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La protection matérielle de la population est du ressort du ministre de l'Intérieur qui dispose à cet effet de la Protection civile. Le maintien en tous temps de l'organisation sanitaire est la responsabilité du ministre de la Santé publique. Un décret du 11 janvier 1972 pose les principes de la mobilisation sanitaire et doit être le point de départ de nouveaux travaux pour l'adapter aux tâches immenses qui peuvent être les siennes en temps de guerre. Dès maintenant, en vertu du principe dit de l'ambivalence et en coopération avec les Armées, la Santé publique met en œuvre dans certaines circonstances des moyens (postes de secours mobiles, stocks de sang et de médicaments, télécommunications), qui doivent être développés et qui seraient à la base de cette mobilisation.

  p. 877-883

Né en Hongrie, naturalisé français, l'auteur a consacré l'essentiel de son œuvre à l'Inde, à l'Amérique latine, à la Chine, à l'Asie du Sud-Est, et d'une manière plus générale, aux problèmes du développement. À ce titre, il a exercé de hautes fonctions aux Nations unies qu'il a quittées fin 1971 pour se consacrer à l'enseignement supérieur. Dans un de ses récents ouvrages paru aux Éditions du Seuil : De l'aide à la recolonisation, il a dénoncé l'échec de l'aide au Tiers-Monde qui est détournée de son objet et qui atteint des objectifs inverses de ceux qu'elle se propose. Il poursuit ici sa réflexion sur ce thème et il indique les lignes maîtresses de la recherche d'une solution à ce grand problème du monde.

  p. 884-892

La promotion internationale du Tiers-Monde est, à n'en pas douter, l'un des traits majeurs du monde issu de la Seconde Guerre mondiale. Mais la décolonisation a posé plus de problèmes qu'elle n'en a résolus, et les pays qu'elle a concernés se sont trouvés placés brutalement devant des responsabilités auxquelles ils n'avaient pas été préparés. Les uns les ont abordées en adoptant une attitude de rejet à l'égard des anciens protecteurs qui, si elle permettait de masquer la démagogie politique, ne préparait aucune solution sérieuse. D'autres les ont affrontées au contraire avec le souci de préparer l'avenir : ce fut notamment le cas du Sénégal. L'auteur, Directeur général de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris, vient d'y effectuer un voyage d'étude, dont il présente quelques conclusions dans l'article que nous soumettons à l'attention de nos lecteurs. Nul n'ignore que le président Léopold Sedar Senghor est « le » grand poète africain du XXe siècle, et que par l'intermédiaire de la poésie, il a voulu insérer la négritude dans les composantes d'un humanisme moderne. Il est aussi un homme qui reste fermé au ressentiment. Aussi bien l'exemple que donne le Sénégal, tel qu'il est présenté ici, est-il particulièrement précieux.

  p. 893-901
  p. 902-917

On parle beaucoup de « l'Europe verte » mais rarement de ce qu'on pourrait appeler par analogie « l'Europe azur », autrement dit celle qui est couverte par l'organisation, trop méconnue, de l’Eurocontrol – encore que les limites de l'une et de l'autre ne coïncident pas. L'auteur était, jusqu'à une date récente, conseiller technique du général d'armée Beauvallet, Secrétaire général de la Défense nationale (SGDN), et son suppléant à Eurocontrol. Il fait ici l'historique et le bilan de cette organisation dont la finalité est la coordination à l'échelle européenne de la circulation et de la navigation aérienne.

  p. 918-934

Lorsqu'au début de cette année, Le Redoutable a quitté Brest pour sa première patrouille de dissuasion, il a pris sa place dans le ballet silencieux que dansent, depuis plus de dix ans, les sous-marins stratégiques sous les océans du globe. Comme ses congénères, il a, dès ce moment, obéi à une loi dont l'importance est pour lui vitale : échapper à toute détection. Parallèlement, les nations dont le territoire pourrait constituer une cible pour une attaque venue de sous les mers cherchent fébrilement à localiser cette menace pour pouvoir la contrer avant qu'elle ne s'exerce. C'est cette partie de « colin-maillard » à l'échelle mondiale dont l'auteur, actuellement en service à l’État-major de la Marine, étudie ici les règles et l'enjeu. Il en examine d'abord le cadre, ce milieu océanique si hostile à la pénétration de l'homme en général, et en particulier, pour ce qui nous intéresse ici, à la détection sous-marine, ainsi que les différentes techniques qui permettent de vaincre cette hostilité. Puis il s'attache à montrer comment chasseurs et gibiers parviennent à tirer parti des caractéristiques de ce milieu. Il aborde enfin les retombées financières, et donc politiques, de cette escalade de moyens techniques, forme moderne qu'a revêtue l'éternelle lutte de l'obus contre la cuirasse.

