Juin 1973 - n° 323

Il paraissait normal, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, que la France, à l'instar de la Grande-Bretagne, portât son effort de recherche sur la défense et les industries de pointe. Aujourd'hui, la lutte économique qui s'engage pour l'Europe face aux rivaux redoutables que sont les États-Unis et surtout le Japon n'impose-t-elle pas une meilleure coordination des efforts de recherche européens et leur rééquilibrage au profit de secteurs offrant à la Communauté les meilleures chances d'efficacité  ? Lire la suite

  p. 17-26

Avec l’aimable autorisation de son auteur, le président-directeur général de l’Aérospatiale, nous reproduisons ici l’exposé qu’il a fait en février 1973 devant l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN). S’agissant du témoignage d’un homme qui a consacré sa vie aux créations et aux productions aéronautiques, qui depuis trente ans a fait en ce domaine l’expérience de la coopération internationale et qui en tire aujourd’hui les leçons, nous avons tenu à respecter la forme orale originelle de son exposé. Lire la suite

  p. 27-42

Vecteur privilégié de la croissance, condition fondamentale du désenclavement des hommes, les transports jouent – ou plutôt, devraient jouer… – un rôle majeur dans la poursuite des objectifs essentiels de la Communauté économique européenne (CEE) : la suppression des barrières économiques et sociales à l'intérieur de la Communauté et sa protection économique à l'extérieur. Les signataires du Traité de Rome en avaient-ils bien conscience ? Quelles mesures s'imposent d'urgence pour l'établissement d'une véritable politique européenne face aux entreprises hégémoniques des États-Unis ? Lire la suite

  p. 43-53

Mer et espace s'entendent ici comme immensités de la troisième dimension dans lesquelles, à défaut d'une autorité capable de dire et de faire respecter le droit, l'homme risque fort d'introduire de nouveaux conflits. Ces deux milieux présentent bien des analogies – chacun d'eux est « res communis » au regard du droit – mais aussi des caractéristiques spécifiques telles que les stratégies qui peuvent s'y appliquer et les activités de défense appelées à y être mises en œuvre sont fondamentalement différentes. Aucune politique de dissuasion ne peut les ignorer aujourd'hui. Qu'elle veuille ou non y développer des activités de défense, la France doit au moins savoir ce qui s'y passe. Lire la suite

  p. 55-74

Au point où elle en est parvenue de son développement, l'industrie aéronautique japonaise doit rechercher une coopération internationale ; celle que lui offre l'Europe accroîtrait son indépendance vis-à-vis des États-Unis. L'auteur, jeune technicien de l'aéronautique, a fait récemment plusieurs séjours au Japon. Lire les premières lignes

  p. 75-84

S'interroger sur la situation de la Yougoslavie aujourd'hui, c'est en fait se demander quel degré d'originalité conserve la « voie yougoslave » vers le socialisme, qui a soulevé tant d'intérêt en Occident depuis un quart de siècle. C'est à cette question que cherche à répondre très objectivement l'auteur, universitaire, spécialiste des questions balkaniques, et qui a fait récemment plusieurs séjours en Yougoslavie.

  p. 85-95

On ne peut bien comprendre l'évolution parallèle des rapports américano-soviétiques et américano-européens si l'on ne se réfère à la doctrine McNamara qui marqua la politique des États-Unis dans les années 1960. Les Européens en ont surtout retenu ce qui les touchait le plus : la volonté américaine de minimiser les risques d'une escalade fatale et de s'opposer à la création de forces nucléaires européennes nationales indépendantes jugées dangereuses. En fait, il n'y eut pas « une » doctrine McNamara mais, à mesure que les États-Unis voyaient décroître leur suprématie nucléaire, une série de visées évoluant de la « stratégie contre-force » à la « limitation des dommages », puis à la « destruction assurée ». L'auteur retrace cette évolution qui aboutit finalement à une doctrine bien proche, selon lui, de celle de la « dissuasion minimale » initialement rejetée par McNamara. Lire la suite

  p. 97-113
  p. 115-120
  p. 121-126
  p. 127-139

Chroniques

  p. 141-145
  p. 146-152
  p. 153-160
  p. 161-166
  p. 167-169
  p. 170-175
  p. 176-178

