Août-Sept 1953 - n° 106

On se souvient sans doute qu’au mois de mai 1952 un certain document a fort défrayé la chronique et provoqué un gros émoi. Il s’agissait d’un rapport rédigé, paraît-il, par l’amiral Fechteler, chef du bureau des opérations de la marine américaine, adressé au National Security Council, l’équivalent aux États-Unis de notre Conseil de Défense nationale, et traitant de la conduite des opérations en Europe dans une future guerre. Écrit, à ce que l’on disait, en janvier 1952, envoyé le 18 janvier à son destinataire, il aurait même été intercepté par les services de documentation britanniques et transmis le 24 janvier au premier lord de l’Amirauté. En France, il entrait dans le domaine public par un compte rendu paru le 16 février dans le périodique Information et conjoncture et par le texte donné à peu près in extenso par le journal Le Monde dans son numéro du 10 mai. On a tout aussitôt mis en doute l’authenticité du document et l’identité de son signataire. Les démentis ont jailli. Pas très convaincants d’ailleurs. Il était, en effet, difficile aux Américains de reconnaître qu’une de leurs pièces secrètes se promenait ainsi sur le Forum, et il était assez gênant pour les Anglais d’avouer qu’ils l’avaient saisie au vol dès son élaboration. Nos amis étaient un peu ennuyés… Lire les premières lignes

  p. 123-134

Peu de choses sont plus difficiles qu’une analyse exacte des leçons de la guerre. Une bataille ne ressemble pas à une autre ; chaque combat se livre dans des conditions particulières. Les facteurs matériels, géographiques, moraux n’étant jamais les mêmes, il ne peut y avoir de modèle tactique constant. En 1940, les Allemands avaient la supériorité matérielle, mais aussi la supériorité morale. Quatre ans plus tard en Normandie, ils se battaient sans appui aérien et ne croyaient plus à la victoire finale. Les conditions stratégiques en Russie différaient totalement des conditions en Europe occidentale. La tactique qui pouvait y réussir n’était pas assurée du succès sur un autre théâtre d’opérations. La guerre en Corée a, de même, ses caractéristiques propres. Seules les batailles où les adversaires aux prises seraient à égalité physique, matérielle et morale permettraient de tirer des conclusions définies. Lire les premières lignes

  p. 135-142
  p. 143-152
  p. 158-165

La mesure du rendement des entreprises et des services publics est une méthode qui vise à rendre la gestion publique plus efficace parce que mieux éclairée. Son fondement est une notion de simple bon sens. Il s’agit de rechercher ce que coûte chaque Service, en faisant état de toutes les dépenses, de celles qui sont inscrites au budget comme de celles qui ne se traduisent par aucun décaissement effectif et immédiat, amortissement des immeubles ou consommation des stocks par exemple. En ce sens, il s’agit d’étendre à tous les Services certains principes qui sont à la base de l’établissement de ce que l’on nomme les « budgets industriels ». Lire les premières lignes

  p. 166-181
  p. 182-192
  p. 193-206

Dans les derniers jours du mois d’août 1346 une nouvelle extraordinaire commença à se répandre en Occident : l’armée du roi de France avait été écrasée le 26 août, à Crécy-en-Ponthieu, par l’armée anglaise d’Edouard III. Défaite inouïe : le roi Philippe VI, blessé et épuisé, n’avait plus avec lui que quelques chevaliers quand, à la nuit close, il demanda un abri dans un château voisin. Lire les premières lignes

  p. 207-212
  p. 213-221

Chroniques

  p. 222-227
  p. 228-232
  p. 232-237
  p. 238-242
  p. 242-245
  p. 246-249
  p. 249-253

Bibliographie

Charles V. Aubrun : L’Amérique centrale  ; Puf, 1952 ; 126 pages - Edmond Delage

Dans la collection déjà si riche de « Que sais-je ? », ce petit livre de M. Charles V. Aubrun comble une lacune. Il est composé selon les meilleures méthodes universitaires. On y trouve, sous un format réduit, tout ce qu’un homme cultivé doit savoir de l’Amérique centrale à laquelle la géographie a donné sa véritable unité. Quelles que soient les tribulations et les vicissitudes politiques des petits États qui la constituent, ils ont eu souvent la chance d’avoir été, en ces derniers temps, conduits sur la voie du progrès par de fortes personnalités, parfois dignes des grands conquistadores de jadis. On peut espérer que le réveil des masses populaires qui s’annonce n’apportera pas de troubles politiques trop profonds et dangereux à ces pays généralement comblés par la nature, situés en une position géographique importante, entre deux grands océans mondiaux. ♦

  p. 254-254

Marc-André Fabre : Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie  ; Librairie Hachette, 1952 ; 241 pages - Edmond Delage