  p. 935-947

Spécialiste des problèmes du Proche-Orient et du monde arabe, l'auteur s’est rendu récemment en Irak comme envoyé spécial du journal Le Monde. Ayant, dans le passé, effectué plusieurs séjours dans ce pays, il analyse ici la situation politique et économique de l’Irak et dresse un bilan de la coopération franco-irakienne. Lire les premières lignes

  p. 948-959

L’échec du plan Hussein, du moins sous sa forme initiale, est patent. Il n’est toutefois pas sans intérêt d’en retracer la genèse et d’évaluer l’incidence que ne manquera pas d’avoir la proposition du souverain hachémite sur l’évolution de la situation au Proche-Orient et notamment sur le clivage qui est en train de s’opérer entre les États arabes de cette région. Lire les premières lignes

  p. 960-966
  p. 967-973
  p. 974-980
  p. 981-998

Chroniques

  p. 999-1006
  p. 1006-1012
  p. 1012-10116
  p. 1016-1023
  p. 1023-1027
  p. 1028-1033

Bibliographie

Charles Morazé : Le général de Gaulle et la République  ; Éditions Flammarion, 1972 ; 300 pages - Claude Delmas

Charles Morazé fut un fervent admirateur du général de Gaulle, et son collaborateur. Il a voulu essayer de situer de Gaulle dans son contexte historique, ce qui l’a conduit à évoquer l’histoire de la France depuis la fin du XVIIIe siècle. Notre histoire n’est pourtant pas uniquement dominée par l’évolution qui, de Voltaire aux fils de Jules Ferry, a établi l’État républicain. Elle est dominée par des faits de civilisation : « L’ascension, le retour et pour finir l’échec du général de Gaulle ont eu pour même cause le déclin d’une civilisation à laquelle la République devait sa naissance, sa puissance et son renom ». Lire la suite

  p. 1034-1034

Jacques Gernet : Le monde chinois  ; Éditions Armand Colin, 1972 ; 770 pages - Claude Delmas

Un pareil ouvrage ne se résume pas, et, appartenant à la collection « Destins du monde » (créée par Lucien Febvre et dirigée depuis sa mort par Fernand Braudel) il n’a pas à être loué. Il est une histoire du monde chinois des origines à nos jours. Il rassemble des faits qui s’étendent sur trois millénaires et demi et qui permettent d’expliquer la Chine d’aujourd’hui, incompréhensible dans sa formidable dimension historique. Jacques Gernet présente ses transformations successives et il rend sensibles les liens qui, à chaque moment, ont existé entre société, formes politiques, économie, techniques, religions, vie intellectuelle. Lire la suite

  p. 1034-1035

Pierre Gourou : La terre et l’homme en Extrême-Orient  ; Éditions Flammarion, 1972 ; 273 pages - André Nolde

Depuis sa première parution à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, cet ouvrage de Pierre Gourou est devenu, à juste titre, un classique. Pour l’étudiant en géographie, il est le meilleur modèle qui puisse se trouver d’une étude exhaustive et équilibrée de géographie humaine, discipline, soit dit en passant, qui doit ses origines, son développement et son épanouissement à l’école française. Pour le public cultivé, il lui fera découvrir, s’il ne le sait déjà, que la méthode géographique, plus que toute autre, est aujourd’hui en mesure de rendre compte des réalités déterminantes de la vie en société. Lire la suite

  p. 1035-1036

William H. Hinton : Fanshen  ; Éditions Plon, 1971 ; 766 pages - André Nolde

Ce très volumineux ouvrage, au titre mystérieux, est difficile à classer dans un genre traditionnel. L’auteur lui-même en convient, qui nous dit avoir utilisé au cours de ce travail l’arsenal littéraire, tout à la fois, du romancier, du journaliste, du sociologue et de l’historien. Le résultat final lui paraît « ressembler, en esprit et en contenu, à un film documentaire ». Cette appréciation est dans l’ensemble judicieuse, avec cette réserve cependant qu’il s’agit d’un film très fortement « engagé », qui n’offre pas au lecteur beaucoup d’occasions d’interpréter librement les documents qui lui sont soumis, comme on aurait pu s’y attendre de la part d’un auteur qui se veut, entre autres, sociologue et historien. Lire la suite

  p. 1036-1037

Vladimir Nabokov a écrit que l’on peut considérer l’histoire de la Russie sous deux aspects : « D’abord comme l’évolution de la police… ensuite comme le développement d’une culture merveilleuse ». Dans cette importante étude des services russes de sécurité, depuis le XVIe siècle jusqu’à nos jours, Ronald Hingley révèle les connexions intimes entre ces deux aspects. Il montre que la police secrète a joué le rôle, aussi bien sous les tsars que dans le régime soviétique, d’un instrument essentiel pour le contrôle exercé par un État autoritaire sur tous les domaines de la vie russe. Lire la suite

  p. 1037-1038

Vladimir Boukovsky : Une nouvelle maladie mentale en URSS : l’opposition  ; Éditions du Seuil, 1971 ; 234 pages - H. N.

