Avril 2020 - n° 829

Avenir de la guerre et ses mutations (2e partie)

« À la guerre, c’est celui qui doute qui est perdu : on ne doit jamais douter. »

Ferdinand Foch
136 pages

Éditorial - Jérôme Pellistrandi

Pour changer de page, vous pouvez utiliser les boutons en fin de liste, votre souris (clic gauche et déplacement sur l'écran) ou un stylet si vous disposez d'un écran tactile.

Pour changer de page, vous pouvez utiliser les boutons en fin de liste, votre souris (clic gauche et déplacement sur l'écran) ou un stylet si vous disposez d'un écran tactile.

Revue Défense Nationale - Avril 2020 - n° 829

Avenir de la guerre et ses mutations (2e partie)

Dans mon précédent éditorial, j’évoquais la surprise stratégique de l’épidémie du coronavirus – désormais appelé Covid-19 – qui commençait à déstabiliser la Chine, mais aussi les échanges liés à la mondialisation. J’étais encore loin de la réalité d’aujourd’hui avec cette pandémie généralisée dont les conséquences – déjà dramatiques – sanitaires, économiques, politiques, sociétales et stratégiques sont encore difficiles à imaginer, tant le Covid-19 va bouleverser notre vie et nous obliger à réfléchir au monde que nous voulons.

Monde aujourd’hui marqué par le rapport de force, la volonté de puissance et le rejet du multilatéralisme par certains États. Monde où l’instabilité est devenue la règle avec le risque du chacun pour soi, en excitant les nationalismes.

D’où le besoin pour la France d’assumer avec détermination sa défense et de proposer un projet européen ambitieux pour que le « vieux » continent ne devienne pas la proie de vautours affamés et prompts à vouloir la désunir. Il y a là d’ailleurs une coïncidence historique avec le 80e anniversaire de l’année 1940, dont le traumatisme reste vivace, qui doit nous inciter à réfléchir à nouveau « stratégiquement ».

Le discours du président Emmanuel Macron sur notre stratégie de défense et de dissuasion vient ici opportunément rappeler ces fondamentaux – parfois négligés – et ouvre ce numéro qui, même s’il ne traite pas de la pandémie, colle avec ces exigences géopolitiques qui sont devant nous.

Ainsi, nous poursuivons l’étude de l’avenir de la guerre et de ses mutations. Car celle-ci, de plus en plus hybride et dissymétrique, ne cesse de muter – tel un virus – et de fragiliser notre environnement stratégique, d’où le besoin d’anticiper et de se donner les moyens de l’affronter avec de nouvelles donnes obligeant également à construire une réflexion éthique sur ces nouveaux enjeux. La place de l’Homme est désormais en jeu tandis que les espaces de conflictualité s’élargissent et englobent de nouveaux domaines dont le cyber. La crise actuelle l’illustre d’ailleurs avec la tentative pour certains d’accroître l’anxiété de nos sociétés en manipulant l’information avec les fake news dont l’effet déstabilisateur est immédiat.

C’est d’ailleurs ce qui ressort des « Entretiens de Gouvieux » avec l’expression d’une crise de l’intelligence au sein de notre monde. Tout s’est accéléré au nom de la performance, de la rentabilité et de l’individu… au risque de fracturer nos sociétés et de remettre en cause le vivre ensemble au nom d’un individualisme érigé en mode de fonctionnement et d’un découplage entre les élites et leurs citoyens. À l’heure de la crise que nous vivons, ces textes sont particulièrement éclairants et prémonitoires et ne peuvent que nous inciter à remettre les pendules à l’heure et comprendre que le progrès n’est pas que technique ou matériel ; il est aussi philosophique et spirituel. D’où l’importance de la notion d’engagement et de service, qui est aujourd’hui plus que jamais nécessaire et qui doit être reconnue à sa juste valeur par la nation et donc l’État.

En cette période de basculement du monde, plus que jamais, il importe de prendre le temps de l’analyse et de la réflexion, en affrontant notre passé pour mieux préparer l’avenir, à condition que celui-ci soit souhaité et non imposé. ♦

Jérôme Pellistrandi

Revue Défense Nationale - Avril 2020 - n° 829

Avenir de la guerre et ses mutations (2e partie)

La RDN vous invite dans cet espace à contribuer au « débat stratégique », vocation de la Revue. Cette contribution doit être constructive et doit viser à enrichir le débat abordé dans le dossier. C’est l’occasion d’apporter votre vision, complémentaire ou contradictoire. Vos réponses argumentées seront publiées sous votre nom après validation par la rédaction.

Aucune contribution n'a encore été apportée.

Tribune

25 février 2026

Le Svalbard, une cible dans la guerre hybride russe ? (T 1806)

Didier Ortolland

Le Svalbard constitue un enjeu discret de la guerre hybride russe. De souveraineté norvégienne, cet archipel arctique est ciblé par Moscou via des actions symboliques et des tensions diplomatiques (accusations de militarisation, espionnage via des pêcheurs…). Le traité de 1920, obsolète, ne protège plus contre les ambitions russes, tandis que la Norvège renforce son contrôle environnemental et sécuritaire. Un théâtre polaire où se joue l’influence entre Otan et Kremlin.

Lire la suite
Article gratuit jusqu'au 25 mars 2026

Florilège historique

« Problèmes actuels de l’approvisionnement en énergie - La révolution d’octobre 1973 et ses conséquences » (février 1974) par Pierre Desprairies

À la suite de la guerre du Kippour déclenchée le 6 octobre 1973, les pays arabes membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) décidèrent d’augmenter massivement le prix du pétrole, en réaction au soutien américain à Israël. En l’espace d’un semestre, les prix sont multipliés par 4, entraînant de fait une crise économique dans les pays occidentaux, obligeant ceux-ci à revoir complètement leur politique énergétique. Pour la France, c’est le début de la fin des Trente glorieuses, avec une hausse du chômage. C’est à cette occasion qu’est lancé le plan massif de construction de centrales nucléaires par EDF.  Lire la suite

e-Recensions

Gilly François-Noël : Dictionnaire des îles : Afrique, Amérique et continent austral ; Europe (France exceptée)  ; L’Harmattan, 2025, 302 et 308 pages

Les îles sont simplement des « espaces de terre entourés d’eau de tous côtés », comme l’avait dit André Siegfried, l’un des pères de la science politique française. Ce sont de minuscules parcelles de terre ferme, perdues dans l’étendue de l’océan. Elles sont plus qu’une « étendue » : elles sont les rêves d’enfants et d’adultes, le symbole de toutes les utopies, l’espoir pour les naufragés, le témoignage de drames ou de miracles… Dispersées sur toutes les mers et tous les océans, depuis les zones polaires jusqu’aux latitudes équatoriales, elles invitent à l’abandon, au refus du temps qui s’écoule, au retour aux origines et à l’introspection. Lire la suite

Eugène Berg

Les cahiers de la RDN

Cahier - Février 2026 - 72 pages

Cahier - Décembre 2025 - 256 pages

Les Repères de la RDN

Lettre mensuelle d'informations tirées de sources ouvertes, réservée aux membres cotisants du CEDN

Repères