Bibliographie

Jacques Ellul : L’espérance oubliée  ; Éditions Gallimard, 1972 ; 286 pages

« Je meurs de soif auprès de la fontaine »… Le poème de Villon désigne assez bien l’état de l’homme occidental, éperdu au sein de ses richesses, angoissé dans ses sécurités mêmes, inquiet de ne plus avoir d’histoire quand il maîtrise la nature et bientôt le temps… Pour Jacques Ellul, la clef de cette réalité paradoxale pourrait être la faim et la soif d’une Parole de Dieu absente. Le vide qui nous habite est celui du silence de Dieu et de la dérision. L’homme contemporain remplit le silence de son bavardage et se trouve plus seul que jamais : la seule réponse possible au silence de Dieu c’est l’EspéranceLire la suite

  p. 179-179

Robert A. Dahl : Après la révolution  ; (traduit de l’anglais par Annie de Mèredieu) Éditions Calmann-Lévy, 1970 ; 244 pages - André Nolde

Cet essai d’un très distingué professeur de Sciences politiques à la très sélective Université de Yale est une œuvre de réflexion entièrement personnelle. Bien que patronné par la Fondation Rockefeller, l’auteur n’a pas fait appel – comme cela se produit si souvent aux États-Unis – à une de ces nombreuses équipes de chercheurs qui gravitent autour des universités américaines et mettent leurs curiosités et leur talent à la disposition des « grands patrons » réputés. Lire la suite

  p. 179-179

Marie-Françoise Furet : Le désarmement nucléaire  ; Éditions A. Pédone, 1973 ; 304 pages - Georges Vincent

Le problème de la réduction générale des armements a été abordé depuis longtemps dans un certain nombre d’œuvres doctrinales. Mais ce n’est que depuis le début de XXe siècle que sont apparues des institutions attachées à sa réalisation. Lire la suite

  p. 180-180

Robert Lattes : Pour une autre croissance  ; Éditions du Seuil, 1972 ; 153 pages - H. N.

Au rythme d’une prolifération exponentielle qui a déjà paralysé et peut-être détruit la moitié du potentiel de notre écosphère, il ne nous reste que fort peu de temps pour sauver l’autre moitié et qu’un espoir très mince de reconstituer l’intégrité de ce capital. Faut-il donc se résigner à freiner cette croissance d’où viendrait le mal et n’obtenir, au mieux, qu’une rémission de celui-ci ? Faut-il la condamner à la régression au risque de déséquilibres plus graves encore ? Non, affirme Robert Lattes, mais il est possible, s’inspirant des modèles proposés par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et le Club de Rome, d’imaginer une économie nouvelle, donc une politique, dont l’objectif ne serait plus une élévation constante du niveau de vie mais un genre de vie plus conforme à nos aspirations de justice, d’équité, de bien-être social. Entre le laisser-faire et l’arrêt brutal, il faut trouver un passage dont le but serait d’élever le taux « de bonheur mondial brut » d’une humanité devenue solidaire dans un projet unique de civilisation. Lire la suite

  p. 180-181

Alfred Sauvy : Croissance zéro ?  ; Éditions Calmann-Lévy, 1973 ; 328 pages - André Nolde

En juin 1972, à l’occasion de la publication du Rapport Mansholt, l’opinion française a été brusquement confrontée avec un problème assez angoissant : celui des dangers – précis, prochains, peut-être imparables – qui ne menacent rien moins que la survie de notre société humaine sous sa forme actuelle. On sait que l’ordinateur du Massachusetts Institute of Technology, interrogé par le Club de Rome, a produit un diagnostic alarmant : l’augmentation de la population mondiale, l’épuisement des ressources naturelles, la pollution de la nature dus au progrès économique vont se conjuguer pour provoquer, à relativement brève échéance, l’écroulement de notre civilisation. Un seul remède : stopper l’accroissement de la population dans tous les pays ; freiner, sinon arrêter la croissance économique. C’est le Zero Growth, la Croissance Zéro. Lire la suite

  p. 181-181

Chun-Tu-Hsueh : Les dirigeants de la Chine communiste, 1850-1972  ; Éditions Calman-Lévy, 1973 ; 460 pages - Claude Delmas

