Pour profiter de leurs numéros numériques, les abonnés doivent avoir un compte en ligne            

Mai 2020 - n° 830

L'Europe de la défense : quelle réalité ?

« Ceux qui laissent croire que par une sorte d'abracadabra européen, tous nos problèmes seront résolus se trompent et trompent les Français »

Jacques Chirac

Éditorial - Jérôme Pellistrandi

Pour changer de page, vous pouvez utiliser les boutons en fin de liste, votre souris (clic gauche et déplacement sur l'écran) ou un stylet si vous disposez d'un écran tactile.

Pour changer de page, vous pouvez utiliser les boutons en fin de liste, votre souris (clic gauche et déplacement sur l'écran) ou un stylet si vous disposez d'un écran tactile.

Revue Défense Nationale - Mai 2020 - n° 830

L'Europe de la défense : quelle réalité ?

Drôle de printemps ou printemps des drames et des questionnements ? Emploi d’un vocabulaire guerrier et mobilisation de la nation et de toutes ses ressources – y compris militaire – pour combattre un ennemi invisible. Quel paradoxe alors que nous allons commémorer en ce mois de mai à la fois le 80e anniversaire d’un printemps maudit, celui des combats de 1940, avec la plus grande défaite qu’ait connue la France, et le 75e anniversaire de la capitulation sans condition du Reich nazi. Mais paradoxe essentiel à comprendre et à analyser, car de nombreuses similitudes sont frappantes. Dans le premier cas, l’insuffisance de la préparation et l’incapacité à réagir face au Blitzkrieg et dans l’autre la fin d’un cauchemar, mais une division durable de l’Europe dont les cicatrices restent perceptibles même si le Mur est tombé il y a plus de trois décennies. De nombreuses leçons furent tirées de la Seconde Guerre mondiale dont la volonté sans cesse réaffirmée – ne serait-ce que par l’appel du 18 juin – que la France retrouve les instruments de sa souveraineté et le libre choix de son destin, dans une Europe enfin réconciliée et porteuse d’un projet commun.

La crise du Covid-19 doit être une opportunité pour le « Vieux Continent » afin qu’il retrouve une volonté de progresser et d’unité pourtant mise à mal ces derniers temps par des égoïsmes nationaux. Or, dans un monde chaotique où la mondialisation n’est plus si heureuse, l’Europe doit se réapproprier son destin, d’autant plus que les nuages gris s’accumulent et remettent en cause les certitudes d’hier dont le lien avec les États-Unis. La pandémie – au-delà des souffrances et des deuils – révèle aussi les nouveaux équilibres géopolitiques avec une Chine très agressive utilisant tous les outils politiques pour s’affirmer et une Amérique en proie aux doutes d’un isolationnisme déstabilisateur et inquiétant. D’où le besoin d’une Europe « puissance » capable de réfléchir stratégiquement. Or, la route est encore longue, ne serait-ce que pour partager une approche commune des enjeux de sécurité, dont la sécurité sanitaire largement mise à mal ces derniers mois. La compétition stratégique s’est effectivement accélérée, mettant à rude épreuve nos politiques de défense, en obligeant à comprendre les défis dans le temps long. Mais a-t-on le temps aujourd’hui alors que le temps presse, en particulier pour sauver des vies ?

Il serait particulièrement inquiétant qu’une fois la crise actuelle surmontée, les vieux réflexes reviennent, en particulier en considérant les budgets consacrés à la défense comme des variables d’ajustement, sous prétexte de réduire les déficits abyssaux imposés par la lutte contre la maladie. Là encore, plus que jamais, l’Europe devra ouvrir les yeux et ne pas baisser une garde déjà trop basse face à l’instabilité du monde.