Cette biographie de Jérôme Bonaparte, bien documentée et d’une exposition aisée, n’est qu’une mise au point, d’ailleurs élégante. De tous les frères de Napoléon, c’est peut-être celui qui a eu la plus mauvaise presse. On l’a souvent traité de César d’opérette et de débauché. Il plut certainement beaucoup – ce n’est pas une tare – (même à ses épouses). En réalité, c’était un homme bon que les grands événements dépassèrent mais qui resta, dans l’ensemble, honnête, et mérita, semble-t-il, la chance qu’il eut de reposer aux Invalides, non loin de son aîné. ♦

  p. 254-254

Collectif : Le Nouveau Larousse médical illustré  ; Éditions Larousse, 1953 ; 1200 pages - J. C. (des)

L’ouvrage qui vient d’être publié sous le titre Le nouveau Larousse médical ne manque pas de fournir des arguments de valeur aux protagonistes – et ils sont nombreux – de l’utilité de la diffusion des connaissances médico-chirurgicales et biologiques dans le grand public. On y trouve, en effet, exposé sous une forme claire et concise, rehaussée d’une illustration variée et très soignée, tout ce qui a trait à l’anatomie et à la physiologie du corps humain, à son hygiène et à sa pathologie, et aux progrès récents qui s’y rattachent. Lire la suite

  p. 255-255

Général Mark W. Clark : Les Alliés jouent et gagnent  ; Éditions Berger-Levrault, 1953 ; 395 pages - Edmond Delage

Ce livre est un important chapitre de l’histoire de la guerre, vécue par une personnalité considérable. Le général Clark a joué en effet un rôle de premier plan en Méditerranée occidentale et dans la campagne d’Italie où il a pu apprécier la valeur de l’apport français et du commandant en chef, Juin. Lire la suite

  p. 255-256

George F. Kennan : La diplomatie américaine  ; (préface de M. Raymond Aron) Éditions Calmann-Lévy, 1952 ; 209 pages - Edmond Delage

Le diplomate que Moscou a cru bon de récuser est un de ceux qui ont le plus passionnément étudié le problème soviétique et la politique mondiale. M. Georges F. Kennan s’est rendu rapidement compte de l’insuffisance des méthodes diplomatiques américaines, restées patriarcales jusqu’au début de ce siècle. Il a senti intensément la nécessité d’y substituer un système fondé à la fois sur la connaissance objective des problèmes mondiaux et sur un idéalisme sincère. Lire la suite

  p. 256-256

Général (CR) Charles-Léon Menu : Lumière sur les ruines  ; Éditions Plon, 1953 ; 364 pages - Edmond Delage

L’ouvrage que le général Menu vient de consacrer aux journées historiques du 10 mai 1940 et suivantes sur le front français, est une étude d’ensemble où s’affirme une réelle maîtrise d’exposition étayée par une puissante documentation. Lire la suite

  p. 256-257

Jules Roy : La bataille dans la rizière  ; Éditions Gallimard, 1953 ; 365 pages - R. Bt.

Comme tous les ouvrages de l’auteur de La Vallée heureuse, celui-ci est marqué d’un accent saisissant de vérité et animé d’un amour pur : celui des hommes. Aussi bien en Indochine qu’en Corée, Jules Roy nous fait vivre avec les combattants de la terre, de l’air et de la mer. Durant les heures intenses des missions, des combats ou des veilles angoissées, nous vibrons avec eux, nous partageons leurs élans et leurs atteintes physiques et moraux. Lire la suite

  p. 257-257

Robert Garric (recueil des textes) : Un destin héroïque : Bernard de Lattre  ; Éditions Plon, 1952 ; 303 pages - Edmond Delage