Longtemps réduite au cercle des spécialistes, l’histoire de la Chine contemporaine commence à entrer dans la culture générale. Mais qui peut se flatter de connaître le nom, les actes, la vie des hommes qui ont bâti la Chine d’aujourd’hui ? « Du milieu du XIXe siècle à nos jours, la Révolution chinoise moderne se résume à l’histoire d’une double aspiration : la recherche d’un statut international autonome et celle d’une modernisation nationale auto-engendrée. Pour le monde occidental, l’histoire de cette aspiration est encore malheureusement entourée de lacunes, et d’un manque de compréhension, résultats d’une documentation inadéquate ainsi que de l’ambiguïté de réalités opposées, inhérentes à l’Empire du Milieu ». Lire la suite

  p. 182-182

Tsien Tche-Mao : L’administration en Chine populaire  ; Puf, 1973 ; 94 pages - André Nolde

Ce petit opuscule mérite d’être signalé à ceux de nos lecteurs qui s’intéressent à l’évolution de la Chine populaire et sont curieux de savoir comment fonctionnent, d’une façon concrète, le régime de Mao Tsé-toung et l’administration qui le sert. Lire la suite

  p. 182-183

William C. Fletcher : L’église clandestine en Union soviétique  ; (traduit par Michel Chrestien) Éditions Alain Moreau, 1972 ; 370 pages - André Nolde

Bien que la situation de l’Église orthodoxe en URSS soit un sujet fréquemment abordé dans les conversations en France, il n’existe pas, à notre connaissance, d’ouvrage sérieux et complet à l’usage du grand public de langue française qui lui ait été consacré. Il n’en est pas de même aux États-Unis où abondent aussi bien des travaux originaux effectués, sous l’égide de divers instituts et universités, que des traductions d’ouvrages initialement publiés en russe, soit par des émigrés en Occident, soit par des chercheurs soviétiques en URSS même. Parmi toutes ces contributions, celle de William C. Fletcher, voué depuis de longues années aux études relatives à l’URSS, nous paraît bénéficier de la documentation la plus abondante, la plus diversifiée et la plus soigneusement passée au crible d’une critique scientifique rigoureuse. Elle bénéficie aussi de l’incontestable talent d’écrivain de son auteur qui s’entend fort bien à susciter l’intérêt du lecteur par l’évocation de l’ambiance historique des événements relatés, par le choix des anecdotes et par d’opportunes citations. Lire la suite

  p. 183-183

Anne-Marie Goichon : Jordanie réelle. T. I et T. II  ; Éditions Maisonneuve et Larose, 1972 ; 580 et 1 444 pages - P. B.

Cinq ans après avoir publié le premier tome de La Jordanie réelle, Mlle Goichon nous donne la suite de son ouvrage. Il faut la louer d’avoir eu le courage de s’attaquer à ce travail aussitôt après la guerre des Six Jours (5-10 juin 1967) qui s’est traduite par l’occupation de toutes les conquêtes cisjordaniennes réalisées en 1948 par le roi Abdallah. Comme l’auteur l’indique dans son introduction, la recherche de la « valeur humaine » n’a cessé d’être le fil directeur de son étude, ce qui donne à son travail une dimension qu’on trouve rarement dans des études similaires. Lire la suite

  p. 184-184

Jacques Levesque : Le conflit sino-soviétique  ; Puf, 1973 ; 128 pages - André Nolde

La collection « Que sais-je ? », depuis des années, rend de précieux services à tous ceux qui, étudiants ou non, veulent s’informer rapidement, sans que ce soit superficiellement, de toutes sortes de questions, ressortissant à pratiquement toutes les disciplines et à toutes les activités humaines. Lire la suite

  p. 184-185

George Bruce : L’insurrection de Varsovie  ; Éditions Robert Laffont, 1973 ; 297 pages - H. N.

