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Avril 2020 - n° 829

Avenir de la guerre et ses mutations (2e partie)

« À la guerre, c’est celui qui doute qui est perdu : on ne doit jamais douter. »

Ferdinand Foch

Éditorial - Jérôme Pellistrandi

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Revue Défense Nationale - Avril 2020 - n° 829

Avenir de la guerre et ses mutations (2e partie)

Dans mon précédent éditorial, j’évoquais la surprise stratégique de l’épidémie du coronavirus – désormais appelé Covid-19 – qui commençait à déstabiliser la Chine, mais aussi les échanges liés à la mondialisation. J’étais encore loin de la réalité d’aujourd’hui avec cette pandémie généralisée dont les conséquences – déjà dramatiques – sanitaires, économiques, politiques, sociétales et stratégiques sont encore difficiles à imaginer, tant le Covid-19 va bouleverser notre vie et nous obliger à réfléchir au monde que nous voulons.

Monde aujourd’hui marqué par le rapport de force, la volonté de puissance et le rejet du multilatéralisme par certains États. Monde où l’instabilité est devenue la règle avec le risque du chacun pour soi, en excitant les nationalismes.

D’où le besoin pour la France d’assumer avec détermination sa défense et de proposer un projet européen ambitieux pour que le « vieux » continent ne devienne pas la proie de vautours affamés et prompts à vouloir la désunir. Il y a là d’ailleurs une coïncidence historique avec le 80e anniversaire de l’année 1940, dont le traumatisme reste vivace, qui doit nous inciter à réfléchir à nouveau « stratégiquement ».

Le discours du président Emmanuel Macron sur notre stratégie de défense et de dissuasion vient ici opportunément rappeler ces fondamentaux – parfois négligés – et ouvre ce numéro qui, même s’il ne traite pas de la pandémie, colle avec ces exigences géopolitiques qui sont devant nous.

Ainsi, nous poursuivons l’étude de l’avenir de la guerre et de ses mutations. Car celle-ci, de plus en plus hybride et dissymétrique, ne cesse de muter – tel un virus – et de fragiliser notre environnement stratégique, d’où le besoin d’anticiper et de se donner les moyens de l’affronter avec de nouvelles donnes obligeant également à construire une réflexion éthique sur ces nouveaux enjeux. La place de l’Homme est désormais en jeu tandis que les espaces de conflictualité s’élargissent et englobent de nouveaux domaines dont le cyber. La crise actuelle l’illustre d’ailleurs avec la tentative pour certains d’accroître l’anxiété de nos sociétés en manipulant l’information avec les fake news dont l’effet déstabilisateur est immédiat.

C’est d’ailleurs ce qui ressort des « Entretiens de Gouvieux » avec l’expression d’une crise de l’intelligence au sein de notre monde. Tout s’est accéléré au nom de la performance, de la rentabilité et de l’individu… au risque de fracturer nos sociétés et de remettre en cause le vivre ensemble au nom d’un individualisme érigé en mode de fonctionnement et d’un découplage entre les élites et leurs citoyens. À l’heure de la crise que nous vivons, ces textes sont particulièrement éclairants et prémonitoires et ne peuvent que nous inciter à remettre les pendules à l’heure et comprendre que le progrès n’est pas que technique ou matériel ; il est aussi philosophique et spirituel. D’où l’importance de la notion d’engagement et de service, qui est aujourd’hui plus que jamais nécessaire et qui doit être reconnue à sa juste valeur par la nation et donc l’État.

En cette période de basculement du monde, plus que jamais, il importe de prendre le temps de l’analyse et de la réflexion, en affrontant notre passé pour mieux préparer l’avenir, à condition que celui-ci soit souhaité et non imposé. ♦

Jérôme Pellistrandi

Revue Défense Nationale - Avril 2020 - n° 829

Avenir de la guerre et ses mutations (2e partie)

La RDN vous invite dans cet espace à contribuer au « débat stratégique », vocation de la Revue. Cette contribution doit être constructive et doit viser à enrichir le débat abordé dans le dossier. C’est l’occasion d’apporter votre vision, complémentaire ou contradictoire. Vos réponses argumentées seront publiées sous votre nom après validation par la rédaction.

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Florilège historique

« Le TNP : un traité devenu permanent » (AS 1995) par Marie-Hélène Labbé

Le 11 mai 1995, le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) signé en 1970 pour une durée de 25 ans prenait un caractère permanent valable encore de nos jours. À cette époque, la fin de l’URSS avait été perçue comme permettant une réduction sensible des arsenaux nucléaires, ce qui a été une réalité avec la mise au rebut d’armes obsolètes. Par ailleurs, le risque de prolifération durant la décennie avait motivé la signature du TNP, certains experts prévoyant qu’une trentaine de pays seraient dotés d’armes nucléaires. Depuis, seuls l’Inde, le Pakistan puis la Corée du Nord ont rejoint le club très fermé des États disposant de la Bombe. Toutefois, d’autres États s’efforcent d’accéder à ce statut, en particulier l’Iran, dont les efforts sont une réalité malgré l’accord JCPOA de 2015. De la capacité à résoudre la question du nucléaire iranien dépendra les évolutions futures liées au TNP. Lire la suite

e-Recensions

François Dupuy : On ne change pas les entreprises par décret – Lost in management vol. 3  ; Seuil, 2020 ; 226 pages.

On ne change pas les entreprises par décret : le titre est stimulant, et le contenu l’est, fort heureusement, tout autant ! Sociologue renommé des organisations, François Dupuy livre ainsi en 2020 le troisième tome de sa série Lost in management(dont le premier tome avait reçu en 2012 le prix du meilleur ouvrage sur le monde du travail), qui se distingue, tant sur la forme que sur le fond, de la production surabondante sur le thème désormais éculé du management. Sur la forme, d’abord, car le propos de François Dupuy est volontairement aux antipodes de la langue managériale qui psychologise à outrance et qui incarne la paresse intellectuelle de ceux qui refusent de se plonger dans la complexité des organisations, ces « ensembles de comportements humains » que notre auteur a étudiés pendant quarante ans. Le propos de François Dupuy est avant tout sociologique, c’est-à-dire scientifique, et pratique, c’est-à-dire tourné vers l’action. Sur le fond, ensuite, car celui qui fut le conseiller de nombreux dirigeants européens dresse un constat lucide et propose des solutions ancrées dans la pratique et éclairées par une saine théorie des organisations. Lire la suite

Thibault Lavernhe

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Cahier numérique - Mars 2021 - 120 pages

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