Les récits et lettres qui viennent d’être recueillis et présentés par Robert Garric sous le titre Un destin héroïque : Bernard de Lattre, apportent un document d’un intérêt primordial sur la formation de ce magnifique officier français que tout a contribué à créer, depuis les leçons d’un père prestigieux jusqu’aux circonstances exceptionnelles où il fut placé. Lire la suite

  p. 257-257

Jacques Bardoux : Quand Bismarck dominait l’Europe  ; Librairie Hachette, 1953 ; 324 pages - Edmond Delage

Ce grand travailleur, à qui nous devons une série si importante d’études sur l’Angleterre contemporaine ou sur des problèmes politiques relatifs au destin de la France, qui trouve moyen de mener de front une carrière politique très active et une vie d’érudit et d’homme de lettres brillant, s’attache à nous présenter, en trois volumes, ce qu’il appelle les origines de la guerre de Trente ans, celle-ci étant, bien entendu, la période embrassant les deux dernières guerres mondiales. Lire la suite

  p. 257-258

Raoul Girardet : La Société militaire dans la France contemporaine (1815-1939)  ; Éditions Plon, 1953 ; 328 pages - Edmond Delage

C’est un sujet à peu près inexploré que vient de traiter, avec beaucoup de sens historique et de talent d’exposition, un jeune agrégé de l’Université, M. Raoul Girardet. Il est heureux d’ailleurs de constater que les sujets militaires intéressent de plus en plus vivement, parmi les civils, ceux qui ont la charge de la formation des futurs officiers. Cet excellent livre en est un témoignage. Ce que l’auteur a cherché à nous donner n’est pas une histoire de l’armée française proprement dite ; il a tenté d’esquisser les rapports de la Société militaire avec la collectivité nationale. Un autre historien pourrait, de même, selon des méthodes analogues, étudier l’évolution de la magistrature ou de l’Université dans la Nation. Lire la suite

  p. 258-259

Colonel Pierre Paquier : L’Enseignement supérieur militaire  ; Éditions Koch, 1953 ; 159 pages - R. Bt.

Le petit ouvrage du colonel Pierre Paquier est un panorama très complet de ce que « l’honnête homme » moderne devrait savoir sur cet Enseignement supérieur militaire. Sans doute est-ce, en partie, à son usage que le colonel Paquier l’a écrit, et non exclusivement à celui du technicien de l’Art militaire. Certains jugements paraissent cependant contestables, notamment celui relatif à la conception du chef de guerre, telle qu’elle apparaît chez Paul Valéry, mais c’est un détail. Le livre est excellent et, sous son format réduit, complet : qui en a besoin y puise. ♦

  p. 259-259

Collectif : La Seconde Guerre mondiale  ; (préface du général Maxime Weygand) Éditions Larousse, 1953 ; 552 pages - Edmond Delage

C’est un livre considérable que vient de publier la librairie Larousse avec une préface du général Weygand, de l’Académie française. Il comporte, en effet, un index de 5 000 mots, 135 gravures, 68 cartes, 8 planches en couleurs et est l’œuvre d’une importante pléiade d’auteurs, aussi bien militaires que civils, représentant tous les domaines du savoir humain. Le général Weygand fait ressortir dans sa belle et substantielle préface l’esprit d’impartialité et d’objectivité qui les a tous animés. Il y trouve des éléments précieux pour notre relèvement, par exemple dans le récit de la campagne de 1940, dans celui de la résistance clandestine, dans l’épopée de Leclerc. Lire la suite

  p. 259-259

Général Maxime Weygand : Mémoires. Idéal vécu  ; Librairie Flammarion, 1953 ; 650 pages - Edmond Delage

Sous ce titre, le général Weygand nous donne une série de souvenirs extrêmement précieux sur sa carrière depuis sa prime jeunesse : ses années de lycée à Vanves, à Louis-le-Grand, sa formation à Saint-Cyr et à Saumur et ses premiers régiments ; mais la partie la plus intéressante, du point de vue général, est celle qu’il consacre à la guerre de 1914 et qui, d’ailleurs, occupe plus de 500 pages de cet important ouvrage. Lire la suite

  p. 260-260

Revue Défense Nationale - Août-Sept 1953 - n° 106

Revue Défense Nationale - Août-Sept 1953 - n° 106

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.

Revue Défense Nationale - Août-Sept 1953 - n° 106

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