Le 2 octobre 1944, le général Komorowski, commandant l’Armée polonaise de l’intérieur, présentait sa reddition à son adversaire allemand, le général von dem Bach. Ainsi trouvait son épilogue la plus amère tragédie de la Seconde Guerre mondiale. Le 4 octobre, conformément à la décision de Hitler, nouveau Scipion, était entreprise la destruction systématique de Varsovie, autre Carthage, ou du moins ce qu’il en restait après soixante-trois jours de combats sans merci pendant lesquels les insurgés avaient défendu leur capitale quartier par quartier, rue par rue, maison par maison et parfois, on le verra, étage par étage. 16 000 tués chez les défenseurs, 26 000 chez les assaillants, plus de deux cent mille civils fusillés, morts de misère, de faim, de soif, ensevelis sous les décombres d’une des plus belles villes du monde ! Trente ans après, l’on peut se demander le pourquoi d’un tel sacrifice. Lire la suite

  p. 185-186

Jean Meyer : La révolution mexicaine 1910-1940  ; Éditions Calmann-Lévy, 1973 ; 325 pages - André Nolde

Voici une excellente étude historique : sérieuse, honnête, bien documentée et réfléchie, qui n’a d’autre ambition que de raconter et d’expliquer, clairement et simplement, ce qui s’est passé au Mexique de 1910 à 1940, et rien d’autre. C’est là une attitude saine et constructive, qui sert la science historique française, fait honneur à l’auteur et le distingue des pseudo-historiens, plus soucieux de politique et d’actualité que désireux de bien faire leur métier. Lire la suite

  p. 186-186

Amiral Lepotier : Cherbourg, port de la libération  ; Éditions France-Empire, 1972 ; 524 pages - Y. B.

« J’avais résolu de renouveler à Cherbourg les merveilles de l’Égypte ». Gravée sur le socle de la statue qui orne la place Napoléon, cette phrase du Mémorial, reprise par l’amiral Lepotier dans l’ouvrage qu’il consacre à Cherbourg, montre à l’évidence que l’Empereur avait clairement reconnu l’importance géographique et stratégique du grand port normand. C’est d’ailleurs dès le Consulat qu’il décida de « donner enfin à notre flotte une rade abritée, nautiquement accessible en tout temps de vents et marées et défendue contre toute attaque par mer ». Lire la suite

  p. 187-187

Henri Le Masson : Guérilla sur mer   ; Éditions France-Empire, 1972 ; 505 pages - Y. B.

Passionnant, le nouvel ouvrage d’Henri Le Masson, de l’Académie de Marine, nous entraîne bien loin de ces grands affrontements qui ont marqué à travers le monde l’histoire maritime : batailles navales des XVIIe et XVIIIe siècles, aventure du Jutland [1916] ou luttes dramatiques de la guerre du Pacifique. Il ne s’agit plus ici de cuirassés, ni de porte-avions, mais de petits bâtiments, de simples engins parfois, où l’ingéniosité des constructeurs s’est donné libre cours et où l’audace et le courage individuels ont trouvé un admirable terrain d’action. Lire la suite

  p. 187-187

Maurice Baumont : L’échiquier de Metz  ; Éditions Hachette, 1972 ; 350 pages - J. De

Derrière ce titre un peu mystérieux, se cache l’évocation de deux mois particulièrement sombres de l’histoire de France : septembre et octobre 1870, entre la capitulation de Sedan et celle de Metz. L’armée du Rhin, commandée par Bazaine, est bloquée autour de Metz, l’empereur Napoléon III est prisonnier en Allemagne, l’impératrice Eugénie réfugiée en Angleterre, les plus fidèles bonapartistes avec elle ou en Belgique ; le gouvernement de Défense nationale essaye de poursuivre la lutte avec Gambetta tandis que Jules Favre sonde les intentions allemandes. Tels sont les pions de l’échiquier que Bismarck manipule au mieux des intérêts du roi de Prusse. Lire la suite

  p. 188-188

Revue Défense Nationale - Juin 1973 - n° 323

Revue Défense Nationale - Juin 1973 - n° 323

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.

Revue Défense Nationale - Juin 1973 - n° 323

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