« Le Gouvernement soviétique a mis au point un nouveau système destiné à éliminer ses opposants politiques, un système que n’avaient même pas imaginé les coryphées de l’Inquisition, ni les cannibales de la terreur hitlérienne et stalinienne ». Lire la suite

  p. 1038-1038

Pierre Miquel : La Paix de Versailles et l’opinion publique française  ; Éditions Flammarion, 1972 ; 614 pages - Witold Zaniewicki

Cette thèse d’histoire a trouvé sa place dans la « nouvelle bibliothèque scientifique » dirigée par M. Fernand Braudel. L’appareil scientifique de l’ouvrage comprend une copieuse bibliographie et deux index (noms et journaux). M. Pierre Miquel a certes exploité des documents d’archives publiques et privées mais ce qui fait l’originalité de son travail c’est le dépouillement systématique de la presse de Paris et de la province pour l’année 1919 (quotidiens, bi-hebdomadaires, hebdomadaires). Lire la suite

  p. 1038-1039

Guy Rossi-Landi : La drôle de guerre  ; Éditions Armand Colin, 1971 ; 248 pages - Witold Zaniewicki

Du 2 septembre 1939 au 10 mai 1940, la « drôle de guerre » apparaît comme une sorte de temps vide, un cas-limite où l’action est suspendue. Aussi, en révélant la réalité qui se cache sous ce vide apparent, cet ouvrage apporte-t-il une contribution appréciable à l’histoire et à la science politique. D’une part, c’est la première fois que nous avons une étude en profondeur sur cette période qui annonce et éclaire la défaite, d’autre part, en analysant la vie politique, l’auteur pose le problème de la résistance des structures et des cadres de la vie démocratique (Parlement, partis, opinion, presse) à l’œuvre de la guerre. Lire la suite

  p. 1039-1039

Miroslav Ivanov : L’attentat contre Heydrich  ; Éditions Robert Laffont, 1972 ; 318 pages - H. N.

Le 27 mai 1942, à dix heures et demie, dans la proche banlieue de la capitale tchécoslovaque, le SS Obergruppenfùrher Reinhard Heydrich est victime d’un attentat à la bombe alors qu’en voiture, sans escorte, il se rend de sa résidence au « Château de Prague ». Lire la suite

  p. 1039-1040

Charles-André Julien : L’Afrique du Nord en marche. Nationalismes musulmans et souveraineté française  ; Éditions Julliard, 1972 ; 439 pages - H. N.

Lorsque parut en février 1953, la première édition de cet ouvrage, fruit des études et de l’expérience d’un historien ayant vécu de longues années au Maghreb et y ayant consacré toutes ses recherches, appelé à être le fondateur de la Faculté de lettres de Rabat et le titulaire à la Sorbonne de la chaire d’histoire de la décolonisation, il se heurta à l’hostilité des autorités civiles et militaires en place en Afrique du Nord. Nul n’est prophète en son pays : alors que l’ouvrage de Charles-André Julien connaissait d’emblée le succès à l’étranger, ses cris d’alarme ne furent pas entendus de ceux qui auraient dû et qui aurait pu changer la face de l’histoire et éviter la tragédie algérienne. Ce n’est hélas ! qu’une bien mince consolation pour l’auteur de voir à vingt de distance son livre triompher de ses détracteurs et braver l’épreuve au point qu’il n’a rien eu à y changer pour en faire aujourd’hui le premier des trois tomes d’une histoire qui retracera la marche à l’indépendance des peuples du Maghreb. Mais c’est peu de dire que l’œuvre de Charles-André Julien n’a pas vieilli, il faut encore souligner qu’on la lit toujours avec le même intérêt : nul ne regrettera d’avoir entrepris la lecture de cette histoire abondamment documentée, écrite d’une plume alerte, parfois même mordante, ce qui ne gâte en rien le sérieux de l’ouvrage et ne nuit pas à la clarté ni à la lucidité de l’exposé. Lire la suite

  p. 1040-1040

Revue Défense Nationale - Juin 1972 - n° 312

Revue Défense Nationale - Juin 1972 - n° 312

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.