuvent ne pas guérir et susciter des haines durables. Par l’oubli, en progression hélas, des drames du passé qui amenèrent guerres et exterminations au nom d’idées totalitaires. Le devoir de vigilance s’impose pour absolument préserver l’avenir. ♦

Jérôme Pellistrandi