Les célébrations du 8 mai et du 18 juin – aux modalités sûrement différentes de ce qui avait été envisagé – doivent nous rappeler cette année l’importance du fait stratégique et de réfléchir dans la durée pour pouvoir affronter les défis géostratégiques de demain. Se remémorer le passé pour mieux anticiper l’avenir, mais aussi pour prendre conscience de la fragilité d’une paix chèrement acquise qu’il faut constamment défendre. La défense n’est pas un luxe, mais une nécessité absolue pour préserver nos libertés, nos intérêts et porter un projet de progrès et d’unité permettant à notre pays et donc à chacun d’entre nous d’être fier d’être français. ♦

Jérôme Pellistrandi

Tribune

24 novembre 2020

Parmi les annuaires et les atlas stratégiques 2021 - Le grand basculement (2/5) Tour d’horizon avec les atlas 2021 (T 1225)

Eugène Berg

Analyser le monde pour essayer de mieux le comprendre, telle est l’ambition des différents annuaires et atlas stratégiques publiés régulièrement à l’automne, offrant un panorama très complet des déchirures actuelles. Cette deuxième partie se concentre sur les atlas qui fournissent de nombreuses indications sur la situation du monde que ce soit dans les cartes ou dans les commentaires. Ces ouvrages se complètent utilement.

Lire la suite
Article gratuit jusqu'au 24 décembre 2020

Florilège historique

« L’Aviation légère de l’Armée de terre (Alat) » (août-septembre 1956) par André Lejay

La création de l’Aviation légère de l’Armée de terre (Alat) aux lendemains de la guerre d’Indochine était le résultat du retour d’expérience de l’Armée de terre avec un besoin aérien spécifique et différent de ce que l’Armée de l’air pouvait fournir. L’observation, l’appui de l’artillerie et les liaisons nécessitaient des appareils légers capables d’être quasiment au contact des premières lignes. Pourtant, les polémiques ont existé avec l’Armée de l’air d’autant plus que celle-ci était dans les années 1950-1960 en pleine reconstruction, avec le besoin de faire redémarrer une industrie aéronautique sinistrée après 1945. Les premières années de l’Alat ont vu essentiellement l’emploi d’avions à hélice alors que, petit à petit, l’hélicoptère a commencé à devenir une réalité tactique dès l’Algérie. L’Alat, avec l’arrivée des hélicoptères Alouette et Puma pour le transport, a su dans les années 1960-1970 effectuer une mue remarquable conduisant progressivement à mettre sur pied le combat aéromobile. Aujourd’hui, avec les hélicoptères de combat Tigre, les Cougar et les Caïman, l’Alat possède des capacités sans équivalent en Europe et démontre notamment au Sahel l’importance pour l’Armée de terre de maîtriser cette troisième dimension, tout en liaison étroite avec l’Armée de l’air et de l’Espace, voire de la Marine. D’où la part désormais très réduite des appareils à voilure fixe (8 TBM700 pour les liaisons et 5 Pilatus PC-6 pour la logistique). La prochaine étape pour l’Alat sera la modernisation des Tigre avec un nouveau missile et l’arrivée de 10 NH-90 pour les Forces spéciales. Lire la suite

e-Recensions

Laurier Turgeon : Une histoire de la Nouvelle-France, Français et Amérindiens au XVIe siècle  ; Belin, 2019 ; 285 pages.

Les Français (Normands, Bretons et Basques) n’étaient venus pêcher la morue près des côtes de Terre-Neuve officiellement qu’à partir de 1508, mais de fil en aiguille, de rencontre en rencontre, les voilà qui commencent à hiverner sur les bords du Saint-Laurent, avant de remonter vers les Grands Lacs et de toucher le Mississippi. Avant la fondation de Québec en 1608, il y a un siècle d’échanges entre les Français et les Amérindiens dans ce qui est aujourd’hui l’est du Canada. Les rencontres ne sont certes pas toutes pacifiques, mais les objets troqués sont très vite accompagnés de mots. Lire la suite

Jean-Daniel Fischer

Les cahiers de la RDN

Novembre 2020 - 108 pages

Mars 2016 - 68 pages

Les Repères de la RDN

Lettre mensuelle d'informations tirées de sources ouvertes, réservée aux membres cotisants du CEDN

Repères